Les psychomotriciens organisent leur première journée régionale normande à Rouen (Seine-Maritime), le 30 mars 2019. (Illustration ©Adobe stock)
Avec le développement des différents plans gouvernementaux (autisme, alzheimer, petite enfance, psychiatrie), les psychomotriciens prennent de plus en plus de place dans les parcours de soin des patients. Profession paramédicale assez jeune et en plein essor, elle s’avère encore peu connue du grand public.
Samedi 30 mars 2019, ces praticiens tiendront leur première journée régionale normande de psychomotricité à destination des professionnels et des étudiants au CHU de Rouen (Seine-Maritime). À cette occasion, 76actu est allé à la rencontre de membres de l’association des psychomotriciens de Haute-Normandie (APHN276), organisateurs de l’événement.
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Leur outil de travail, c’est le corps
« Les psychomotriciens travaillent sur la personne dans sa globalité », explique Michèle Caillou, une des membre du comité organisateur. Ils repèrent et interprètent les signes d’une souffrance mentale via sa correspondance corporelle afin d’intervenir. Quand ça va mal, cela se voit souvent dans la façon qu’ont les gens de se tenir, par leurs gestes, la tension dans leur corps, etc. », résume-t-elle.
Pour aider le patient, le psychomotricien établit ou rétablit l’équilibre entre le corps et l’esprit à travers le relationnel et des techniques corporelles. « Les corps, le nôtre et celui du patient, sont nos outils de travail », souligne une autre membre du comité, Sylvie Varin. À travers des activités très diverses et « si possible ludiques » — le jeu, le sport, les arts plastiques, la musicothérapie, la relaxation ou même l’équithérapie — le but est « d’améliorer la façon d’habiter son corps et de s’adapter à son environnement ».
D’un trouble du comportement à un syndrome post-traumatique en passant par une déficience intellectuelle, sensorielle ou encore la peur de passer un examen, les psychomotriciens interviennent sur un large spectre de problématiques. « Au départ, nous étions surtout présents auprès des enfants, raconte Marie-Claire Authenac, première présidente de l’APHN276. Puis nous nous sommes rendus compte que la façon d’intervenir offraient de nombreuses possibilités avec un public plus large, notamment les personnes plus âgées. »
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Le remboursement, un parcours du combattant
La grande amplitude du champ d’application amène souvent les psychomotriciens à travailler en réseau avec d’autres intervenants comme les psychologues, les psychiatres, les enseignants, les orthophonistes, les kinésithérapeutes ou les ergothérapeutes. Contrairement à la plupart de ces activités et malgré sa préconisation dans de nombreux cas, la psychomotricité n’est pas systématiquement remboursée par l’Assurance maladie.
Obtenir le remboursement d’une prise en charge peut même s’apparenter à un parcours du combattant. « Quand elle a lieu dans une structure publique, cela ne pose pas de problème, mais le public est saturé », détaille Michèle Caillou. En libéral, il est nécessaire de déposer une demande à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). « Les handicaps avérés sont pris en charge, mais la procédure est lourde. »
La psychomotricité devient pourtant incontournable. En plein boom, elle est pratiquée par une centaine de professionnels en Seine-Maritime. Un essor encouragé par les pouvoirs publics avec la création de deux écoles en Normandie (sur les 14 en France), à Rouen il y a quatre ans et à Alençon il y a deux ans. Avec des événements comme la journée régionale, les psychomotriciens espèrent donner plus de poids et de visibilité à leur spécialité.
« Nous souhaitons aussi devenir un levier de réflexion au niveau régional, en apportant notre vision des choses. » Pour se faire, ils accueilleront samedi 30 mars des intervenants de plusieurs disciplines. À travers des ateliers et des tables rondes, ils débattront de la question du temps, celui des familles et des différents praticiens, dans des prises en charge qui se veulent de plus en plus précoces.
Infos pratiques
Journée régionale normande des psychomotriciens, samedi 30 mars 2019 à l’ERFPS, sur le site du CHU de Rouen. Plus d’informations sur le site de l’APHN276.
Le programme de la première journée normande des psychomotriciens à Rouen. (©APHN276)