Près de Rouen, le texte touchant d’une poétesse sur les attentats de Charlie hebdo

Près de Rouen, le texte touchant d’une poétesse sur les attentats de Charlie hebdo

À 24 ans, Marine parle pour la première fois de sa passion pour la poésie.

À 24 ans, Marine Petit parle pour la première fois de sa passion pour la poésie. (©André Morelle)

Marine Petit a 24 ans, a grandi à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime) où vit sa famille. Elle poursuit sa formation en organisation et logistique dans le monde du dessin animé. Sa passion intime, c’est la poésie. Elle se livre à travers ses textes en vers. « Contre la violence du monde, je souhaite agir à mon niveau avec rimes et mots, explique-t-elle. Ça me tient à cœur. »

Elle résume en un alexandrin : « Paraît qu’la poésie, ça adoucit les mœurs ! » Il y a cinq ans, elle avait écrit un poème touchant après les attentats de Charlie Hebdo, Paris Charlie, qu’elle révèle aujourd’hui.

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Du Belvédère à l’association européenne du film d’animation

Marine est née au Belvédère de parents cauchois. Son parcours ? Collège Jean-de-la-Varende, lycée Corneille de Rouen, Bac S avec mention, prépa commerce 2 ans à Paris, École supérieure de commerce Audencia à Nantes pendant 4 ans, stages dans l’événementiel et le spectacle. Elle fréquente assidûment les salles de cinéma, de théâtre, de concert, les plateaux télé (On n’est pas couché, Vivement dimanche prochain, le Grand oral). Aujourd’hui à Bruxelles, elle travaille au sein de l ‘association européenne du film d’animation.

Elle avait pris du retard sur la lecture jusqu’à 19 ans. Elle l’avoue. Elle se rattrape aujourd’hui. Sur son chevet : toujours les Fables de La Fontaine, un peu de Molière et de Corneille, du Bussi et du Joffo, mais aussi les intégrales des chanteurs-poètes : Lama, Barbara, Brassens, Ferrat, Aznavour, Ferré et Brel !

2015, année faste pour l’écriture

Le 7 janvier 2015, attentat terroriste à la rédaction de Charlie Hebdo. Son cœur saigne, son cœur parle. Elle écrit son poème en un éclair. Elle échange alors avec Mathieu Madénian, auteur, humoriste catalan décapant, chroniqueur chez Michel Drucker. Elle le rencontre au Salon du livre de Paris. Il l’encourage : « Tu as une belle plume, continue. Passe me voir après mes spectacles, au théâtre. On en parle. »

Confortée, elle continue à écrire sous le regard de sa muse. Elle combine les mots, les sonorités, les rythmes pour faire jaillir émotions et sensations. L’année 2015 sera une période faste pour écrire. Les sujets sensibles qui la mobilisent et l’inspirent ? L’injustice, le terrorisme, le vivre-ensemble, l’Histoire pour tenter d’expliquer l’inexplicable et bien sûr l’amour, la passion. Elle s’ouvre à sa sœur aînée Hélène, à son frère Aurélien, à ses parents et à deux amies.

Dire ses textes en public

Cette grande passionnée écrit pour elle mais ressent de plus en plus le besoin de partager et de connaître ce que l’on pense de ses textes poétiques. Nous sommes aujourd’hui en 2020. Elle a grandi, elle a mûri. Charmante, yeux pétillants, front large volontaire, large bouche rieuse, elle améliore sa rime et choisit mieux les mots qui percutent…

Ce qui lui manque le plus ? Le temps pour faire aboutir en vers ses idées, ses sentiments, son ressenti, la force d’un témoignage sa petite musique intérieure. Trouver du temps aussi pour démarcher, publier pour être lue, dire ses textes en public. Ce n’est pas encore Minou Drouet mais quand même !

De notre correspondant André Morelle

Le texte de Paris Charlie : 
Paris, avant janvier, tu étais remplie de gaieté.
Pleine de vie, la Tour Eiffel illuminée
T’éclairait, toi la capitale et tes musées.
Sur le pont des arts, les amants se promenaient.
Et pour une nuit ou pour toujours,
Tu restes la ville de l’amour.

Mais deux hommes sont arrivés,
En moins d’une heure ils t’ont brisée.
Quand Reggiani parlait de loups,
Aujourd’hui, moi, je parle de fous.
Pourquoi autant de haine envers la France
Pays où l’on apprend la tolérance… / les différences…

Refrain :
Paris, somptueuse ville de lumières,
Jamais personne ne te fera taire.
Et si tes armes ne sont plus les mêmes,
C’est encore la liberté que tu sèmes.
On m’avait dit qu’l’union faisait la force.
J’m’en rends compte au moment le plus atroce.

Paris, endeuillée, tu as su te relever.
Ils t’ont touchée au cœur, bafouant les libertés,
Toutes les valeurs, si chères à ta pensée.
Ils étaient dans l’erreur, ils n’avaient pas prévu
Que jamais tu ne meurs, même prise au dépourvu.
On porte toujours des fleurs aux âmes disparues.

Alors pour cette marche tous réunis,
Plus d’un million en une après-midi.
De République jusque Nation,
Contre l’horreur une belle union.
D’une seule voix forte nous avons dit :
« Tous aujourd’hui nous sommes Charlie ».

Refrain

Paris, les forces armées ayant brillé,
Tu retrouves une certaine sérénité.
Ça avait un p’tit air d’mai 68,
Et puis on a même revu Cohn Bendit.
Bien sûr ces quelques jours ont pu faire peur,
Mais jamais ne régnera la terreur.

Et maintenant il faut garder
Ce bel élan d’fraternité.
La mémoire part vite, ne l’oublie pas,
L’histoire l’a montré plus d’une fois.
Trois semaines après ‘faut s’en souvenir,
Et même plus loin dans l’avenir…

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