La Maison illuminée conduite par Oswald Sallaberger, invite Marie-Christine Barrault pour effectuer des lectures les 2 et 3 février 2019, à la Chapelle Corneille, à Rouen (Seine-Maritime). (©D.R.)
Pour ce premier week-end de février 2019, à la Chapelle Corneille, à Rouen (Seine-Maritime), Oswald Sallaberger et son ensemble Maison Illuminée optent pour un certain retour à la tradition. Entre écrits poétiques et musiques des XIXe et XXe siècles, ils proposent trois concerts qui fleurent bon le charme d’antan avec une place de choix faite aux femmes. Avec Marie-Christine Barrault, pour les lectures, et Jenny Daviet, soprano, pour le chant.
Le virus du théâtre
Joseph Canteloube (1879-1957) s’est saisi de chants populaires pour en faire des petits tableaux symphoniques, joyaux du folklore, adaptés pour orchestre de chambre. La compositrice post-romantique Mel Bonis (1858-1937) rend de son côté hommage à trois femmes de légende : Salomé, Ophélie et Cléopâtre. Quant à Claude Debussy il livre une sonate écrite en pleine maturité pour saluer Jean-Philippe Rameau. Jenny Daviet a souvent évolué ces dernières années sur la scène du Théâtre des Arts. Cette jeune soprano fait une carrière fulgurante. Les fidèles de l’Opéra de Rouen se souviennent sans doute de sa présence au cours des saisons 2012-2014 dans la troupe des solistes. Polyvalente, elle est capable de chanter aussi bien Bizet et Debussy que Mozart et Purcell.
Quant à Marie-Christine Barrault, elle fête en 2019 ses 54 années de carrière artistique : cinéma, théâtre, lectures… Une chance pour le public normand qu’elle ait été inscrite dans la distribution de ces trois concerts. Cette actrice française a toujours la même présence, le même talent et le même rayonnement.
C’est au lycée, à Londres, qu’elle découvre le théâtre. Le virus ne la quittera plus. En 1963, elle est élève du cours Simon et l’année suivante du Conservatoire d’art dramatique de Paris. Ses premières prestations au cinéma et au théâtre datent de 1965. Sa beauté n’échappe pas à Yves Robert qui lui donne un rôle dans le film « les Copains » et au théâtre à Gabriel Garran qui la met en scène au Théâtre de la commune d’Aubervilliers dans « Andorra » de Max Frisch. Suivront 54 films (4 à 5 par an parfois), des documentaires, 47 films pour la télévision et des dizaines de rôles au théâtre.
« Tout m’a plu »
« Tout m’a plu, déclare Marie-Christine Barrault. Je me suis investie pleinement dans tous les rôles qui m’ont été confiés mais il m’est arrivé aussi de refuser quelques rôles ! Il y a eu dans mon parcours artistique des moments forts bien sûr. Je ne peux pas tous les citer : en 1966, Le silence et le mensonge de Nathalie Sarraute, mis en scène par mon oncle Jean-Louis Barrault à l’Odéon ; en 1975, Cousin-cousine de Jean-Charles Tacchella ; Les yeux ouverts de Marguerite Yourcenar, une femme que j’ai admirée. Plus récemment, en 2017/ 2018 Confidences de Joe di Pietro, une pièce très drôle adaptée de l’américain par Eric-Emmanuel Schmitt et mise en scène par Jean-Luc Moreau. Je l’ai jouée avec Alain Doutey à Paris puis en province mais pas à Rouen. Dommage ! J’aime beaucoup le public de province. Après la représentation, il n’hésite pas à rester pour échanger avec les comédiens. À Paris, la pièce achevée, tout le monde se lève et s’échappe. Moi j’aime le contact avec le public. Grâce à cela, ma passion de jeunesse pour le théâtre ne s’est pas émoussée. Depuis quelques années, je me suis lancée dans les spectacles texte et musique. Je n’oublie pas que je suis fille de pianiste et que j’ai pratiqué le chant classique pendant 30 ans. J’aime bien choisir mes textes à lire ou à dire. J’ai une tendresse particulière pour Péguy et Claudel que je connais depuis mon enfance. »
Femme libre, humaniste, Marie-Christine Barrault est commandeur de la légion d’honneur depuis le 14 juillet 2018 et parmi ses nombreux engagements caritatifs, elle est membre de la Fondation Abbé Pierre. Elle était d’ailleurs à Esteville le 22 janvier 2019 pour le 12e anniversaire de la mort du créateur de la Communauté des compagnons d’Emmaüs. Elle l’avait rencontré deux ans avant sa mort. « Entretien mémorable » dit-elle.
Le programme des concerts
- Samedi 2 février 2019, 16h : Lumière des voix. Ecrits de Charles Péguy, compositions de Joseph Canteloube et Gabriel Fauré et sonate en trio pour flûte, alto et harpe de Debussy. Durée 45 mn . Tarif : 11 euros.
- Samedi 2 février 2019, 18h : Femmes de légende. Ecrits de Paul Valery, compositions de Mel Bonis et Claude Debussy. Durée : 1 heure. Tarif de 10 à 21 euros.
- Dimanche 3 février 2019, 11h, Poésie lumineuse. Ecrits de Paul Claudel (Cantate à trois voix), compositions de Mel Bonis et Joseph Canteloube (Chants d’Auvergne, baïlero) Durée : 45 mn. Tarif :11 euros.
De notre correspondant André Morelle
Infos pratiques :
À la Chapelle Corneille, rue du Bourg l’Abbé, à Rouen.
Les trois concerts 30 euros. Renseignements et réservations : 02 35 98 74 78
Lumière à la chandeleur – Maison Illuminée – Direction et violon : Oswald Sallaberger ; Soprano : Jenny Daviet ; Piano : Philippe Davenet ; Textes lus par Marie-Christine Barrault.