REPORTAGE. Des caves de Rouen à Rock en Seine, la colère contagieuse de We Hate You Please Die

REPORTAGE. Des caves de Rouen à Rock en Seine, la colère contagieuse de We Hate You Please Die

La colère monte. 40 minutes durant.

La colère monte. 40 minutes durant. (©Sophie Bordier)

C’est le grand jour. Inconnu il y a encore un an et demi, le groupe garage-punk rouennais We Hate You Please Die est passé vendredi 23 août 2019, sur l’une des scènes très convoitées du festival parisien Rock en Seine. « Un fantasme » pour le quatuor bien décidé à casser la baraque.

Le concert est prévu à 18h05 précises. Le camion de location, où s’entassent Raphaël Balzary, Chloé Barabé, Joseph Levasseur, Mathilde Rivet et leur « sondier » Guillaume Bordier, démarre de Rouen (Seine-Maritime) à 11h30. La journée va passer à une vitesse folle.

13h50, présentation à l’accueil artistes. Le van file à la scène des 4 Vents où il faut décharger et entreposer les instruments et le matériel. Un premier coup d’oeil sur la structure, sur les premiers festivaliers qui foulent le Domaine de Saint-Cloud : cette scène est la plus proche de l’accueil, de la billetterie, « il va falloir capter les gens dès leur arrivée ». Pas de souci à se faire sur la fréquentation, ce vendredi est complet : The Cure est attendu pour sa seule date française.

Des CD gratos

Après un rapide repas et quelques rafraîchissements – on frôle les 30 °C – le groupe retourne au camion décharger le merchandising, vinyles, tote-bags et tee-shirts du groupe que le festival se charge de vendre aux stands.

Sur le trajet, Raphaël en profite pour distribuer gratuitement quelques CD promotionnels de l’album et d’inviter les premiers festivaliers à venir les écouter/voir tout à l’heure. Le geste est apprécié. Il glisse timidement qu’il « sélectionne » les gens à leurs tee-shirts ou à leurs sacs avant de les approcher.

• VIDÉO. Le clip de Melancholic rain :

Sous le soleil exactement

Leur tourneur Pierre Giraud, arrive dans la place, avec le big-boss de 3C, Christophe Bosq. Ce n’est pas n’importe quelle date de concert, décidément. Les deux attachés de presse du groupe les rejoignent rapidement : il y a plusieurs interviews de calées, avant et après le show. À peine le temps de discuter et de se changer qu’il faut déjà retourner à la scène pour s’installer. Accordage, réglages, line-check rapide et il est déjà 17h55 ! Là, le stress commence à faire son entrée.

On respire, doucement. On boit, beaucoup : le groupe a droit à un invité un peu insistant, le soleil. Il va falloir supporter sa présence en pleine figure pendant 40 minutes.

« On ne s’habitue pas encore à voir autant de monde »

La scène est surchauffée. Mais elle n’est pas la seule. Le public répond dès les premières mesures à leur énergie survitaminée. Pas de temps mort entre les 12 titres envoyés dans la fosse. La batterie métronomique de Mathilde, le son ronflant de la basse de Chloé, les riffs tendus de Joseph et le chant habité de Raphaël marchent à merveille.

Les festivaliers présents rentrent vite en transe. La colère, brute mais bienveillante, du groupe se transmet à grande vitesse. Sur le côté de la scène, Pierre reçoit déjà des SMS convaincus. Dans (ou sur !) le public, Raphaël sourit : « On ne s’habitue pas encore à voir autant de monde devant nous. » Le concert, filmé et retransmis en direct par France.TV, se termine en ovation.

« Sacré concert »

« Pas la peine d’aller voir les Cure après ça ! », s’enthousiasme Christophe. Avec Pierre, ils sont particulièrement ravis de la prestation de leurs ouailles. Alors même qu’il faut pousser le matériel sur le côté de la scène pour laisser la place à Johnny Marr, des journalistes s’approchent pour quelques questions improvisées ; « on n’avait pas prévu, mais on a adoré le concert ». Encore un bon point. Sur la route des loges, même des agents de sécurité saluent le groupe, « sacré concert, c’était génial ». Tout sourire, les quatre musiciens vont alors entamer un marathon d’interviews avant de pouvoir, enfin, se poser et savourer les félicitations qui arrivent toujours. Éreintés après une folle journée.

• VIDÉO. Revoir le concert à Rock en Seine :

Avec Jon Spencer

Un moment incroyable que « l’on n’imaginait pas dans nos caves à Rouen » ! En composition depuis un an et demi, le premier opus, Kids Are Lo-Fi, autoproduit avec la complicité d’Adrian d’Epinay (MNNQNS) et Hugo Magontier (SerVo), a paru en octobre 2018. Depuis, tout s’enchaîne pour WHYPD. Leur rock garage-noise-punk et, surtout, leur incroyable vitalité scénique plaisent et ont vite attiré les regards.

Parrainé par le 106, la salle de musiques actuelles de Rouen, WHYPD y a même assuré la première de Jon Spencer et ses HITmakers en avril, expressément choisi par le chanteur-guitariste new-yorkais. Signés chez 3C depuis quelques mois, le quatuor est bichonné par Pierre. Le booker ne s’y est pas trompé : le groupe est très demandé et les propositions affluent.

L’album dans la tête

« Ce n’est que le début de l’aventure », répétait Pierre, vendredi. Il a raison. Déjà, près d’une trentaine de dates sont calées pour l’automne, à partir du 13 septembre (voir encadré ci-dessous).

Quant au  deuxième album, « il est déjà tout prêt dans nos têtes », assure Raphaël. Reste à trouver un peu de temps entre toutes ces dates pour en concrétiser l’enregistrement.

Sophie Bordier

EN IMAGES. Dans les coulisses avec les membres du groupe :













Informations pratiques :
Toutes les infos sur WHYPD via sa page Facebook.
L’album est disponible en ligne

Les dates de la tournée de WHYPD :
13 septembre : Anniversaire Le Temps Qu’il Fait – Mellionnec (22) ;
14 septembre : Rock in the Barn – Ecos (27) ;
26 septembre : Le Bouillon – Orléans (45) ;
28 septembre: Foul Weather Festival – Le Havre (76) ;
3 octobre : La Maroquinerie avec MNNQNS – Paris (75) ;
5 octobre : Le Portobello Club – Caen (14) ;
11 octobre : Les Passagers du Zinc – Besançon (23) ;
12 octobre : La Laiterie avec Mars Red Sky – Strasbourg (67) ;
24 octobre : La Luciole – Alençon (61) ;
25 octobre  – Le Cluricaume – Poitiers (86) ;
26 octobre – L’Ampli – Pau (64) ;
31 octobre : Le Chabada avec Last Train – Angers (49) ;
2 novembre : Festival Les Indisciplinés – Lorient (56) ;
7 novembre : La Belle Electrique avec Last Train – Grenoble (38) ;
8 novembre : La Vapeur avec Last Train – Dijon (21) ;
9 novembre : Le Bistrot des Tilleuls – Annecy (74) ;
10 novembre : Les Arcades – Aix-en-Provence (13) ;
14 novembre : Festival Rise and Fall – Niort (79) ;
6 décembre : L’Usine à Chapeaux avec Rendez-Vous – Rambouillet (78) ;
13 décembre : File 7 – Magny-le-Hongre (77) ;
14 décembre : Le Trockson – Lyon (69) ;
19 décembre : La Nouvelle Vague avec Lysistrata – Saint-Malo (35) ;
5 février : La Boule Noire – Paris (75).

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