REPORTAGE. Au pollinarium du Havre, on veille avec attention sur vos allergies !

REPORTAGE. Au pollinarium du Havre, on veille avec attention sur vos allergies !

Le vulpin des près est l'un des graminée les plus allergène en Normandie.

Le vulpin des prés est l’une des graminées les plus allergènes en Normandie. (©ML/Normandie-actu)

Au Havre (Seine-Maritime), un pollinarium a pris place à l’entrée nord des Jardins suspendus depuis 2016. Ce jardin de plantes sauvages surveille les allergies qui chatouillent les narines des plus sensibles dès que le printemps pointe le bout de son nez.

Une structure unique en Normandie

Cette structure est unique en Normandie. « C’est un outil vivant d’observation d’apparitions de pollens », explique Jean-Marie Hébert, chef de secteur aux Jardins suspendus.

Selon un protocole de collecte bien précis, une vingtaine de plantes ont été prélevées dans un rayon de 25 km à vol d’oiseau autour du Havre, de Fécamp, Bolbec, jusqu’à Deauville (Calvados). « Les graminées sont les plantes les plus allergènes, ça démarre fin mars et ça se termine en juin, juillet. Les pollens des noisetiers et des aulnes, avec les changements climatiques, démarrent de plus en plus tôt, soit avant Noël ! », assure Jean-Marie Hébert.

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Un précieux outil d’information

Tous les jours, un jardinier vient observer les plantes allergènes normandes. « Il regarde de près les pollens. Dès qu’il en voit, il le notifie dans une plateforme numérique dédiée. » Ensuite, Atmo Normandie, l’association de surveillance de la qualité de l’air dans la région, valide le bulletin d’alerte pollens qui sera envoyé aux 600 internautes abonnés et publié sur le site Internet Alerte pollens.

« Cela permet aux personnes allergiques de savoir quand commencer à prendre leur traitement », continue Jean-Marie Hébert.

Quand les jardiniers, qui ont reçu une formation spécifique pour le pollinarium, ne voient plus de pollens, ils le précisent également dans la newsletter afin que les allergiques puissent arrêter leur traitement.

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De plus en plus de personnes allergiques

Les jardiniers travaillent en osmose avec une allergologue du Havre, Véronique Leclercq. « Notre pollinarium évolue en fonction des pathologies. Si l’allergologue veut ajouter une plante car elle l’a identifiée comme allergène, nous pouvons l’ajouter. Et vice versa, si elle se rend compte qu’une plante ne provoque plus d’allergie, on peut l’enlever du pollinarium. »

Ce jardin a une visée informative et scientifique. Avec la pollution et le réchauffement climatique, les allergies touchent de plus en plus de personnes. Environ 20 % des enfants et 30 % des adultes seraient concernés en France par les allergies.

Le pollinarium rentre dans le cadre du Plan régional santé environnement de Normandie (PRSE) 2017-2021, qui préconise de « renforcer la surveillance pollinique ».

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Des plantes sauvages pas si faciles à entretenir !

Composé uniquement de plantes sauvages, le pollinarium donne du fil à retordre aux jardiniers botanistes de la Ville du Havre. « C’est paradoxal pour nous, jardiniers des espaces verts, de cultiver des mauvaises herbes, et ce n’est pas si facile ! », assure Jean-Marie Hébert.

Plus riches à l’état naturel, les sols du pollinarium ne sont pas toujours adaptés aux plantes sauvages. « Nous, on les force à rester là alors qu’à l’état naturel, elles poussent où elles se sentent le mieux, poursuit le jardiner havrais. Nous devons aussi reproduire les habitudes de l’état naturel : on fauche au mois de juin comme si on était sur des bords de route, on piétine certaines plantes qui ont l’habitude que les vaches leur marchent dessus… » C’est tout un art !

EN IMAGES. Visite du pollinarium du Havre :





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