Quel avenir pour le restaurant Bovary, à Ry, en Seine-Maritime ?

Quel avenir pour le restaurant Bovary, à Ry, en Seine-Maritime ?

Des volumes à fort potentiel pour un restaurant qui fait partie du patrimoine de la commune de Ry (Seine-Maritime : l’établissement est à vendre !

Des volumes à fort potentiel pour un restaurant qui fait partie du patrimoine de la commune de Ry (Seine-Maritime : l’établissement est à vendre ! (©Isabelle Villy/Le Bulletin de l’arrondissement de Rouen)

« Ça fait un sacré vide dans la commune », constate avec tristesse le maire de Ry (Seine-Maritime), Christophe Hoguet, en évoquant le restaurant Bovary, dont un panneau affiche qu’il est à vendre. « C’est un bijou patrimonial de notre bourg, doté d’une vraie histoire », ajoute l’élu, qui veut croire qu’un repreneur pourra encore être trouvé pour faire redémarrer l’affaire.

Au départ, c’était la Rôtisserie Bovary

Quoi qu’il en soit, le propriétaire, lui, se dit « écœuré » et souhaite désormais que le restaurant soit vendu. Il a été le chef du lieu de 1988 à 1997, mais après avoir décidé de raccrocher son tablier, plusieurs personnes lui ont succédé, jusqu’aux derniers locataires, qui sont restés trois ans. Puis l’affaire a périclité. 

« J’ai beaucoup travaillé ici, quand j’ai racheté ce restaurant en 1988. Le lieu s’appelait alors La Rôtisserie Bovary et pour me lancer, j’ai mis ma maison en gage pour que les banques me prêtent l’argent », se souvient M. Sannier, qui est toujours propriétaire des murs. Dire qu’il n’a pas un petit pincement au cœur quand il traverse la grande salle de restaurant du rez-de-chaussée, avec sa majestueuse cheminée, serait mentir mais aujourd’hui, il souhaite en finir et souhaite tout vendre.

« Ce serait évidemment l’idéal qu’un jeune couple, avec un chef cuisinier, relance cette affaire. Il faut en vouloir c’est sûr, mais il y a un tel potentiel », constate M. Sannier, convaincu que cet établissement, situé en plein cœur du bourg de Ry, attaché pour toujours à Flaubert et son héroïne Emma Bovary, peut renaître.

« On me dit souvent que c’était le bon temps »

Bovary, Table d’Oscar, La Mélodie du Bovary… Les noms ont changé, certes, mais presque tous avaient en effet en commun le nom de l’héroïne de Flaubert. « À l’époque, on faisait souvent salle comble. On recevait les anciens pour le banquet de la commune mais aussi les anciens combattants. Puis, on avait aussi des cars entiers qui venaient faire escale durant une excursion », se souvient le propriétaire, qui en a passé des heures aux fourneaux, pour concocter une cuisine traditionnelle qui plaisait, aux groupes ou aux familles qui venaient le dimanche…

On pouvait faire de 100 à 150 couverts les week-ends et les gens venaient aussi s’asseoir en terrasse.

« On me dit souvent que c’était le bon temps », confie le propriétaire, convaincu qu’il ne faudrait que la ténacité et le courage d’un jeune cuisinier, avec des idées pour rafraîchir le lieu pour faire repartir cette belle histoire… « Si j’avais vingt ans de moins, je me relancerai, mais là c’est trop tard pour moi… ».

Prix de mise en vente : 260 000 euros

Le bien est en vente chez les notaires, pour le prix de 260 000 euros… Une somme évidemment, mais pas si imposante qu’il n’y paraît et qu’il faudrait plus considérer comme un investissement dans le cas de la remise en route d’un restaurant.

Si aucun acquéreur n’était tenté par l’aventure d’un nouveau restaurant, dont le bourg aurait pourtant besoin, M. Sannier indique que le lieu peut aussi être vendu pour être aménagé en logements. Spacieux, avec deux étages et une cour à l’arrière, l’ancien restaurant se prêterait en effet idéalement à ce type de transformation. Mais même s’il souhaite vendre à court terme, ce n’est évidemment pas cette piste que le propriétaire préfère… Une affaire à suivre…

« On a même contacté SOS Villages, sur TF1 »

« On y a réfléchi en conseil municipal, mais le prix du bien et les travaux à réaliser sont d’un coût trop élevé pour notre budget, d’autant que nous avons d’autres travaux avec le cabinet médical », fait valoir le maire Ry Christophe Hoguet qui tient pourtant à tout faire pour que le lieu reste un restaurant.

« On est prêt à accompagner et d’ailleurs on a déjà alerté la Chambre de commerce », poursuit l’élu, qui a également posté ces jours-ci une demande sur le site de TF1, SOS Villages, dont Jean-Pierre Pernaut parle très souvent dans son JT de 13h.

Pour Christophe Hoguet, Le Bovary c’est tout un pan de l’histoire de la commune où de nombreuses personnes ont des souvenirs.

On venait ici pour manger de la cuisine gastronomique, avec des produits du terroir. Je me souviens des coquilles Saint-Jacques à la Bénédictine par exemple.

L’élu regrette que les successeurs n’aient pu poursuivre sur cette lancée. « Avant on disait souvent qu’on faisait le détour pour venir manger à Ry », se souvient encore le maire, qui regrette que désormais cette bonne adresse du Bovary ne puisse plus être transmise par le bouche-à-oreille. Mais le maire est déterminé à faire tout ce qu’il pourra pour que le village de Ry retrouve un chef, prêt à se retrousser les manches pour amener son talent, sa créativité… et sa capacité d’investissement dans la commune. L’appel est désormais lancé.

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