Pour l’Armada, ces Rouennais louent leur appartement sur Airbnb : « On ira dormir chez mes parents »

Pour l’Armada, ces Rouennais louent leur appartement sur Airbnb : « On ira dormir chez mes parents »

De nombreux Rouennais ont décidé de mettre leur logement sur Airbnb, pour l'Armada, entre le 6 et le 16 juin 2019.

De nombreux Rouennais ont décidé de mettre leur logement sur Airbnb, pour l’Armada, entre le 6 et le 16 juin 2019. (©SL / 76actu)

« Et si je louais mon logement pour l’Armada ? » Cette question, nombreux sont les Rouennais à se la poser à l’approche de l’événement, qui aura lieu du 6 au 16 juin 2019. Maxime* et Valentin ont sauté le pas. Ils ont chacun proposé leur appartement, situés en centre-ville de Rouen (Seine-Maritime), à la location sur Airbnb. Un moyen de générer des revenus supplémentaires, sur une période où les tarifs explosent.

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« Nous avions gonflé les prix exprès »

« Hors Armada, les tarifs sont bas », assure Maxime. Avec son compagnon, ils louent depuis plus d’un an un appartement de 44 m² pas loin de l’hôtel de ville, à 55 euros la nuit. « Pour l’Armada, nous avions gonflé les prix exprès, pour prendre le temps de réfléchir au tarif », se souvient-il. C’était fin septembre, en prévision du mois de juin. « Mais dès octobre, nous avons commencé à avoir des réservations à 150 euros la nuit. »

Sept mois après, l’appartement est loué sept nuits sur douze, par des Australiens, par une Nancéienne en goguette et pour un anniversaire en famille. Les deux week-ends sont plus recherchés : ils sont déjà loués, chez Maxime. C’est presque le même schéma chez Valentin, dont la seule réservation pour l’instant calée est pour le dernier week-end. L’agorithme d’Airbnb lui proposait de facturer 189 euros la nuit, il a baissé à 150 euros. 

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Aller vivre chez des proches pendant l’Armada

S’il s’est inscrit en mars, Valentin y pensait depuis l’achat en 2018 de son appartement de 67 m² de l’avenue Gustave-Flaubert, à mi-chemin entre le centre et les quaisC’est sa résidence principale, donc « on ira vivre chez mes parents ou chez mon frère » pendant l’Armada. S’il parvient à louer sur les dix jours. « Je me marie en juillet, tout notre argent est passé dans le voyage de noces, ça paiera les vacances », dit-il en souriant. 

Il n’exclut pas de baisser ses prix pour y arriver. Maxime, lui, a fait le contraire : « Les nuits du 9 au 13 sont encore disponibles, nous avons augmenté à 250 euros la nuit. » Il baissera s’il ne fait pas le plein fin mai. « Si nous n’avions pas augmenté, nous serions plein. Hors Armada, nous le sommes presque tout le temps, depuis le début », explique Maxime. Il a signé, avec le propriétaire de l’appartement un bail l’autorisant à sous-louer, ce qui peut rapporter « le double du loyer » de 550 euros.

En six mois, Airbnb représente 90 000 nuitées

En plus du tarif fixé par le loueur, Airbnb ponctionne des frais sur les locations. Ça représente 30 euros de plus, faisant monter le prix de 150 à 180 euros, calcule Valentin, incluant « la taxe de séjour récoltée par Airbnb qui la reverse », explique Maxime. Elle est collectée par la Métropole. Depuis le 1er janvier 2019, Airbnb est obligé de déclarer les nuitées réservées, comme Abritel ou Lonely Days, d’autres plateformes.

La plateforme la plus utilisée s’était déjà conformée à la législation sur le deuxième semestre de 2018. « Sur les six mois, ils ont reversé 32 000 euros, ce qui correspond à 90 000 nuitées », explique Clémence Plassart, responsable du service tourisme. En 2017, la taxe de séjour a rapporté « 650 000 euros tout confondu, sans Airbnb ». En 2018, les chiffres pas encore consolidés pointent une augmentation d’environ 30 000 euros : 

La hausse sera plus perceptible en 2019. Avant, on ne captait pas les 900 logements proposés sur Airbnb. On aura le récapitulatif et le versement à la fin de l’année, on sentira l’effet Armada. Nous n’avons pas encore de projection.

D’autant que la plateforme sera enfin dans les clous. « Ils ne collectent au bon taux que depuis le 1er avril 2019″, souligne Clémence Plassart. La taxe de séjour correspond à 1 % du prix de la nuitée par personne, soit 25 centimes par voyageur si un appartement à 100 euros la nuit est réservé pour quatre.

« Je préfère voir les gens, c’est toujours plus sympa »

Pour attirer les voyageurs, Maxime compte sur un avantage : son badge « Superhost ». Il est attribué par la plateforme aux hôtes ayant au moins 4,8 sur 5, plus de dix séjours, pas d’annulation et 90 % de réponse sous 24 heures. Grâce à ce badge, son annonce est mise en avant. Mais ce n’est pas sans efforts :

Airbnb, c’est un vrai travail, ça prend du temps ! Il faut gérer le calendrier, le ménage, les lessives, l’accueil. Il faut s’en occuper. Je préfère voir les gens, c’est toujours plus sympa.

Et ça permet d’éviter de mauvaises surprises. Une appréhension que n’a pas Valentin, contrairement à sa compagne : « Elle a peur que des gens saccagent l’appartement. On fait attention aux profils, il faut des avis et des notes. » Par sécurité, ils vont enfermer dans une des deux chambres leurs objets de valeur. 

* Le prénom a été modifié à la demande de l’intéressé.

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