Le mystère autour des origines de cette « Vierge reliquaire portant l’enfant », œuvre des collections du Musée des beaux-arts de Rouen (Seine-Maritime), a été percé grâce à un prélèvement effectué sur la sculpture. (©FM/76actu)
Les œuvres ont leurs mystères que seules des techniques de pointe peuvent percer… Sixième volet de notre série d’articles sur les œuvres d’art de Rouen (Seine-Maritime) expliquées par la science. Une série organisée en prolongement à l’exposition intitulée « Sous la surface », présentée actuellement au Musée des beaux-arts de Rouen. Après l’histoire d’un portrait de Delacroix à l’ombre envahissante, voici celle d’une sculpture aux origines dans un premier temps inconnues.
Prélèvement irréversible
L’œuvre est une une « Vierge reliquaire portant l’enfant », donnée par les amis des musées d’art de Rouen, et qui comporte d’importants éléments métalliques. Quand le Musée des beaux-arts de Rouen l’a intégrée dans ses collections, son origine géographique et sa datation étaient incertaines. Des prélèvements effectués sur la sculpture ont levé le mystère. Les commissaires de l’exposition expliquent le procédé utilisé : « Découvrir la constitution de la couche picturale nécessite de faire des prélèvements de très petite taille, de l’ordre du diamètre d’un cheveu. Cette opération est dite « destructive »puisqu’elle enlève de la matière de façon irréversible. »
L’échantillon a ensuite été scruté au microscope, les observations permettant « d’identifier les pigments et feuilles métalliques employés ». Il en est ressorti que la technique appliquée était « très caractéristique des pratiques d’atelier en vigueur dans le sud de l’Allemagne vers 1520 ».
Le bustier présente un décor en relief exécuté selon la technique du « brocart appliqué », fréquemment utilisée dans les sculptures allemandes de la fin du Moyen Âge et du début du XVIe siècle. Le relief est constitué de carbonate de calcium, coloré par du minium, du jaune de plomb et de l’étain, le tout recouvert d’une feuille d’étain, dorée à la feuille d’or.
Détails du prélèvement mené. (©FM/76actu)
Une exposition gratuite
Toutes les œuvres de l’exposition « Sous la surface » proviennent des collections permanentes des musées rouennais. Les tableaux et sculptures expliqués sont disséminés dans le parcours permanent du musée, dont l’accès est gratuit. Les découvertes scientifiques ont été réalisées lors des opérations de restauration des tableaux et sculptures, au cours desquelles des dossiers d’imagerie sont constitués (et conservés). Certaines de ces restaurations sont récentes, d’autres remontent aux années 1990. L’exposition « Sous la surface » est présentée jusqu’au 24 février, dans le cadre du huitième Temps des collections.