Lundi 16 décembre 2019, deux jours après l’incendie qui a touché une unité de la raffinerie Total située près du Havre (Seine-Maritime), des unités satellites fonctionnent. Un CSE extraordinaire doit avoir lieu dans la semaine : les syndicats ont de nombreuses questions sur « cet accident industriel majeur ». (©M-B/76actu)
Samedi 14 décembre 2019, un incendie s’est produit sur le site de la plus grande raffinerie Total de France à Gonfreville l’Orcher, près du Havre (Seine-Maritime). Le feu a été éteint le jour même. En revanche les conséquences sur la production devraient prendre plusieurs jours. Du côté des syndicats, on annonce un Comité social et économique extraordinaire dans la semaine. La CGT a annoncé qu’elle demanderait une expertise poussée pour notamment connaître les causes du sinistre au sein du site classé Seveso seuil haut.
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« Un accident industriel majeur »
Pour le syndicat CGT Total, c’est sans équivoque : « Ce qu’il s’est passé samedi 14 décembre n’est pas un incident mais un accident industriel majeur qui a des conséquences sur plusieurs outils de production. » Thierry Defresne, le Havrais présent au siège de Total à Paris ce lundi soutient : « Il va falloir une enquête sérieuse pour déterminer les causes mais pas que… » Le syndicat qui assure que quatre personnes ont été choquées à la suite de cet incendie évoque également des carences liées au matériel des pompiers sur place.
La direction nous a fait savoir dimanche qu’un Comité social et économique extraordinaire aurait lieu dans la semaine, indique Thierry Defresne.
C’est lors de cette réunion que les syndicats vont demander « une enquête de la commission santé, sécurité et conditions de travail sur ce qu’il s’est passé ». « C’est effectivement un événement rare et on a besoin en plus d’un retour sur expérience, de détails sur les raisons de cet incendie. »
Toutes les vérifications ont -elles été faites avant la remise en route ?
Les syndicats veulent en effet savoir si l’incendie de pétrole brut qui s’est déclaré au sein d’une unité de raffinage de l’usine Total, sur une pompe servant à faire circuler le pétrole brut au sein de la raffinerie, a pris « de la pompe elle même ou d’un élément extérieur. » En septembre dernier, travaux et inspection ont nécessité la mise à l’arrêt pendant deux mois de la raffinerie.
La reprise de l’activité était opérationnelle depuis plusieurs jours mais il faudra vérifier que tout a été vérifié avant la remise en route, indique le syndicaliste.
Dans son dernier communiqué Total a indiqué lundi 16 décembre 2019 à 14 heures : « Le plan d’opération interne (POI), déclenché samedi 14 décembre à 4h10 suite à un incendie sur une unité de la raffinerie de la plateforme Normandie, est levé. Les opérations de réglage des unités et de nettoyage de la zone concernée par l’incendie se poursuivent. La raffinerie continue de fonctionner partiellement et les expéditions de produits sont assurées. Total met tout en œuvre pour qu’il n’y ait pas de conséquence sur la chaîne logistique d’approvisionnement en carburants. Les unités pétrochimiques fonctionnent quant à elles normalement. Les investigations se poursuivent pour déterminer l’origine de l’incendie. »
Selon Thierry Defresne : « Il y a des unités satellites qui fonctionnent ce lundi mais l’unité touchée par l’incendie nourrit, via son traitement primaire du pétrole brut, toutes les autres sur site. Reste donc à savoir combien de temps il faudra pour que toutes les réparations soient effectuées et si les unités en marche aujourd’hui vont pouvoir continuer de tourner. »
La question des secours sur place
La plus grande raffinerie de France a déclenché son Plan d’opération interne (POI) à la suite de l’incendie. « Sur site, nous avons entre huit à dix pompiers pour chaque quart, explique la CGT.
À plusieurs reprises, nous avons indiqué à la direction que le matériel dont disposent les pompiers n’est pas adéquat. L’enquête devra également, nous le demanderons, déterminer s’ils ont bien pu faire leur travail et s’ils avaient les équipements adaptés. »