The Brooks : « le funk et la soul sont comme une belle couverture »

The Brooks : « le funk et la soul sont comme une belle couverture »

C’est un groupe canadien de huit musiciens. The Brooks, fondés il y a un peu moins de dix ans par le bassiste Alexandre Lapointe, mêlent cordes, vents et la voix d’Alan Parker pour se transformer en machine à danser. Leur credo ? Le groove qu’ils vont puiser dans le funk et la soul. Avec trois albums, The Brooks conçoivent leur concert comme des shows. Ils seront aux Jardins suspendus au Havre jeudi 21 juillet lors de la première soirée du festival MoZ’aïque. Entretien avec Alexandre Lapointe.

Vous venez tous d’horizons musicaux différents et avez divers projets. Quelles étaient vos envies lorsque vous avez commencé à jouer ensemble ?

Nous sommes tous des pigistes, des musiciens qui accompagnent des artistes en studio et lors des concerts. Nous proposons aussi nos services pour des musiques de film. Il nous arrive de composer nos propres musiques et chansons. Nous sommes surtout une bande d’amis et nous avons commencé à jouer ensemble, à improviser. Même si nous avions des trames sonores, nous ne parlions pas d’enregistrer des albums ou faire des tournées. Au début, nous étions seulement quatre, maintenant nous sommes huit.

Dès vos premières sessions, les influences funk et soul étaient-elles là ?

C’est venu naturellement. Nous écoutons tous beaucoup de musiques qui nous influencent. Il y a cette texture sonore qui était là. Il n’était pas question d’être dans quelque chose de rétro. Nous voulons profiter de ce que la technologie nous offre. Ce qui permet de pousser cette esthétique. Le funk et la soul, j’en écoute depuis que je suis tout petit. Je suis tombé dans ces esthétiques musicales par hasard. Alan, aussi, est né là-dedans. À partir de ces musiques, nous avons  écrit notre propre vocabulaire.

Qu’aimez-vous dans ces musiques ?

C’est le choix des accords qui créent quelque chose de chaleureux. Le funk et la soul sont comme une belle couverture. Elles viennent du cœur et de l’esprit. Je n’oublie pas qu’elles portent des paroles plutôt sombres. 

Quelle place donnez-vous, vous musiciens, au texte ?

Au départ, nous étions surtout concentrés sur la musique. Plus nous vieillissons, plus nous nous intéressons aux paroles des chansons. Ce sont des histoires d’amour. Nous ne voulons pas des textes trop tristes. Il faut que le soleil soit toujours là. 

Le dernier disque est au carrefour de plusieurs décennies musicales. Quelles ont été vos réflexions d’un album à l’autre ?

Pour le premier, Adult Entertainment, nous sommes restés classiques, très soul. Pour le deuxième, Pain & Bliss, nous avons eu une approche plus funk avec un peu d’afrobeat. L’EP, avec quatre chansons, qui a suivi est plus pop. Avec le troisième album, Any Day Now, nous voulions aller vers un mélange de musiques des années 1950, 1960 et 1970. Nous ne nous sommes pas mis de barrières. Nous avions les titres d’Isaac Hayes en tête. Les chansons restent classiques et parlent d’amour encore. C’est l’orchestre qui fait l’identité de cet album.

Il n’y a pas seulement des chansons d’amour. Vous parlez de la cathédrale de Paris dans The Crown.

Pour Alan, il était important d’en parler. C’est lui qui a proposé cette chanson. Nous rencontrons des personnes avec des cultures, des religions et de générations différentes. Il a été interpelé par tout cet argent consacré à cette cathédrale alors que les problèmes de base ne sont pas réglés. Il y a encore tant de gens dans la rue. Où sont les priorités ?

Vous considérez-vous encore encore comme « le secret le mieux gardé du funk canadien » ?

Cette définition nous a surpris quand nous l’avons lue dans un article d’un journal canadien. Au départ, nous jouons ce que nous avions envie. Quand nous avons eu cette proposition de jouer dans un club de jazz à Montréal pendant trois mois, un public de plus en plus nombreux est venu nous voir. Notre musique était appréciée. À Montréal, on peut voyager un peu partout dans le monde tout en restant dans la ville. La communauté soul et RnB y est importante. Nous mélangions des reprises et nos compositions. Au fil des concerts, le secret s’est éventé.

La programmation

  • Jeudi 21 juillet à 18h30 : ¿ Who’s The Cuban ?, The Brooks, Puerto Candelaria
  • Vendredi 22 juillet à 18h30 : Big Band à part, « The Blues Brothers », Toni Green
  • Samedi 23 juillet à 11 heures : Aldebert
  • Samedi 23 juillet à 18 heures : David Bressat quintet, Ito Fitzroy, Natalia M. King, Cimafunk
  • Dimanche 24 juillet à 17 heures : Ludivine Issambourg, Antiloops, Celia Kameni & Alfio Origlio, Lass, Groundation

Infos pratiques

  • Concerts aux jardins suspendus au Havre
  • Tarifs : 15 €, 8 €, 45 € et 25 €, le pass 4 jours, gratuit pour les moins de 13 ans. Concert d’Aldebert : 10 € pour les adultes, 5 € pour les enfants
  • Réservation à l’office de tourisme du Havre, sur www.francebillet.com
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