Musée, sorties… Pendant une semaine, les enfants sahraouis vivent au rythme des familles de Gonfreville-l’Orcher qui les accueillent. (©MC Nouvellon / 76actu)
La barrière de la langue n’arrête pas les jeux d’enfants. Comptines en français et chansons en dialecte arabe se mélangent sur le parvis du muséum du Havre (Seine-Maritime), mardi 30 juillet 2019. La visite des lieux est terminée et les neuf enfants sahraouis jouent encore quelques minutes avec leurs camarades avant de regagner les familles qui les accueillent, le temps des vacances, à Gonfreville-l’Orcher.
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« Ce sont les enfants qui ont réclamé que l’on fasse famille d’accueil »
Pendant une semaine, ces enfants originaires du camp de réfugiés de J’Refia, en plein désert algérien, profitent en Normandie d’une sortie en mer, d’une balade en forêt ou encore d’une baignade à la piscine avant un séjour en Savoie. Un voyage rendu possible grâce au jumelage qui existe entre les deux communes depuis plus de 20 ans.
« Ce sont les enfants qui ont réclamé que l’on fasse famille d’accueil, raconte Esméralda. Ils partaient en Savoie avec eux depuis plusieurs années. » Pour la première fois donc, sa famille reçoit Nguia, âgée de 10 ans. « Elle a le même âge que mon fils Paul, ça lui fait plaisir de l’avoir à la maison. »
Cet été, huit enfants sahraouis passent une partie des vacances au sein de famille de Gonfreville-l’Orcher, près du Havre. (©MC Nouvellon)
« On va pleurer quand ils vont repartir »
Au programme pour le petit groupe, différentes activités et sorties mais aussi du temps libre passé en famille. « C’est un peu dur au début avec la barrière de la langue, mais tout se passe très bien », assure Amandine, qui reçoit elle aussi des enfants.
« Ils découvrent plein de choses, s’amuse-t-elle. Le week-end dernier, nous avions un mariage et ils étaient très étonnés de voir que les hommes et les femmes se mélangeaient. »
C’est sûr que c’est un changement complet par rapport à la vie dans le camp, reconnaît Serge, qui chapeaute l’échange. Là bas, il fait 50° degrés l’été, ils n’ont l’électricité que depuis deux ans.
Après une semaine en Normandie, les enfants passeront la seconde partie de leur séjour en Savoie. (©MC Nouvellon)
Dans le quotidien, les mamans notent aussi les petits différences. « On remarque par exemple qu’ils font très attention à la consommation d’eau, ça fait réfléchir », souligne Esméralda. Et s’ils ne boudent pas leur plaisir de goûter un hamburger ou des frites, la découverte des petits-poids-carottes n’a pas remporté le même succès, sourient-elles.
L’expérience est particulière, riche en découvertes mais aussi en émotions pour chacun des participants. « C’est sûr, on va pleurer quand ils vont repartir », assure Amandine. « Ce que l’on souhaite au fond, c’est qu’ils ne viennent plus ici, souffle l’un des accueillants. Cela voudra alors dire que la situation a évolué et que c’est avec leurs parents qu’ils partiront en vacances. »
Quelle situation au Sahara occidental ?
Ancienne colonie espagnole, ce territoire, situé entre le sud du Maroc, l’ouest de l’Algérie et le nord de la Mauritanie, n’a pas de statut clairement défini depuis 1975. Le Maroc le revendique tandis que la République arabe sahraouie démocratique réclame son indépendance.
Aujourd’hui, plus de 25 ans après le cessez-le-feu signé entre les deux parties, près de 180 000 réfugiés sahraouis vivent toujours dans les camps de Tindouf, ville située dans le désert à l’ouest de l’Algérie, dans des conditions extrêmement difficiles.