Cela fait plus de 20 ans que la présidente de la SNPA, Cécile Royer-Martin, s’occupe des chiens et chats errants et abandonnés. (©Florian Gambin / Le Bulletin de l’arrondissement de Rouen)
Cécile Royer-Martin, la présidente de la SNPA (Société Normande de Protection aux Animaux) de Rouen (Seine-Maritime) dresse un constat amer : les abandons d’animaux se multiplient.
« Le problème majeur, c’est que les gens ne s’informent pas suffisamment avant d’acheter un chien ou un chat, et ils se retrouvent vite dépassés par leurs animaux de compagnie, donc ils décident de les abandonner, ou les laissent sur la voie publique. Mais chacun des animaux ont leur particularité liée à leur race et ne sont pas tous faits pour vivre en ville. »
L’été est une période particulièrement critique.
Huit jours de délai pour le propriétaire
Récemment, les Français ont été désignés par la fondation 30 millions d’amis, comme champions d’Europe pour l’abandon d’animaux. Pour la présidente, il faut faire attention avec ce type d’information :
Nous sommes peut-être les premiers, mais la France est aussi l’un des pays possédant le plus d’animaux domestiques.
Lorsqu’un animal est trouvé sur la voie publique, le propriétaire a huit jours pour se manifester. Une fois passé ce délai, la SNPA effectue les démarches afin que l’animal soit sous sa responsabilité. « Attention ! il faut bien faire la distinction entre un abandon et un abandon déguisé. L’abandon, c’est lorsque le propriétaire fait la démarche de nous apporter son chien ou chat et de signer les papiers. Dans l’autre cas, si l’animal a été pucé, nous n’attendons pas que le propriétaire se manifeste. Grâce à l’Icad (le fichier d’identification des animaux), nous disposons de toutes les informations des propriétaires. Lorsque ces derniers ne répondent pas à nos appels, ni à nos lettres recommandées, on comprend qu’ils ne souhaitent plus s’encombrer avec eux. »
Adapter l’animal à son environnement
Autres erreurs commises par un grand nombre de personnes au moment du choix de leur futur compagnon : le désir de s’en procurer un, parce qu’il est beau ou pour faire plaisir aux enfants.
« C’est une très mauvaise décision. L’animal n’est pas un objet, il demande de l’attention et de l’affection. Souvent, les animaux que l’on recueille ne sont pas adaptés à l’environnement. Dans le chenil, nous avons récupéré un chien d’Anatolie qui n’est pas fait pour vivre en ville, mais plutôt dans les montagnes avec les bergers. Si au départ ces animaux ne sont pas placés dans les bonnes familles, il devient difficile pour les propriétaires de les éduquer, car ils ont des spécificités particulières », explique Cécile.
Elle ajoute : « Des exemple,s on peut en donner à la pelle… les chiens de chasseurs, les chats siamois, les Husky de Sibérie ou encore le Malamute d’Alaska. Tous ces animaux sont magnifiques, mais doivent vivre dans un environnement bien précis, sous peine de se faire vite déborder. »
Des animaux en mauvaise santé
Comme les êtres humains, les animaux voient l’effet du temps qui passe jouer sur leur faculté physique et mental.
S’occuper d’un animal qui prend de l’âge à un coût, souligne Cécile. Comme nous, ils doivent subir une batterie de tests pour voir comment ils vont, avec un bilan sanguin, consultation des dents, de la vue. Tout cela a un prix. Et malheureusement lorsque l’animal est trop vieux et en mauvaise santé, il est balancé à la rue. Parfois, on en retrouve dans des états épouvantables.
Les petits chiens plus facilement adoptés
Avec une capacité d’accueil de 110 chiens et de 60 chats, au fil des ans, Cécile ne voit pas ce phénomène se résorber :
Les chiffres ne régressent pas, et la période la plus critique de l’année reste celle que nous vivons actuellement, entre mai et septembre. »
En cette période de l’année où les entrées d’animaux sont plus importantes que les sorties, un certain nombre d’entre eux arrive à retrouver une famille pour y commencer une nouvelle vie : « Les chiens de petites tailles comme les bâtards, sont ceux qui sont adoptés le plus rapidement. Car encore une fois, ils correspondent à l’environnement qui les entoure, contrairement aux chiens plus imposants qui ont besoin d’espace. »
Malgré cette tristesse de voir ces chiens et chats franchir les portes de la SNPA, Cécile et son équipe donnent de leur temps et de leur amour aux animaux jusqu’à ce qu’ils retrouvent une nouvelle vie.
Les chiffres annuels de dépôts et d’adoptions à la SNPA
Avec une capacité d’accueil de 110 chiens et de 60 chats, la Société normande de protection aux animaux (SNPA), s’occupe de prendre soin de ces animaux abandonnés ou bien errants avant qu’ils retrouvent un nouveau foyer, adapté à leur spécificité
Dépôts. 700 chiens et 500 chats sont en moyenne recueillis chaque année par l’association.
Adoptions. 250 chiens retrouvent un foyer après avoir franchi les portes de la SNPA, contre 150 chats.
En France. Au niveau national, selon les chiffres de l’association 30 millions d’amis, c’est environ 100 000 chiens et chats qui sont abandonnés chaque année, ce qui représente entre 11 et 12 animaux par heure. C’est durant la période estivale que le nombre devient le plus important avec 60 000 animaux domestiques abandonnés.
Florian Gambin