Les 150 résidents de l’une des antennes de l’Ehpad Les Escales, au Havre, ont dû être évacués lors d’une opération de déminage (©MC Nouvellon / 76actu)
Certains pensionnaires avaient le sourire, mercredi 31 juillet 2019, dans les couloirs de l’Ehpad de Dollemard, s’amusant de « ce sacré déménagement », poussant même la chansonnette en attendant d’embarquer dans le bus. D’autres, un peu perdus, s’inquiétaient de savoir où ils partaient, interrogeant les soignants pour savoir quand ils prendraient leur petit-déjeuner.
Comme tous les habitants de ce quartier du Havre (Seine-Maritime), les 150 résidents de l’Ehpad Les Escales devaient en effet avoir quitté les lieux avant 9 heures du matin. Une évacuation liée à l‘opération de déminage d’une bombe de la Seconde guerre mondiale, découverte sur le chantier du stade Youri Gagarine, juste à côté.
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Quinze jours de préparation avant l’évacuation
« C’est parti Mesdames, on va y aller gentiment », encourage une aide soignante, traversant le couloir, une résidente à chaque bras. « Beaucoup ont besoin d’être rassurés », explique l’une de ses collègues, tout en vérifiant sur sa liste que les patients passant devant elle montent à bord du bon bus.
Mais d’autres sont très contents, nous avons par exemple un monsieur qui va passer la journée dans son ancien Ehpad, il est ravi de retrouver ses copains là-bas.
Avant d’embarquer à bord des bus affrétés spécialement pour l’évacuation, les soignants rassurent certains résidents inquiets. (©MC Nouvellon / 76actu)
Dès 6 heures du matin, la petite fourmilière de l’établissement s’est activée pour préparer les résidents au départ. « Une quinzaine de personnes, plus dépendantes, ont été transférées hier et pour 48 heures, pour éviter qu’elles ne soient trop perturbées », ajoute Isabelle Gérard, directrice par intérim.
Organiser le transport en bus ou en ambulance, trouver une place à chacun dans les autres résidences que l’Ehpad compte au Havre… Ce déménagement d’un jour a été minutieusement orchestré et préparé depuis 15 jours. « Sur place, ils sont accueillis par les soignants de leur unité », poursuit la directrice, qui précise qu’une cinquantaine de personnes sont venues renforcer les effectifs pour assurer le bon déroulement de la journée.
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Coordonner, aider et rassurer
Parmi eux, des secouristes de l’ADPSE ou encore du personnel d’établissements voisins. Il n’en fallait pas moins pour aider chacun à s’orienter et grimper à bord des bus, installer les fauteuils roulant dans les différents véhicules ou encore veiller à ce que certains ne partent pas « se promener » ailleurs.
Le tout en seulement deux heures ! Une expédition qui a amusé quelques résidents – « et puis ça ne sera pas long » relativise l’une d’entre elles – mais qui n’a pas été sans en perturber d’autres.
Si les accompagnants étaient aux petits soins – « ils m’ont demandé de mettre le chauffage, c’est normal mais j’ai eu l’impression que c’était à nouveau la canicule », s’amuse un chauffeur de bus – nul doute que les résidents ont apprécié de retrouver, en fin de journée, le confort de leur chambre d’ici la fin de l’après-midi.



