«Zvizdal » raconte la vie de Pétro et Nadia, qui ont choisi de rester dans leur village, dans la zone contaminée de Tchernobyl. (©Berlin.)
Du mercredi 15 au vendredi 17 mai 2019, le Volcan, au Havre (Seine-Maritime), accueille le collectif BERLIN et son spectacle documentaire, Zvizdal. Imaginé en collaboration avec la dramaturge Cathy Blisson, ce travail propose de suivre la vie d’un couple ayant fait le choix de rester vivre, dans son village, non loin de Tchernobyl, dans une zone contaminée.
Pendant cinq ans, au fil des saisons et de la campagne ukrainienne, le collectif a filmé Pétro et Nadia. Zvizdal raconte leur vie quotidienne, à la fois banale et extraordinaire.
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Dans une zone contaminée
Le point de départ de chaque spectacle de BERLIN se situe dans une ville ou une région de la planète. Le collectif se caractérise par l’aspect documentaire et interdisciplinaire de son approche. Focalisé sur une recherche spécifique, BERLIN met différents médias en œuvre, selon de la teneur du projet.
Zvizdal nous emmène dans un petit village abandonné, évacué après la catastrophe de Tchernobyl. Le collectif et Cathy Blisson ont rencontré ce couple, Pétro et Nadia, oubliés de tous, vivant en autarcie.
« Avec le groupe BERLIN, nous avons décidé de les suivre au rythme des saisons et sur plusieurs années. Pendant cinq ans, nous sommes retournés les voir avec une question : comment vit-on dans un territoire bourré de contradictions », précise Cathy Blisson.
Tisser un lien
Sur la durée, s’est construit un lien, s’est établie une confiance entre le couple et ceux qui les filmaient. « Nous avons respecté leur intimité. Par exemple, dès le début, l’entrée de la maison nous a été interdite et nous avons respecté cette demande. Seule leur fille avait le droit de rentrer chez eux. Ce couple vit en autarcie, avec, pour principale ressource, son champ de patates. »
C’est cette vie marquée par le fil des saisons et les contraintes qu’a enregistrée le trio. De ce voyage aux confins du monde, il rapporte des images d’un couple confronté à l’isolement, à la vieillesse, à la survie.
Explorer les enjeux d’une existence
Ce couple d’octogénaires, coupé de tout et de tous, attaché à ses terres, vit dans un microcosme qui « permet d’explorer tous les enjeux d’une existence. Ils éprouvent la solitude, l’éloignement. Du fait de cette situation spécifique ressortaient des questions existentielles : comment vieillit-on ensemble ? Quel rapport a-t-on avec sa propre histoire, son passé », souligne Cathy Blisson.
• VIDÉO. La bande-annonce de Zvizdal :
Un dispositif bi-frontal
« Zvizdal » téléporte les spectateurs dans un village lointain grâce à un dispositif bi-frontal. (©Frederik Buyckx.)
Le dispositif imaginé par le collectif et la dramaturge téléporte les spectateurs dans ce village et permet de porter un regard sur un territoire isolé du monde.
Le spectacle est à la lisière, entre le film documentaire et l’installation théâtrale. Nous avons conçu une dramaturgie sans comédien autour d’un grand écran, sur lequel on projette le film documentaire. Trois maquettes de la maison de Pétro et Nadia permettent de raconter les saisons.
Deux caméras invitent à découvrir des micro-éléments à l’intérieur de ces maquettes. Les matériaux se croisent « dans un dispositif bi-frontal qui permet de regarder ensemble s’écouler une vie, dans une contrée lointaine. » Si loin, si proche… La vie de Pétro et Nadia nous ramenant tous à notre condition humaine.
Infos pratiques :
Du mercredi 15 au vendredi 17 mai 2019, au Volcan, espace Oscar-Niemeyer, au Havre.
Spectacle en ukrainien sous-titré en français.
Réservations au 02 35 19 10 20 ou en ligne, ici.
Tarifs : de 5 à 18 euros.