Diplômée en maraîchage biologique, Elsa Martin propose des conseils pour cultiver un potager naturel en Normandie. (©Elsa Martin / Binette et Grelinette )
Non, la permaculture ne permet pas de se passer d’eau. Elle ne consiste pas non plus à cultiver uniquement son potager sur des buttes autofertiles. Pour Elsa Martin, qui a lancé en avril 2019 Binette et Grelinette, une entreprise de Lion-sur-Mer (Calvados) qui propose des conseils pour cultiver un potager naturel et biologique, la définition est précise et bien pensée :
S’il fallait résumer la permaculture, et ce n’est pas simple, je dirais que c’est un mix entre le bon sens paysan que notre génération a perdu et l’utilisation des bonnes connaissances agronomiques que les anciens n’avaient pas vraiment.
Un exemple concret ? Dans son jardin potager normand de 25 m2 particulièrement bien agencé, la spécialiste a sorti de terre pas moins de 80 kg de légumes en tous genres l’année dernière. La spécialiste confie même un petit secret : « Je cherche à faire grimper tout ce qui en est capable pour gagner un maximum de place. »
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« On peut quasiment faire pousser ce qu’on veut en Normandie »
C’est encore loin du record du jardinier Joseph Chauffrey, qui a réussi l’exploit de récolter pas moins de 400 kg de légumes sur un espace de 50 m2, mais tout de même une jolie performance à souligner.
Pour Elsa, quand on jardine, il faut aussi savoir observer la nature pour la comprendre et « savoir utiliser au mieux les ressources déjà sur place ». En somme, s’adapter intelligemment à son espace de culture, et non l’inverse. Et grâce à cela, on peut avoir de belles surprises.
On peut quasiment faire pousser ce qu’on veut en Normandie. Nous avons vécu deux étés particulièrement chauds et, par exemple, il n’est plus nécessaire d’acheter des tomates et des poivrons venant du sud. Les cultiver dans son jardin, c’est possible et pas compliqué.
Un petit aperçu de l’une des récoltes d’Elsa en ce début juillet 2019. (©Elsa Martin / Binette et Grelinette )
Pas besoin de matériel dernier cri
Se mettre à la permaculture, c’est aussi accueillir une faune et une flore diversifiées dans son jardin, ce qui contribue à sauvegarder une biodiversité utile, mais menacée.
Et nul besoin de s’équiper du matériel dernier cri pour cultiver chez soi. « Le plus important est de disposer d’une petite gamme d’outil à main. En ce sens, je conseille vivement de se faire offrir une petite grelinette, qui permet d’ameublir la terre sans la retourner en préservant ainsi l’écosystème du sol. »
Même si l’été est déjà entamé, rien n’empêche les jardiniers en herbe de se lancer :
Au 9 juillet, vous pouvez encore planter des choux, des carottes, des haricots, des radis noirs, de la laitue et même des courgettes.
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« Il est impératif de pailler son potager »
Elsa souhaite prodiguer un dernier conseil aux jardiniers voulant tenter l’aventure :
Même si la pluie ne vient pas plusieurs semaines de suite, inutile d’arroser tous les jours son jardin. Un seul gros arrosage par semaine suffira, mais aussi et surtout, il est impératif de pailler son potager. Le recouvrir afin de garder la fraîcheur et l’humidité dans le sol.
Et de terminer en assurant :
Les plantes sont tout à fait capables de s’adapter et de se réguler seules. Nombreuses sont celles qui se débrouillent bien sans un arrosage quotidien !
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Infos pratiques :
Plus d’informations sur le site Binette et Grelinette.
Contact par mail à l’adresse contact@binettegrelinette.com ou via Facebook.