Le député Jean-Paul Lecoq a présenté son programme, constitué avec le comité citoyen qui l’entoure depuis cet été, pour les élections municipales 2020 au Havre. (©Archives/Guy Issac)
Création d’un centre de santé municipal avec des antennes mobiles, mise en place d’un « référendum d’initiative municipale » ou encore instauration de la gratuité des transports publics… À deux mois des élections municipales, qui se dérouleront en mars prochain, Jean-Paul Lecoq est le premier des candidats à la mairie du Havre (Seine-Maritime) à présenter son programme.
Ou plutôt, ils sont les premiers à avancer leurs propositions. Car pour gagner la municipalité, le député communiste entend bien jouer la carte du collectif. Une carte sortie dès la présentation, mardi 7 janvier 2020, des 75 propositions émises par la liste Pour un Havre des citoyen.ne.s puisque ces dernières ont été détaillées par différents membres du collectif citoyen, constitué l’été dernier pour entourer le candidat.
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Urgence écologique, sociale et démocratique
Imaginée après une série d’une cinquantaine de réunions thématiques et d’une quinzaine de rencontres de quartier, ces mesures s’articulent autour de trois priorités : « l’urgence écologique, l’urgence sociale et l’urgence démocratique. » En découlent six engagements phares :
- la gratuité des transports publics, complétée par « des parkings relais à mettre en place aux quatre coins de la ville »
- la suppression de la décharge de Dollemard (dossier lancé par l’actuelle majorité) et la mise en place de mesures d’urgence pour retenir les déchets
- la mise en place d’un centre de santé « avec des médecins salariés capables de se déplacer dans les quartiers » (un dispositif inspiré du projet Un médecin pour chacun, développé à Fécamp pour lutter contre la désertification médicale)
- l’accélération de « la mise en œuvre de l’agenda PMR » et une meilleure prise en charge de la personne handicapée vieillissante
- la mise en place de maisons du citoyen dans chaque quartier « pour que chacun puisse être acteur de la ville »
- la création d’un « référendum d’initiative municipale »
Cette première mouture de programme (à retrouver ici en intégralité) pourrait encore s’enrichir au fil des permanences qui seront menées, à partir du lundi 13 janvier, dans les quartiers du Havre avec pour objectif d’aller à la rencontre des associations, entreprises, habitants… du territoire.
Une union de la gauche encore possible ?
Des évolutions pourraient également se faire en fonction des ralliements des autres forces de gauche, que Jean-Paul Lecoq espère encore possible. Laissant la porte ouverte, il promet « des négociations jusqu’au bout », assurant qu’il y a « toujours des discussions pour pouvoir être ensemble dès le premier tour ».
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L’occasion de rappeler que la liste qu’il entend mener, et donc la municipalité qu’il espère constituer, dépasse l’étiquette PCF qu’il porte. « Aucun parti politique ne sera majoritaire », insiste-t-il. D’abord parce que « un tiers de la liste est réservé au comité citoyen quoiqu’il arrive », pour « garantir que cette liste ressemble aux Havrais et pour que, où que tu habites, tu te retrouves dans cette liste ».
Mais aussi parce que les places seront réparties entre les forces politiques déjà en présence (Parti communiste, Génération.s., Ensemble pour une gauche alternative ), qui s’équilibreront avec celles qui pourraient les rejoindre. » Au final, il n’y aura peut-être que cinq, six élus communistes ».
Quel(s) adversaire(s) ?
Première liste à présenter son programme, Pour un Havre des citoyen.ne.s ne connaît pas encore l’adversaire qu’elle affrontera. Au Havre, la droite demeure suspendue à la décision d’Édouard Philippe de reprendre ou non les rênes de la majorité actuelle, décision que le locataire de Matignon devrait faire connaître fin janvier.
Si Jean-Paul Lecoq assure qu’il « parle rarement des autres » car il entend mener campagne non « pas contre quelque chose mais pour faire avancer », il glissera tout de même que les Havrais ont pu, au cours de ces derniers mois, découvrir « la vraie personnalité de leur ancien maire dans ses fonctions de Premier ministre » avec une année « 2019, symbole de la violence de ce pouvoir ».
Au Havre, qui sont les candidats déclarés ?
À droite de l’échiquier, le maire actuel, Jean-Baptiste Gastinne, affiche son intention de se présenter si Édouard Philippe décide en janvier de rester à Matignon. Côté gauche, Alexis Deck, conseil municipal EELV (Europe Écologie les Verts) mènera une liste. Une autre liste, Vivre Le Havre, est également portée par Antoine Siffert, ancien candidat aux législatives sous l’étiquette PGR (Parti radical de gauche) et le patron de l’entreprise Ceacom, Guillaume Milert.