Marin de l’année en 2019, la Havraise Camille Lecointre obsédée par l’or olympique

Marin de l’année en 2019, la Havraise Camille Lecointre obsédée par l’or olympique

Camille Lecointre, médaillée au JO de Rio en voile, est l'une des invités de l'événement.

Désormais installée à Brest, Camille Lecointre, médaillée de bronze aux JO de Rio en 470, ne pensera qu’à l’or pour l’édition japonaise, à l’été 2020. (©Côté Brest)

Camille Lecointre a pris le temps de répondre aux questions de 76actu, quelques jours avant de quitter la France. La native d’Harfleur, près du Havre (Seine-Maritime), s’envolera le samedi 4 janvier 2020 pour les États-Unis et Miami, afin d’y disputer une manche de Coupe du monde de voile, en 470.

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Partie à Brest en 2001, à 16 ans, pour y vivre son rêve de carrière professionnelle, elle n’a plus jamais quitté la Bretagne. Mais celle qui conserve de la famille au Havre – « un oncle, ma grand-mère, une grande sœur » – revient « une fois par an » dans la cité Océane, où tout a commencé. Au quotidien, l’athlète de 34 ans écume surtout les plans d’eau des grandes compétitions, qu’elle remporte, souvent.

Outre deux participations aux Jeux Olympiques (4e en 2012, 3e en 2016), Camille Lecointre a aussi remporté les titres les plus parlants de sa discipline, à commencer par le championnat du monde (2016), d’Europe (2013, 2019) et la Coupe du monde, également glanée à Marseille en 2019 en compagnie de Aloïse Retornaz, sa nouvelle coéquipière. Bien assez pour recevoir le prestigieux titre de marin de l’année 2019 de la Fédération française de voile, aux yeux et à la barbe, notamment, d’un certain Charlie Dalin. Interview.

76actu. 2019 a été une année particulièrement réussie, avec un titre de championne d’Europe, une victoire sur le Test Event de Tokyo, la Coupe du monde… Vous aviez imaginé ça, dans ces proportions ?

Camille Lecointre. « 2019 est une année où nous nous étions fixé comme objectif d’atteindre des podiums internationaux. J’ai été un peu surprise d’avoir autant de victoires [3 sur 6 régates disputées en 2019, NDLR]. C’était vraiment une très bonne saison, au-delà de mes espérances. Parce que l’objectif, c’est quand même d’être prêtes dans huit mois pour les JO. On a encore des progrès à faire. C’est bien de se dire que ça a bien marché, alors qu’il nous reste plein de choses à travailler.

« On a mis de côté les paillettes, le titre de marin de l’année… »

Vous n’avez désormais la tête qu’aux Jeux Olympiques de Tokyo (24 juillet – 9 août 2020) ?

C’est très, très, présent. C’est l’objectif de l’année, on ne pense qu’à se préparer pour cet événement-là. C’est un peu la course au temps, on a plein d’idées, de choses à bosser. Il faut juste avoir le temps de tout faire (rires). Il faut prioriser. On a mis de côté les paillettes, le titre de marin de l’année… Maintenant, on se remet au boulot.

Vous aviez achevé les derniers Jeux de Rio à la troisième place. Gagner la médaille d’or, ça vous obsède ?

L’objectif c’est de gagner. Et en tout cas de rapporter une médaille.

Vous avez mentionné le titre de marin de l’année, partagé avec Aloïse Retornaz : quelle a été sa valeur ?

Cela a énormément de poids, notamment auprès du grand public. Ça a été une grande reconnaissance. Et pour nous, d’inscrire notre nom sur le trophée, au milieu des Coville, Cammas, Caudrelier – des grands noms de la voile – ça fait quelque chose.

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« Une petite avance psychologique »

Vous être la quatrième femme sacrée depuis 2001. C’est aussi un titre qui ne revient qu’assez rarement à des marins olympiques, souvent devancés par des skippers de course au large. Ça classe votre performance, surtout hors année olympique.

Oui, c’est rare. Cela a déjà été fait (Elle cite Charline Picon, Faustine Merret…). Mais il faut vraiment avoir un gros palmarès pour prétendre à inscrire son nom sur ce trophée.

Qu’est-ce que cela va changer dans votre quotidien, notamment en matière d’exposition ?

Les sollicitation augmentent déjà un peu à l’approche des JO. Je ne vais pas dire que j’ai l’habitude, mais ça va être mes troisièmes JO. Donc c’est un petit peu comme d’hab’ (rires). On est tout à coup mis en lumière alors que nous, ça fait quatre ans qu’on travaille !

Et sportivement ?

Ça met en confiance. Peut-être que vis-à-vis des équipages étrangers, ça crée aussi une petite avance psychologique. Il faut réussir à garder cet effet, cet ascendant. Le chemin est encore long jusqu’aux Jeux.

76actu

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