Un homme condamné à Rouen pour avoir agressé sexuellement une jeune femme de 19 ans

Un homme condamné à Rouen pour avoir agressé sexuellement une jeune femme de 19 ans

Une jeune femme de 19  ans a été victime d'une agression sexuelle près de Rouen en 2017, le tribunal a condamné l'agresseur, lundi 2 mars 2020.

Une jeune femme de 19 ans a été victime d’une agression sexuelle près de Rouen en 2017, le tribunal a condamné l’agresseur, lundi 2 mars 2020. (©Illustration Julien Sureau / actu Nantes)

Le 9 mai 2017, Marie*, 19 ans, a déposé plainte pour agression sexuelle contre l’oncle de son meilleur ami. Les faits se sont déroulés à Canteleu (Seine-Maritime). Le prévenu a été condamné lundi 2 mars 2020 à 18 mois d’emprisonnement avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve pendant deux ans, avec obligation de se soigner et interdiction d’entrer en contact avec la victime.

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« J’avais peur, je ne pouvais pas partir »

Marie explique s’être rendue au domicile du prévenu le 6 mai 2017 à Canteleu dans le but de lui vendre une manette de jeux vidéos. Celui-ci l’accueille dans le hall de son immeuble, puis lui demande de le suivre dans la cave, « car il devait aller chercher un câble d’alimentation » précise-t-elle. Elle accepte et lui apporte son aide en l’éclairant grâce à la lampe torche de son téléphone.  « Il a alors glissé sa main sur mon entrejambe, au niveau de mon sexe », dénonce la jeune femme. Elle le repousse et lui demande de cesser ses agissements mais l’homme poursuit, à tel point qu’elle se retrouve adossée au mur de la cave .

« J’avais peur, je ne pouvais pas partir », soutient Marie au tribunal, avant de décrire la suite de l’agression. Une agression qui ne prendra fin que par l’intervention inopinée de la fille du prévenu, venant frapper à la porte de la cave.

Choquée, Marie alerte par message son meilleur ami, prétexte devoir partir pour le rejoindre sur son lieu de travail et décide de se confier à lui. La vidéo surveillance du hall d’immeuble est exploitée et confirme les propos de la jeune femme.

Rudy*, ami de la jeune femme et neveu du prévenu est entendu, il confirme avoir reçu les confidences de celle-ci et dit ne pas être étonné, en raison d’une précédente affaire sexuelle dans laquelle son oncle aurait été impliqué.

Je lui avais dit de se méfier de lui, ajoute-t-il.

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Il reconnaît les faits

Placé en garde à vue, l’homme peine à s’expliquer mais finit par reconnaître la matérialité des faits. « Je me suis fait un film, j’ai perdu la tête. »

À la barre, Louis* 37 ans, en couple et père de deux enfants, reconnaît les faits : « J’avais des sentiments pour elle, je me suis fait un film, j’ai perdu la tête », explique-t-il, reconnaissant à demi-mot avoir utilisé un faux prétexte pour amener la jeune femme à l’abri des regards. L’expert psychiatre qui a rencontré Louis* conclut qu’il est « curable, ré-adaptable et recommande un suivi socio judiciaire ». Marie, absente à l’audience ne se constitue pas partie civile, et ne demande aucune réparation pour son préjudice expliquant « vouloir aller de l’avant », indique le tribunal.

« Atteinte insupportable à l’intimité et à la dignité de la victime »

Pour la représentante du ministère public, les faits sont graves : « Elle avait confiance en lui, l’absence de consentement ne fait aucun doute, le prévenu a exercé sur elle une contrainte physique, en procédant à des attouchements sexuels, allant jusqu’à se frotter sur la victime. » Elle tient également à rappeler le mode opératoire particulier du prévenu, « l’attirant dans un endroit isolé sous un faux prétexte » et considère que ces faits sont une atteinte « insupportable à l’intimité et à la dignité de la victime ».

Elle requiert la peine de 18 mois d’emprisonnement avec sursis et mise à l’épreuve pendant 2 ans avec exécution provisoire et obligation de soins psychiatriques, de travailler, et interdiction d’entrer en contact avec la victime.

« Il a honte »

Le conseil de Louis* tient à expliquer le coté « peu loquace » de son client. « Il a peur de comparaître à l’audience, de la peine encourue et a honte des faits qu’il a commis. » Selon lui, son client est passé à l’acte en raison d’une méprise sur les sentiments de cette jeune femme à son égard.

Il a cru que les sentiments étaient partagés, aujourd’hui il regrette et éprouve un sentiment de culpabilité.

Il indique également que depuis les faits son client a entamé des soins psychiatriques réguliers car « il a pris conscience de la gravité des faits ». Il demande au tribunal un peine alternative à l’incarcération, afin que son client poursuive les soins entrepris depuis les faits. Le tribunal déclare Louis* coupable des faits qui lui sont reprochés et le condamne** à la peine de 18 mois d’emprisonnement avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans avec obligation de se soigner et interdiction d’entrer en contact avec la victime. Cette condamnation entraîne son inscription de plein droit au fichier des délinquants sexuels.

Par notre correspondant Frédéric Bernard 

* Les prénoms ont été modifiés
** Cette peine est susceptible d’appel. Toute personne est présumée innocente tant que toutes les voies de recours n’ont pas été épuisées. 

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