Près du Havre (Seine-Maritime), un élevage de turbots à visée pédagogique s’est installé dans une ancienne base de l’OTAN. (©ML/Normandie-actu)
Avec un rayon de soleil, le lieu est vraiment paradisiaque. À quelques encablures du Havre (Seine-Maritime), tout en bas des falaises d’Octeville-sur-Mer, une ancienne base de l’OTAN s’est transformée en ferme marine pédagogique et en chantier d’insertion, animés par l’association Aquacaux.
Une ancienne station de carburant
« C’était une station de pompage de carburant, située à un point stratégique pour ravitailler les bateaux militaires, explique Étienne Simon, responsable des animations à Aquacaux. Le bâtiment, qui ressemble à un bunker, est conçu pour résister à des bombardements. Il a été abandonné dans les années 80. »
En 1988, l’association Aquacaux prend ses quartiers dans l’ancienne base militaire. « Au début, l’idée était de créer de l’emploi avec un élevage de turbots en lien avec un collège du Havre qui développait une filière aquaculture, continue Étienne Simon. On était parti de ce constat : les restaurateurs havrais manquent de poissons et les jeunes cherchent du boulot… »
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Un élevage de poissons de A à Z
Dans ce laboratoire, Aquacaux cultive des phytoplanctons, la base de la nourriture des zooplanctons, ce que mange les bébés turbots. (©ML/Normandie-actu)
Et puis, finalement, l’élevage de turbots se transforme en véritable ferme marine pédagogique. Tout est fait sur place, « ce qui est assez rare dans les élevages de poissons », souligne Étienne Simon. Première étape de l’élevage d’un poisson, le développement larvaire qui se déroule dans un laboratoire, où l’on reconstitue le début de la chaîne alimentaire marine.
En effet, six espèces de phytoplanctons (algues vertes et brunes) sont en permanence cultivées dans des bocaux aux couleurs arc-en-ciel. Ce premier maillon permet d’alimenter des rotifères et des artémias qui sont les deux espèces de zooplanctons dont se nourrit le bébé turbot.
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Les turbots âgés d’un mois sont ensuite progressivement sevrés avec de la poudre de granulé de poisson de qualité « label rouge » et à faible densité. Peu de temps après, ils seront transférés dans la salle des bassins où ils poursuivront leur maturité.
À l’âge de trois ou quatre ans, les poissons sont électrocutés pour être ensuite vendus à environ 15 euros le kg. Nous développons toute la chaîne ici dans le respect des animaux.
Dans le respect des animaux
Étienne Simon assure que la façon dont ces poissons caméléons, qui changent de couleurs en fonction du sol, sont tués ne provoque pas de douleur. « Aujourd’hui, les gens sont de plus en plus sensibles au bien-être animal. C’est vrai qu’ébouillanter les crabes par exemple n’est peut-être pas la meilleure façon de faire. Nous avons pensé à tout cela. »
Quelques centaines de turbots sont produits chaque année. Étienne Simon rappelle que la visée première de la ferme marine est d’abord de sensibiliser au milieu marin.
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Connaître pour mieux préserver le milieu marin
Lors de la visite de la ferme marine, on peut aussi rencontrer des étoiles de mer, des hippocampes, des homards bleus, des poissons aux couleurs exotiques… « Et ils vivent tous chez nous !, assure Étienne Simon. Les Havrais connaissent très mal la faune et la flore marine qui vivent chez eux. Pour protéger notre milieu marin, il faut d’abord le connaître. »
La ferme marine accueille plus de 8 000 visiteurs par an. Une belle balade dans un lieu hors du temps, situé au bout de plus de 500 marches, entre ciel et mer. Le petit plus ? Vous pouvez repartir avec un morceau de poisson délicieux !
Plus d’informations sur le site internet d’Aquacaux
EN IMAGES. Découvrez Aquacaux, la ferme marine située à Octeville-sur-Mer, près du Havre







