A travers Expotec 103 et le centre d’histoire sociale, Sylvain Engelhard poursuit la mission de son père : la transmission de l’histoire de ces femmes et de ces hommes qui travaillaient derrière les machines exposées. Dans deux ans, l’association du centre d’histoire sociale fêtera ses 40 ans d’existence. Mais dans quelques semaines, Expotec 103, la structure qui y est rattachée, accueille le salon normand de l’artisanat coutelier qui se déroulera les 26 et 27 novembre, de 9 h à 18 h (entrée : 3 euros). Cet événement est l’un de ceux qui ponctuent la saison de ce musée industriel vivant, situé 13, rue Saint-Gilles et qui permet au public de découvrir un lieu incroyable. A sa tête depuis bientôt treize ans, Sylvain Engelhard, 54 ans, mécanicien poids lourd. Le quinquagénaire a pris au pied levé la succession de son père, Jean-Pierre, créateur de l’association et du musée : « Il a fallu prouver qu’on pouvait pérenniser son travail tout en trouvant une autre façon de le présenter avec une nouvelle vision pour le lieu, mais avec la même sensibilité. » Un pari fou, comme il le qualifie lui-même, qu’il relève sans sourciller.L’être humain au coeur de sa missionCar cet univers de métal et d’écrous, ces machines et ces moteurs d’un autre siècle, Sylvain Engelhard les connaît par cœur, englouti dès son plus jeune âge dans la passion dévorante qui animait son père : « Avec mon frère, on était en basket à gratter l’huile des pompes de l’usine de la Jatte pour qu’elles redémarrent. En 1984, on a fait l’inventaire des moulins du Robec. En 1986, on a fait la première descente de la rivière en canoë-kayak, 50 ans après les premiers congés payés. » De ces temps partagés avec son père, l’actuel président de l’association en a conservé une humanité et un humanisme sans faille. Où l’être humain est le cœur même de sa mission. « Ici, c’est un lieu de témoignage par rapport à mon père et à ma mère qui était bénévole, sans qui je n’aurais rien pu réaliser et qui me rappelait toujours ce qu’il y avait à faire. C’est aussi un lieu où l’histoire des femmes et des hommes s’écrit et se mêle à l’Histoire. Car quand je présente une machine à vapeur, je rappelle qu’il y avait un être humain derrière, quelles étaient les techniques utilisées et le contexte social de l’époque. Transmettre aux jeunes générationsQuand je reçois des adolescents, je leur explique que des enfants travaillaient dans des conditions terribles sur certaines machines, il n’y a pas si longtemps. On doit absolument transmettre aux jeunes générations d’où l’on vient. » D’où l’importance également des bénévoles de l’association qui ne comptent pas leurs heures pour bichonner ces monstres d’acier, préparer les manifestations ou simplement passer pour donner une idée et discuter. « Mon père m’a appris ça : on va toujours voir les gens quel que soit le motif, confie Sylvain Engelhard. Aujourd’hui, l’échange se perd de plus en plus. Et pourtant, c’est là qu’est la vraie richesse. » GF