Les artistes Keen’V et Sophie Tapie ont donné un concert pour les jeunes patients pris en charge à l’hôpital de jour pour adolescents du CHU de Rouen (Seine-Maritime), à l’occasion de l’inauguration du service. (©MN/76actu)
« Vous êtes prêts pour les ‘Lalala’ ? » Après avoir dansé avec le chanteur Keen’V, des jeunes patients hospitalisés dans le service Pédiatrie du CHU de Rouen (Seine-Maritime) ont continué leur ronde sur les accords de guitare de Sophie Tapie. Il fallait bien ça pour célébrer l’inauguration du nouvel hôpital de jour de médecine pour adolescents, essentiel dans le maillage de prise en charge de ce public bien spécifique.
La petite fête avait lieu dans le cadre de l’opération Pièces jaunes, qui a permis de financer cette structure pour moitié, à hauteur de 500 000 euros. Depuis son ouverture en octobre 2018, le service de dix places accueille chaque jour jusqu’à 14 adolescents de 12 à 17 ans, présentant notamment des troubles alimentaires.
LIRE AUSSI : Au CHU de Rouen, les opérations se pratiquent sous hypnose : « Ça humanise le soin »
C'est au tour de @sophietapie de faire danser les jeunes pris en charge au nouvel hôpital de jour du #CHU de #Rouen ! pic.twitter.com/J8iDo73Ppa
— 76actu (@76actu) January 24, 2019
Un problème de santé publique
« J’ai eu quelques frayeurs, mais tout va bien, l’hôpital est là ! », se réjouit le professeur Priscille Gérardin, pédopsychiatre en charge des actions de coordination. La truelle ayant servi à la pose de la première pierre en 2005 se trouve dans sa poche. Elle commençait à rouiller.
L’hôpital de jour pour adolescents s’est fait attendre. Et à peine ouvert, il tourne à plein. Ce service s’articule avec les dispositifs existants — l’unité de médecin de l’adolescent, la maison des adolescents, l’unité urgence-liaison — autour de quatre rôles, détaille Priscille Gérardin :
Il manquait une interface pour intensifier les soins pour les adolescents quand les consultations ne suffisent plus, ou à l’inverse pondérer le temps d’hospitalisation d’un temps plein, faire office de sas avant la sortie et faciliter la transition avec les services adultes.
Les pathologies soignées dans ce service constituent une véritable problématique de santé publique, « 5 % des 12 à 35 ans » sont atteints de troubles alimentaires, indique la professeur, et « plus de la moitié de ces troubles ne sont pas diagnostiqués ». De nombreuses jeunes filles bénéficient des soins de l’hôpital de jour, quelques garçons aussi pour les troubles plus mixtes comme l’obésité.
1,5 million d’euros investis sur Rouen
L’investissement conséquent de 500 000 euros de la fondation Hôpitaux de Paris-hôpitaux de France dans ce projet, raisonne comme un symbole au moment des 30 ans de l’opération Pièces jaunes, comme le souligne la secrétaire générale de la fondation, Anne Barrère :
J’ai une pensée pour Bernadette Chirac. Son obsession, c’était les adolescents. Elle avait une fille malade, qui souffrait d’anorexie. Dès les années 2000, elle a souhaité changer la prise en charge de l’adolescent à l’hôpital.
L’opération pièces jaunes a permis de financer 47 autres projets à Rouen ces 30 dernières années pour une somme totale avoisinant les 1,5 million d’euros. Elle a notamment contribué à la création des urgences pédiatriques en 2003.
La fondation fait aussi appel à des artistes pour aider les jeunes patients et les aidants à s’évader. Cette fois, ils ont pu compter sur Keen’V et Sophie Tapie. Après une séance de dédicaces, tous deux ont donné un petit concert de trois chansons chacun. Le chanteur rouennais était heureux de revenir jouer à l’hôpital comme il l’avait déjà fait en 2011. « Ça m’a fait d’autant plus plaisir que c’est pour une belle inauguration et une belle opération. »
LIRE AUSSI : A Dieppe, l’opération Pièces jaunes 2019 lancée