Plusieurs centaines de personnes étaient réunies lors du rassemblement pour Johanna Tilly, mercredi 18 septembre 2019 au Havre (Seine-Maritime). (©M-B / 76actu)
Beaucoup d’émotion, et aussi de colère, au Havre (Seine-Maritime). C’est le silence, qui a régné en majorité lors de la marche pour Johanna, tuée par son ex-compagnon deux jours plus tôt, puis lors du rassemblement à l’hôtel de ville mercredi 18 septembre 2019. Mais devant l’hôtel de police et le tribunal de grande instance, les participants ont pendant plusieurs minutes scandé, le bras levé, « Justice pour Johanna ».
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L’émotion d’abord
« Mes enfants sont à l’école de son fils, explique Clothilde. Je ne connaissais pas Johanna personnellement mais aujourd’hui, je voulais être là pour dire qu’on en a marre de voir que toutes ces femmes ne sont pas entendues. Tout le monde parle de cette plainte du mois d’août, c’est incroyable qu’un mois après… Elle a été tuée… Comme ça, alors que la Justice pouvait la protéger. »
Les enfants de Clothilde vont à l’école avec ceux de #johannatilly : « Je suis dégoûtée quand je vois le peu consacré pour aider les femmes battues. Rien ne change. » pic.twitter.com/dBTtaUFBZC
— Bouchard Murielle (@mubouchard14) September 18, 2019
Sonia est du quartier de l’Eure, là où Johanna a été tuée lundi devant ses trois enfants, poignardée à 14 reprises par son ex-compagnon :
Je ne la connaissais pas, comme beaucoup ici aujourd’hui, mais il y a 20 ans j’ai réussi à m’enfuir… J’étais battue… Ce qui est arrivé à Johanna, ça aurait pu être moi.
Des anonymes, donc, et puis des proches. Beaucoup veulent rester silencieux, « on était ses amis… on est là… c’est tout », soutiennent deux hommes en fin de cortège.
Nydia, « la sœur de cœur » de Johanna est tout en blanc ; elle ne décolère pas : « Je l’ai vue vendredi… Elle avait dit qu’elle était en danger, que la garde de ses trois enfants, c’était un vrai problème. Elle avait dit qu’il allait la tuer… Pour moi, la Justice ne l’a pas protégée. »
VIDÉO. Nydia insiste : « La Justice savait, la police savait… Ils ne l’ont pas protégée. »
Pour Nydia , #Johanna : « était ma sœur de cœur. » Elle se dit en colère aujourd’hui : « Il l’avait déjà menacée, elle l’avait dit. Elle avait déposé plainte. On demande que justice soit faite. » pic.twitter.com/Qrapw4QFPl
— Bouchard Murielle (@mubouchard14) September 18, 2019
La colère devant l’hôtel de police et le tribunal
Devant le tribunal de grande instance du Havre (Seine-Maritime), les participants à la marche ont scandé « Justice pour Johanna ». (©EA/actu.fr)
La marche silencieuse prend une autre tournure à l’approche de l’hôtel de police et du tribunal, avant et après le rassemblement à l’hôtel de ville.
Devant le commissariat du #Havre les manifestants crient « police complice » pic.twitter.com/5CGrbfDXBe
— Eloïse Aubé (@eloiseaube) September 18, 2019
Les invectives fusent. « Elle n’aurait jamais dû être la 105e victime de féminicide, elle avait alerté, elle avait sauté du premier étage pour lui échapper… Elle avait déposé plainte… Deux fois ! Il faut mourir pour être entendu en France ? », hurle un homme à l’approche du tribunal.
Le bras levé, les participants scandent « Justice pour Johanna ». Dans le cortège, Marie s’indigne : « Combien va-t-il prendre pour l’avoir tuée ? Et les gens qui ont refusé de la croire… Ils vont bien s’en sortir, eux… »
Beaucoup des participants avaient inscrit leur indignation sur des feuilles ou pancartes. (©M-B/76actu)
Devant le tribunal du #Havre les personnes présentes scandent : « #Johanna justice ! » au #Havre @76actu pic.twitter.com/JjAuxqnVAE
— Bouchard Murielle (@mubouchard14) September 18, 2019
Quelques heures après le rassemblement, la compagne d’une amie de Johanna explique : « Oui, tout le monde est en colère, parce que c’est insupportable de savoir qu’on aurait pu la sauver. Cette brute a tué Johanna lundi, mais il a réduit en miettes beaucoup d’autres vies. »