La famille de Steeve Legros et Denis Lecomte ont appris, mardi 10 septembre 2019, lors du procès du Cuba libre qu’ils étaient morts enlacés dans les bras l’un de l’autre. (©RT / 76actu)
Émotion difficilement supportable lors de la deuxième journée du procès des deux gérants du bar le Cuba libre, mardi 10 septembre 2019. Lors de l’audition d’un pompier, Alain et Jeanne-Marie Legros ont enfin appris comment étaient morts leurs deux fils, Steeve et David. « Ils étaient enlacés dans les bras l’un de l’autre, complices », se rend compte leur père, mardi midi.
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« J’ai vu plusieurs corps enchevêtrés les uns sur les autres »
« Cela faisait trois ans qu’on cherchait à comprendre où est-ce qu’ils étaient pendant l’incendie », fondent en larmes les deux parents. La réponse est venue du sapeur-pompier, Anthony Le Corre, qui est intervenu dans la nuit du 5 au 6 août 2016, pour extraire les corps. « C’était une galère pour retirer les victimes. J’ai vu plusieurs corps enchevêtrés les uns sur les autres ». Lors de son audition, ce pompier dit se souvenir « des visages des victimes comme si c’était hier ».
Anthony Le Corre @Sdis76 quitte la salle sous les applaudissements des parties civiles et quitte le tribunal après son témoignage #CubaLibre pic.twitter.com/INcPtkrl2s
— Raphaël Tual (@raphtual) September 10, 2019
« Ils étaient assis parterre, enlacés, tête contre tête »
Anthony Le Corre s’attarde sur le cas de deux victimes du Cuba libre. Il dit se souvenir deux deux « frères ou cousins qui se ressemblaient, enlacés l’un contre l’autre ». L’avocate de la famille de Steeve et David, Me Marie-Hélène Mérigot, fait part au tribunal qu’il pourrait s’agir des deux demi-frères et demande au pompier à la barre de décrire leur position. « Ils étaient assis par terre, enlacés, tête contre tête », répond le soldat du feu. « Je pense que les deux frères ont vu leur mort arriver. C’est aussi le sentiment que vous avez ? », demande l’avocate. « Oui », répond Anthony Le Corre.
Un témoignage qui bouleverse leur famille, présente sur les bancs des parties civiles. « À son décès, David avait un visage agressif », précise Alain Legros. « La rage de ne pas s’en sortir », reprend son épouse. Pour le père des deux garçons, c’est un réconfort d’enfin savoir :
Ils étaient dans le fumoir. Ils sont partis dans les bras l’un de l’autre et ça confirme qu’ils ont toujours vécu comme ça, dans la complicité.
Les parents de Steeve (35 ans) et David (41 ans) cherchaient depuis trois ans à savoir où étaient leurs fils au moment du drame. Alain et Jeanne-Marie Legros ont eu la réponse aujourd’hui #CubaLibre @76actu pic.twitter.com/xVZ7CrWPX4
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Son bébé mort dans un incendie en 2011
Ce qui rajoute au tragique effroyable, c’est que la fille de Steeve, un bébé de 18 mois, est décédée dans l’incendie d’un appartement situé dans le quartier de la Grand Mare à Rouen, en 2011. « Il est parti comme sa fille », lâche épouvantée sa sœur Karen.
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L’issue de secours de la cave était verrouillée au moment du drame. Tous ont été piégés dans le sous-sol et certains, huit ou neuf, ont semble-t-il voulu « se réfugier dans le fumoir pour attendre les secours », imagine Antony Le Corre qui ajoute :
Si la porte n’avait pas été verrouillée, tout le monde serait sorti de cet incendie.