Rougeole, méningite, grippe… Ces maladies surveillées de près en Normandie

Rougeole, méningite, grippe… Ces maladies surveillées de près en Normandie

Grippe, méningite, rougeole : la Cire de Normandie surveille de près les maladies en Normandie.

Grippe, méningite, rougeole : la Cire de Normandie surveille de près les maladies en Normandie. (©Andrey Popov/Fotolia)

Observer, alerter et surveiller sur toutes les épidémies en région ou certaines maladies : telles sont les missions de la Cire (Cellules d’intervention en région), installée depuis 2014 à Rouen (Seine-Maritime) avec une antenne à Caen (Calvados). Alors que les épidémies d’hiver sont terminées depuis quelques jours seulement, les observations se poursuivent notamment sur les cas de rougeole et méningite. Et en attendant le rapport du ministère de la santé sur la politique vaccinale, avec le passage de 3 à 11 vaccins obligatoires chez les enfants de moins de deux ans, qui doit être rendu public le lundi 15 avril, le Dr Nathalie Nicolay dresse un panorama de la situation en Normandie. 

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La grippe a fait 13 morts en Normandie

Exit l’épidémie de grippe et la surveillance des cas de bronchiolite chez les moins de 2 ans en Normandie. La Cellule d’intervention en région qui travaille en étroite collaboration avec l’Agence régionale de la santé a émis dans son dernier bulletin publié la semaine passée, les chiffres des épidémies hivernales. 

« Depuis le dernier bilan, un seul nouveau cas grave de grippe a été signalé dans la région Normandie pour un total de 78 cas depuis le début de la surveillance. On observe, tout comme au niveau national, une co-circulation des virus A H1N1 et A H3N2. Depuis le début de la surveillance en novembre 2018, 13 décès sont à déplorer », indique le dernier bilan de la Cire en date de fin mars.

Pour mémoire en février 2019, le nombre de décès liés à la grippe avait été établi à trois en Normandie.  « L’an passé, nous avions comptabilisé 11 décès liés à l’épidémie de grippe en Normandie, sachant que notre mode de surveillance a changé. L’an dernier, nous avions les retours de tous les établissements. Désormais, nous n’avons que les services de réanimation qui nous communiquent leurs chiffres. Je pense qu’on est à peu près dans les mêmes proportions que l’année dernière », indiquait une épidémiologiste de Santé publique France à 14actu

Et pour la bronchiolite ? « L’épidémie de bronchiolite 2018-19 a duré sept semaines dans la région. Cette épidémie a été comparable à celle de la saison précédente avec cependant des recours aux soins d’urgences plus élevés. » 

La rougeole très surveillée également en Normandie

Le Dr Nathalie Nicolay, basée à Rouen soutient :  « Nous surveillons de très près l’épidémie de rougeole. » La Normandie ne fait pas partie des régions avec des foyers épidémiques actifs comme Auvergne-Rhone-Alpes, Mayotte, la Réunion, l’Occitanie et Provence Alpes-Côte d’Azur. Depuis le 1er janvier 2019, 350 cas de rougeole ont été déclarés en France (on en totalisait 966 sur la même période en 2018), indique Santé Publique France.

En Normandie, nous avons recensé un cas de rougeole dans le Calvados, deux dans l’Eure et un cas en Seine-Maritime. Dans la mesure où un vaccin efficace existe contre cette maladie, on estime qu’un cas répertorié est un cas de trop, soutient le Dr Nathalie Nicolay. 

Autre maladie à déclaration obligatoire, la méningite de sérogroupe C. On se souvient notamment en Normandie d’une très forte épidémie, qui en 2002-2003 dans la région de Dieppe avait sévi, nécessitant la mise en place de campagnes de vaccination contre les infections invasives à méningocoques C. 

En Normandie, en 2017,  33 cas d’infections invasives à méningocoques (IIM) contre 36 l’année précédente avaient été répertoriés. « Les chiffres 2018 seront révélés dans le bilan annuel qui sortira le 15 avril prochain », promet le Dr Nicolay qui soutient par ailleurs : « Il s’agit pour nous d’une surveillance de routine, il n’y a pas d’épidémie constatée. » 

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Le bilan de la vaccination très attendu

Les épidémiologistes sont tenus de ne pas dévoiler les derniers chiffres de la vaccination avant le 15 avril, notamment cette année étant donné qu’il s’agira du premier bilan après la mise en place de la nouvelle politique vaccinale en France et le passage de 3 à 11 vaccins obligatoires chez les enfants de moins de deux ans. Pour le Dr Nicolay, « on devrait très logiquement retrouver l’impact de cette mise en place dans le nombre de cas répertoriés des maladies surveillées. En Normandie, la couverture vaccinale est assez élevée mais elle n’est toujours pas optimale. » 

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La vaccination se pratique en Normandie peu ou prou à des taux élevés, mais qui sont en-deçà des objectifs nationaux, indiquait dans son bilan 2017 le Dr Stéphane Erouart, médecin de santé publique. « Il reste à souhaiter que les méthodes déployées par les épidémiologistes permettront d’améliorer la connaissance des taux de couverture vaccinale au-delà de la petite enfance, car des chantiers demeurent en matière de vaccination chez les adolescents et les adultes. Pour exemple, la lutte contre le papillomavirus ne fait que commencer. »

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