
Les élus de la Métropole ont décidé d’un moratoire afin de suspendre l’avancée des projets de construction prévus sur 60 hectares de la forêt du Madrillet à Petit-Couronne. Une pause qui doit permettre de «regarder précisément l’impact du projet sur l’environnement»
Surprise pour les mouvements écologistes locaux. Dans la soirée du 22 juillet dernier, lors du conseil métropolitain présidé par le nouveau maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, ce dernier a annoncé l’introduction d’un «moratoire» sur le projet ZAC d’extension du Madrillet. Traduction : les élus souhaitent le gel des travaux sur «une zone d’environ 60 hectares de forêt» situé sur la commune de Petit-Couronne, en vue d’en «regarder précisément l’impact sur l’environnement». Objectif annoncé à terme : obtenir une modification du plan local d’urbanisme intercommunal (Plui) afin que les zones boisées concernées puissent être requalifiées de zones aménageables en zones dites «agricoles» ou «forestières» et ainsi empêcher légalement la poursuite des constructions.
Manifestation et pétition
Cette annonce aussi soudaine qu’inattendue a d’emblée été qualifiée dans un communiqué de «première belle victoire» par le Collectif contre le destruction de la forêt du Madrillet. Ce moratoire fait en effet suite à plusieurs actions menées par une vingtaine de structures environnementales et syndicales locales. Réunies en un même collectif, elles s’étaient fait entendre en juin dernier lors d’une première manifestation «contre la destruction de la forêt du Madrillet».
Dans la ligne de mire des manifestants ce jour-là: plusieurs projets immobiliers initiés par la Métropole et des promoteurs privés. Parmi les chantiers contestés, ceux baptisés «Rouen Normandie Innovation» (projet dédié à l’implantation d’entreprises innovantes spécialisées dans les écotechnologies) et «We Hub» (programme qui prévoit commerces, bureaux et services au coeur de la forêt du Madrillet) qui doivent s’implanter à la fois sur les communes de Rouen, Saint-Étienne-du-Rouvray et (en majorité) Petit-Couronne.
Plusieurs centaines de personnes avaient défilé, dont une partie avait même fait irruption dans un chantier afin de stopper les travaux en cours.
Suite à cette manifestation, une pétition réunissant désormais près de 9000 signatures avait également été transmise au nouveau président de la Métropole pour demander à ne pas raser les arbres sur ces 62 hectares.
«Une bonne nouvelle»
Si les projets «We Hub», «Rouen Normandie Innovation» ne sont pas concernés par le moratoire, c’est le cas du programme «Zac d’extension du Madrillet» qui se situe sur le territoire de Petit-Couronne. «Ce moratoire est une bonne nouvelle, commente Joachim Moyse, maire de Saint-Étienne-du-Rouvray et également neuvième vice-président de la Métropole. J’ai eu l’occasion d’indiquer au Président qu’il fallait relever le niveau d’exigence sur la nature des installations, et que j’estimais que le nombre de bureaux à implanter est beaucoup trop important». «Le président de la Métropole, le premier vice-président, Djoudé Merrabet, et les chargés d’urbanisme doivent maintenant se prononcer sur les futures échéances», ajoute Joachim Moyse. À la veille de son élection comme maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol annonçait: «nous avons un objectif: zéro artificialisation des sols d’ici 2026. Pour cela, il faut être maire et président de la métropole». À condition que ces récentes annonces soient suivies d’effets, la «chasse» aux insectes au Madrillet pourrait avoir encore de beaux jours devant elle.
L’article Suspension des travaux dans la forêt du Madrillet: une «première belle victoire» est apparu en premier sur Ville de Saint-Étienne-du-Rouvray – Site officiel.