Avec « Opération grande vadrouille », Gordon Zola imagine ce que Bourvil et Louis de Funès auraient pu vivre au cours de la Seconde Guerre mondiale. (©Thierry Chion)
Quand l’auteur d’origine normande Gordon Zola s’attaque à l’histoire, il décide de tremper sa plume dans un flacon de concentré d’humour et de s’inspirer des grands. Non, pas de Louis XVI ou de Charlemagne, il pense aux grands comiques du siècle dernier comme l’étaient l’enfant du Pays de Caux Bourvil et Louis de Funès. Et c’est comme ça qu’est né son dernier roman : Opération grande vadrouille. Ça vous rappelle bien quelque chose ?
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Eh oui, il a craqué et a mis en scène les deux acteurs dans cette nouvelle œuvre qui n’est pas sans rappeler un classique du cinéma français. « Je cherche toujours un moyen de trouver des arguments de scénarios originaux ». Pour le coup il fait dans l’original le roi de la plume et du bon mot.
Résistants et petites pépées
Entrent en scène des résistants, des bordels, mais aussi une église, des égouts inspirés de ceux présentés par Victor Hugo, sans oublier un officier SS qui a une tendance philosémite. Au milieu de tout ce beau monde et de ces tenues en dentelles faites pour attirer le client, deux personnages qui essaient de faire leur trou comme on dit : Andrel, alias Bourvil, qui veut se faire connaître comme chansonnier humoriste, et le pianiste De Funès qui rêve d’une meilleure carrière.
L’un est un habitué des maisons de passe, l’autre de l’église… « Je suis fan de De Funès. Il représente un rythme, une musicalité de l’écriture. Je trouvais intéressant de faire une mise en abîme d’un des trois plus grands films français en terme d’impact sur le public. J’ai imaginé le livre comme si La grande vadrouille était leur véritable histoire », explique Gordon Zola. Et de relever le défi : « J’ai voulu voir comment je pouvais m’en sortir en donnant la tonalité de Bourvil quand c’est lui que je mets en scène, et celle de De Funès quand c’est son tour. À chaque fois je me donne un challenge ».
Une sorte d’hommage
En fait, Gordon Zola aime, à travers ses écrits, rendre hommage à tous ceux qui ont formé : Tintin, les Tontons flingueurs, « Je suis aussi fan de western. Je rends hommage sur un plan littéraire à ce qui ne l’est pas à la base. Au début, je voulais faire du roman comique. Quand je me suis mis à faire de la parodie d’œuvres j’ai tout de suite été étiqueté comme ça. » Étant aussi fan d’histoire, Gordon Zola a lancé un projet de livres histérico-burlesques. Et dans chaque recueil apparaît un personnage dont la famille traverse les âges.
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Références filmographiques
Dans Opération grande vadrouille, les références aux films dans lesquels ont tourné les deux acteurs sont nombreuses : Rabbi Jacob, Le rosier de Madame Husson, Comme un cheveu sur la soupe, Hibernatus, Le corniaud, Le gendarme de Saint-Tropez… Et la Traversée de Paris. « J’adore Marcel Aimé et son chef-d’œuvre qui a inspiré le film. Je trouvais drôle de glisser Gabin dans ce roman ». En effet Gabin Grangil va affronter un drôle de charcutier créchant rue de Poliveau et répondant au nom de Jambier. Étonnant non ? « Il y avait des scènes marrantes à faire. Elles parlent aux gens qui ont vu ces films, mais aux autres aussi. »
« Au final je voulais qu’on puisse dire tiens voilà d’où vient La grande vadrouille et je présente ce que les deux acteurs ont vécu comme si le film remettait en scène leurs souvenirs ». D’ailleurs à la fin du livre ils croisent un certain Gérard Oury qui leur promet de les retrouver après la fin de la guerre… Par contre, à la différence du film, les deux héros ne vont pas se trouver embarqués avec des aviateurs britanniques. Cette fois, ils accompagnent malgré eux le colonel Fabien, grande figure de la résistance. « Je voulais que l’histoire colle à un fait historique. Je trouvais l’histoire du colonel Fabien intéressante. »
Et l’auteur de conclure : « J’ai fait ça avec La grande vadrouille, je n’aurais pas pu le faire avec d’autres acteurs ou d’autres films. »
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Infos pratiques :
Opération grande vadrouille, éditions du Léopard masqué, 200 pages.
18 euros.