Portrait du mag : Natalya Guzenko-Boudier, « Fruits de la nation »

Portrait du mag : Natalya Guzenko-Boudier, « Fruits de la nation »

Communicante et journaliste, l’Ukrainienne Natalya Guzenko-Boudier a créé à Rouen une association qui construit des échanges culturels pour rapprocher la France et son pays d’origine. Une patrie de plaisir.Kharkiv, la deuxième ville d’Ukraine, à une quarantaine de kilomètres de la frontière russe. C’est là que Natalya Guzenko est venue au monde. Installée à Rouen, elle tremble chaque jour pour la vie de ses proches : « Mes parents, mes frères et leur famille sont là-bas. » Natalya ou l’engagement à fleur de peau. Voilà 8 ans, elle a participé activement à la révolution de Maïdan en apportant de l’argent et de la nourriture aux manifestants retranchés dans leur camp sur la place centrale de Kiev. »La lutte ukrainienne contre l’impérialisme russe dure depuis des siècles. La guerre n’a pas commencé avec le début de l’invasion le 24 février mais en 2014. » Depuis son arrivée en France en 2015 au sortir d’une expérience d’un an à Dubaï comme directrice des relations presse au Moyen-Orient pour Louis Vuitton, Natalya s’attache à battre en brèche les clichés qui collent à son pays d’origine…D’abord un fanzine, puis une association nommée Amuse a muse « L’Ukraine représente autre chose que la victime de Poutine, Tchernobyl, les danses folkloriques, le footballeur Chevtchenko ou le grenier à blé de l’Europe. Nous ne sommes pas un peuple de souffrance. Il y a un humour ukrainien, comme il y a un humour anglais. La musique, le cinéma, la littérature, sont des langages universels qu’il faut utiliser pour changer l’image caricaturale de l’Ukraine. J’en ai pris conscience à ma découverte de la France, époque où j’étais inscrite en auditrice libre à l’Ecole du Louvre. »Elle lance alors un webzine en ukrainien et en russe dédié à l’art de vivre à la française. Elle y parle d’arts, de joaillerie, de parfumerie, de cuisine… Ce média, elle a préféré le mettre en sommeil au regard de l’actualité dramatique de l’Ukraine. Mais elle développe l’activité de l’association qu’elle a lancée pendant le confinement, Amuse a muse, vouée à établir des connexions culturelles entre ses deux patries.On lui doit l’édition et la production du livre La Guerre des champignons, d’Andreï Kourkov et Nikita Kravtsov, la co-organisation de la journée « Cultures ukrainiennes » avec la Ville de Rouen et le Festival A l’Est le 24 mars, et des interventions à Paris : modération d’une table ronde dédiée à l’artiste ukrainien Gueorgui Narbout (créateur de l’identité graphique de l’Etat ukrainien), animation d’une conférence sur Sophie Jablonska (photographe, écrivaine, camerawoman franco-ukrainienne)…France-Ukraine, un lien historique »Historiquement, l’Ukraine appartient à la famille européenne, fait valoir Natalya. Au XIe siècle, Anne de Kiev était la femme du roi des Francs Henri 1er. C’est elle qui a introduit le prénom grec Philippe en Occident en le donnant à leur fils. Cette princesse de Kiev devenue Reine de France a fondé l’abbaye Saint-Vincent, à Senlis. » Natalya incarne le lien entre l’Hexagone et le berceau des Slaves de l’Est : elle a épousé un Rouennais, Basile Boudier.Ensemble, ils ont fondé l’agence de communication digitale Bloomsters. Elle en est la directrice des contenus, forte de ses 11 ans de carrière à Kiev en tant que rédactrice en chef d’abord du magazine Pink, sorte de Cosmopolitan, puis de la version ukrainienne du magazine de mode américain Harper’s Bazaar. Une femme de goût. Une femme debout.

Rouen.fr

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