C’est une mobilisation inédite pour ces usagers de la TCAR à Rouen, puisqu’ils ont décidé de lancer leur deuxième pétition après la grève perlée. (©Illustration/MN/76actu)
Les usagers en colère de la TCAR sont très remontés. Depuis le 21 février 2020, ce collectif de citoyens a adressé à la compagnie de transports en commun de Rouen (Seine-Maritime) une lettre, ainsi qu’une pétition contestant les montants et conditions de remboursement mises en place après la grève. Il s’agit de « la deuxième pétition » que les usagers formulent. La première, qui remonte au mois de janvier, demandait déjà une « indemnisation » des titres de transports sur la période de grève perlée du 24 septembre au 31 décembre 2019, mais aussi sur les perturbations des mois de janvier et février 2020.
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Contestation du montant de l’indemnisation attribuée aux usagers de la TCAR https://t.co/KYK1MWJvxQ via @mesopinions_com
— CABAS Edith (@cabas_edith) February 24, 2020
Sans réponse de la compagnie, les usagers avaient finalement été avertis sur internet que la TCAR et la Métropole de Rouen avaient cédé à leurs exigences, et que les voyageurs allaient être remboursés. Mais les conditions de cette indemnisation ne les ont pas convaincus. Désormais, ces utilisateurs réguliers des transports en commun espèrent bien que leur nouvelle pétition – qui avoisine les 100 signatures le 26 février – fera enfin réagir l’entreprise. De toute manière, « s’ils ne donnent pas de réponse, on continuera de leur envoyer des lettres », prévient Céline, une des usagères en colère à l’origine de la contestation.
Un formulaire pour obtenir un avoir « ridicule »
Ce qui dérange le plus Céline, c’est la forme et surtout le montant de ce remboursement du « préjudice subi ». Une autre usagère, Emmanuelle, trouve même cette façon de faire « totalement aberrante ». En cause, un formulaire en ligne « à rallonge » mis à disposition par la Métropole de Rouen qui permet d’obtenir « seulement un avoir » sur son prochain abonnement. Une solution jugée « ridicule » par les deux femmes, qui expliquent qu’en convertissant ce bon, on n’obtient qu’un « remboursement de 20 euros, alors que trois mois d’abonnement représentent tout de même 124 euros ».
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🔵La Métropole dédommage les usagers des transports en commun suite aux mouvements de grève menés au sein de la société TCAR.
👉Pour bénéficier de l'avoir, un formulaire en ligne sur @reseauastuce est à remplir.
Le détail ici ▶️https://t.co/rqSgxZLZrt— Métropole Rouen Ndie (@MetropoleRouenN) February 17, 2020
Ils ne veulent « pas être prélevés »
Pour pallier leurs pertes, les usagers réclament donc un remboursement sur trois mois pour les abonnements annuels et mensuels. C’est à dire qu’ils demandent à ne « pas être prélevés » sur les trois prochains mois, et pas non plus avec « un avoir ». Une demande qui leur semble justifiée, au vu des « frais supplémentaires » qu’ont engendrés ces perturbations. D’autant plus que les interruptions du trafic de 55 minutes pendant la grève ont souvent « duré bien plus longtemps » selon les deux femmes, allant parfois même jusqu’à « trois heures d’attente » pour avoir un bus.
De son côté, la Métropole campe sur ses positions : « Ce principe de dédommagement est le même que celui appliqué en 2016 lors de précédents mouvements de grève dans les transports en commun sur le territoire métropolitain. Nous comprenons que certains usagers puissent ne pas le trouver à la hauteur des diverses nuisances subies de septembre à décembre par les habitants du territoire. Mais les élus métropolitains ont considéré qu’il était adapté à la gêne occasionnée par le mouvement de grève au sein de la TCAR qui, rappelons-le, a pris la forme d’une grève perlée quotidienne de 55 minutes. Pour rappel, le coût de ce dédommagement est estimé potentiellement à 470 000€ pour la Métropole Rouen Normandie. »
La TCAR, elle, n’a pour l’heure pas répondu à nos sollicitations.