Arthur est originaire de Seine-Maritime, il travaille aujourd’hui comme chef à l’ambassade du Cambodge. (©Solène Poret)
Solène Poret, qui est domiciliée à Gommerville près du Havre (Seine-Maritime) fait partie des cinq jeunes de Normandie sélectionnée par l’agence Normandie Attractivité pour participer à la seconde édition de Normands autour du Monde. Pendant trois semaines, Solène va dresser les portraits de Normands expatriés en Asie du Sud-Est et Océanie. Cette semaine, elle a rencontré Arthur Regnier, 25 ans, chef pour l’ambassade de France au Cambodge.
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Il voulait être cuisinier dès la maternelle
Arthur Regnier a 25 ans et est chef pour l’ambassade de France au Cambodge. Originaire de Gonneville-la-Mallet en Seine-Maritime, il m’a fait visiter les cuisines de l’ambassade de France à Phnom Penh, outil essentiel du rayonnement gastronomique français.
Arthur replonge dans son enfance, et se souvient d’avoir dit à sa mère en sortant de la maternelle « c’est bon, je veux être cuisinier »
Quand on vient d’une famille normande, il y a de fortes chances d’être élevé avec une cuisine du terroir, avec beaucoup de crème et de beurre. Je regardais souvent cuisiner ma mère et ma grand-mère, et je mettais la main à la pâte dès que je le pouvais, explique Arthur.
Sa madeleine de Proust, « c’est la tarte au citron meringuée qui me vient de ma grand-mère ! »
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Les grandes tables de Normandie
Il a commencé par un CAP et un BEP en cuisine, puis un baccalauréat professionnel au lycée hôtelier George Baptiste à Rouen – suivi d’un BTS spécialité « Arts de la table » à l’Ecole Ferrandi à Paris.
Il peut être très fier de cette fin d’études, car cette école représente un gage d’excellence dans le milieu hôtelier. Des stages de renommée, il en a fait : dès l’âge de quatorze ans, il a passé deux mois au côté de Jean-Luc Tartarin, chef au Havre qui a reçu deux étoiles au guide Michelin. Pour obtenir son BTS en alternance, c’est à l’hôtel Plaza Athénée sur la prestigieuse avenue Montaigne à Paris qu’il s’est perfectionné sur les arts de la table.
Il en est convaincu, pour qu’un plat soit réussi, il faut y mettre du cœur l’ouvrage. Il pourrait avoir des saveurs totalement différentes s’il n’est pas réalisé avec amour.
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Le goût de la cuisine et du voyage
Arthur est un passionné de cuisine depuis le plus jeune âge, et cela se ressent dans ses plats, dans la description poétique des mets qu’il présente. Et le goût du voyage ? Après avoir eu un bel aperçu de la cuisine traditionnelle française au cours de ses études, il a saisi l’opportunité de voyager pour élargir ses connaissances en cuisine du monde.
C’est surtout pour découvrir les saveurs, techniques et pratiques culinaires que j’ai voulu voyager.
Il a commencé par un an en Australie et depuis, il ne s’est pas arrêté ! À Séville, il s’est imprégné de la cuisine andalouse pendant six mois avant de revenir dans sa région natale pour cuisiner au Donjon d’Étretat. Il a ensuite eu l’opportunité d’obtenir un poste de deux ans à l’ambassade de France au Cambodge.
En février 2018, ses voyages ont donc pris un autre tournant : il cuisine désormais pour mettre en valeur la cuisine française, tout en assimilant les saveurs khmères grâce à ses collègues cambodgiens. Cela représente une expérience enrichissante car il travaille avec des produits locaux et se sert de son expérience en gastronomie française pour adapter ses recettes aux nouvelles saveurs. Un joli mélange culinaire Franco-cambodgien !
Ici, j’ai appris à utiliser les fruits exotiques, le poivre de Kampot et les épices , explique Arthur.
Une opportunité unique
« Lorsque j’ai obtenu le poste à l’ambassade de France au Cambodge après trois tests assez sélectifs, je savais que cela représentait une opportunité professionnelle unique. C’est une occasion inouïe de promouvoir la cuisine française à l’étranger à travers les différents déjeuners et événements organisés »
En parallèle de la cuisine, d’autres tâches lui sont confiées, tel qu’intendant de l’Ambassade. Ainsi, il participe à l’élaboration des menus et cocktails, gère la comptabilité, les stocks, le nettoyage de la cuisine, et aide à réaliser le jardin en permaculture à l’ambassade. Et côté projets ?
Ils sont nombreux ! J’ai une offre pour travailler au Sofitel de Phnom Penh, ou de partir pour une toute autre expérience : la cuisine en antarctique sur la station Concordia… Bien sûr, j’aimerais rester à Phnom Penh pour le beau projet Pique-nique des normands pour la paix du 6 juin prochain. Et plus je voyage, plus je me rends compte que ma région natale est formidable et que de belles opportunités s’y trouve dans ma profession.
Il se pourrait même qu’Arthur envisage l’achat d’un restaurant. Qui se régalera donc des mets français d’Arthur après la fin de son contrat à l’ambassade en février prochain ?