Le scénariste BD Fred Duval sera prochainement décoré de l’insigne de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. Une belle reconnaissance pour celui qui a consacré sa vie à son métier.C’est dans son antre que Fred Duval reçoit. Installé à son bureau, au milieu de ses centaines de disques, livres et BD soigneusement rangés, il refait l’histoire et dessine les contours de sa carrière riche de 170 albums de bande dessinée. Le 19 mai prochain, le scénariste rouennais recevra des mains de l’éditeur Guy Delcourt l’insigne de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. La cérémonie se déroulera à l’Hôtel de Ville de Rouen, « j’avais très envie que ça se passe dans ma ville », appuie le principal concerné. Cette distinction personnelle, c’est aussi un coup de projecteur sur un métier méconnu du grand public et souvent ignoré des médias.Originaire du Houlme, Fred Duval se définit volontiers comme un enfant du pays. Issu d’une famille ouvrière, il y va de sa petite formule pour se présenter : « je râle tout le temps mais je ne me plains jamais ! ». Dans les années 90, maîtrise d’Histoire en poche, il enseigne dans un institut de remise à niveau. L’expérience tourne court, et pour cause : « j’avais déjà signé chez Delcourt et je travaillais déjà pour la presse et l’audiovisuel. Tout ça en autodidacte. » »Une bonne idée tous les 5 ou 6 ans »Aujourd’hui âgé de 57 ans, Fred Duval revendique environ 3 millions d’albums vendus dans le monde. Cela représente 2 000 à 40 000 exemplaires par titre. Le tome 1 de Renaissance par exemple, sorti en 2018, atteindra bientôt les hautes sphères. « J’ai quelques succès d’estime mais ça devient compliqué pour tout le monde. Le manga, le roman graphique se sont imposés, un peu au détriment de la BD. Ma véritable chance, c’est d’avoir une bonne idée tous les 5 ou 6 ans », se marre-t-il. Il pense à Carmen mc Callum, sa première « bonne idée », mais aussi à des titres comme Travis, Jour J, Hauteville House, Hurlevent ou encore les adaptations des romans d’un autre Rouennais, Michel Bussi. Une rencontre marquante pour Fred Duval. « C’est un moment important dans la deuxième partie de ma carrière. On se comprend, on se complète. »Et ce n’est que le début, un important travail en commun est en cours…
Le scénariste égraine volontiers ses collaborations, ses amitiés aussi. Il cite Colin Wilson, Jean-Pierre Pécau, Fred Blanchard, Emem, et tant d’autres. Sur son ordinateur, un dossier avec les projets en cours est ouvert. Il en a 10-12 en permanence. Fred Duval clique sur l’un d’eux : un album de Thorgal en cours de réalisation ! « C’est le moment que je préfère dans mon travail : découvrir les planches, quand le texte rencontre le dessin », confie-t-il, des étoiles sans cesse allumées dans les yeux. Le Rouennais a toujours été habité par la passion. Aussi bien lorsqu’il était guitariste du groupe Amour Noir à la fin des années 80 – un 45 tours est gardé précieusement à son bureau – que lorsqu’il met en place le déjeuner des auteurs rouennais ou la très locale « Route du livre », plus récemment. Cette médaille, c’est vraiment pour l’ensemble de son œuvre. FLLes dernières sorties de Fred Duval sont à retrouver sur editions-delcourt.fr