Les contrôleurs aériens de l’aéroport Rouen Vallée de Seine ont déposé un nouveau préavis de grève pour les 9 et 10 mai 2019 : ils protestent contre un projet de délocalisation du contrôle aérien vers Lille. (©DR)
Aux mêmes causes, les mêmes effets : les contrôleurs aériens de l’aéroport Rouen Vallée de Seine menacent une nouvelle fois de faire grève, pour protester contre un projet de « déclassement de l’approche de Rouen ». En d’autres termes, l’administration souhaiterait délocaliser le contrôle aérien à Lille. Le 9 avril 2019, ils avaient déjà suivi deux jours de grève et cette décision avait été retirée de l’ordre du jour… mais elle revient aujourd’hui sur le tapis de manière identique.
Conséquence, les contrôleurs aériens ont déposé un nouveau préavis de grève pour les 9 et 10 mai. « Nous déplorons le désagrément que nous allons causer aux passagers de l’aéroport, mais nous n’avons pas d’autre solution », regrettent les contrôleurs aériens.
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« Notre dernier préavis a été suivi à 100 % et le contrôle rouennais est resté fermé durant deux jours. Nous avons juste rouvert les espaces aériens dans l’après-midi pour permettre de faire poser et repartir un vol sanitaire, qui effectuait un prélèvement d’organes au CHU de Rouen », précise Arnauld Cosyn, représentant syndical.
« Un seul contrôleur lillois devra fournir le travail de deux contrôleurs »
Depuis ce premier bras de fer, la situation ne semble donc pas avoir évolué : les contrôleurs affirment n’avoir eu aucune réponse de la direction générale de l’aviation civile, quant à leur demande de reprise de dialogue et à la prise en compte de leurs revendications. Selon eux, « la volonté de réduire au maximum les effectifs en voulant qu’un seul contrôleur gère le trafic complexe sur un espace disproportionné » équivaut à un sacrifice de la qualité du service rendu aux usagers et surtout à un risque pour la sécurité.
Actuellement, l’approche de Rouen représente un espace à contrôler qui s’étend de Neufchâtel-en-Bray à Brionne (Eure) : c’est une position de contrôle dédiée sur laquelle travaille un contrôleur. Pareil pour Deauville, dont l’espace dédié s’étend de Saint-Valéry à un peu plus loin que Caen et qui est donc une autre position de contrôle. « Le déclassement de Deauville et Rouen et leur reprise par Lille prévoient la fusion de ces deux espaces de contrôle en un seul, de Neufchâtel à Caen ! Ce qui veut dire qu’il n’y aura plus qu’une unique position de contrôle, gérée par un seul contrôleur lillois, qui devra fournir seul, le travail de deux contrôleurs », dénonce Arnauld Cosyn, qui s’interroge sur la manière dont pourront être gérées les deux approches, de Rouen et Deauville, lors des journées chargées de l’été.
Des contacts visuels impossibles
Le représentant syndical explique par ailleurs que les contrôleurs de Rouen doivent faire en sorte de faire cohabiter dans l’espace aérien, les avions mais aussi les planeurs, qui eux échappent le plus souvent au radar. « Nous assurons la sécurité entre ces vols, par des séparations issues de contacts visuels, acquis en temps réel depuis la tour de contrôle de Rouen… ce qui ne sera évidemment pas possible depuis Lille », constate le représentant syndical, qui estime que cette « configuration déclassée, avec une approche lointaine », risque d’être dommageable à la sécurité.