Formé au Noble Art de Rouen et récent vice-champion d’Europe de boxe de sa catégorie, le Rouennais Lounes Hamraoui met toutes les chances de son côté pour viser la médaille olympique à Paris, en 2024.Le rendez-vous est fixé à la Halle Saint-Exupéry. C’est là qu’est situé le Noble Art de Rouen, le club de boxe fondé par son père en 2006. Là où le jeune homme a marché dans les pas de ses frères et soeurs, anciens champions de la discipline. Lounes Hamraoui s’assoit sur une table, le ring à sa gauche, des posters de lui sur le mur à sa droite. Il baigne dans la lumière orangée des grosses lampes chauffantes.Réservé au premier abord, le jeune homme s’avère disert et n’esquive aucune question. « Je ne vais pas trop vers les gens, mais je suis très sociable ! » Avec Alexis Hanquinquant (para-triathlon), Adèle Brosse (aviron) et Logan Fontaine (natation), Lounes fait partie des sportifs de très haut niveau ambassadeurs de la Ville de Rouen. Ceux qui peuvent viser une participation olympique à Paris, voire mieux. « C’est un plaisir de représenter ma ville, d’être soutenu et suivi », lâche celui qui s’entraîne désormais le plus souvent du côté de l’Insep (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance). »La médaille, c’est mon objectif »À 24 ans, le boxeur fait partie des meilleurs mondiaux en moins de 63,5 kg. En mai dernier, il est devenu vice-champion d’Europe à Erevan, en Arménie, seulement battu en finale par le local Bachkov, lui-même médaillé de bronze à Tokyo en 2021. « Il était fort, mais pas imbattable », regrette presque le Rouennais. Ce que le compte rendu de la compétition ne dit pas, c’est que Lounes l’a disputée blessé : « Je traîne une pubalgie depuis des mois qui m’empêche d’être en bonne condition physique. En Arménie, j’ai aussi combattu avec une tendinite au coude. » Sa santé entre les mains des soigneurs, le gaucher technique peut maintenant se projeter vers ses objectifs : la qualification pour les Jeux Olympiques de Paris en 2024, qu’il faudra obtenir de haute lutte en 2023, avant de décrocher la médaille tant espérée. « C’est clair que la médaille, c’est mon objectif, j’en ai largement les capacités », prévient-il, sans arrogance.De son enfance, Lounes garde les souvenirs de bord de ring, lorsqu’il accompagnait Salem, son père-entraîneur, alors qu’il n’était âgé que de 4 ou 5 ans. À l’aise balle au pied, fan de Pedro Miguel Pauleta et du PSG, il aurait pu devenir footballeur. Il était d’ailleurs encore licencié à Rouen quand il est devenu champion de France de boxe pour la première fois, dans les catégories jeunes. Après, il a fallu faire un choix. »Je n’ai pas à me plaindre »Intégré au groupe élite de l’équipe de France, avec le statut amateur, Lounes vit tout de même de son sport. Loin des salaires de Ligue 1 de football bien sûr. « Je me contente de ce que j’ai, ce n’est pas dans ma nature d’aller chercher des sponsors par exemple. Quand je vois les conditions dans lesquelles s’entraînent les Cubains, les meilleurs du monde, je me dis que je n’ai pas à me plaindre. » Les meilleurs du monde ? Un club dont Lounes fait déjà partie…FL