Les Gilets jaunes appellent à un acte national, samedi 8 juin 2019, à Rouen (Seine-Maritime). (Archives ©RT / 76actu)
INFO 76ACTU. « À l’abordage », scandent des Gilets jaunes sur les réseaux sociaux, à l’approche de l’Armada de Rouen (Seine-Maritime). Ils ont lancé un appel national pour le samedi 8 juin 2019, jour de leur acte 30.
En plus de l’interdiction désormais habituelle de manifester dans le centre-ville, la préfecture s’apprête à prendre un arrêté interdisant les manifestations sur le site de l’Armada et autour. De plus, il sera interdit de porter ou de détenir un gilet jaune à l’intérieur des lieux de l’événement, sous peine d’amende.
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Un appel national qui divise les Gilets jaunes
Tenter de bloquer l’Armada, certains Gilets jaunes s’y refusent, d’autres en rêvent. Même s’ils sont passés de plusieurs milliers à quelques dizaines dans les rues rouennaises, les militants comptent à nouveau battre le pavé, samedi 8 juin, pour leur acte 30. C’est le sens de l’appel national lancé depuis des semaines sur Facebook, pour lequel 320 personnes ont répondu présent, contre 1 300 intéressés.
L’initiative divise, dans les commentaires, les communautés de gilets jaunes et chez ceux que nous avons interrogés. « L’Armada, c’est d’abord du business », nous dit un militant du rond-point des Vaches pour justifier l’appel à manifester auquel il répondra. « Je refuse de bloquer une fête familiale », rétorque une mère de famille havraise, habituée des cortèges rouennais, qui n’ira pas manifester. D’autres, comme le représentant du rond-point des Vaches Olivier Bruneau, envisagent des tractages sans blocage.
Manifestations interdites en centre-ville et autour de l’Armada
Reste à savoir où les Gilets jaunes comptent défiler : vers le centre, ou sur le périmètre de l’Armada ? Si le rendez-vous est donné à l’hôtel de ville à 10 heures, les quais attireront forcément. Déjà, le directeur de cabinet du préfet de Seine-Maritime, Benoît Lemaire, prévient que le centre sera interdit « comme chaque samedi ». Pour cela, un arrêté préfectoral similaire à ceux pris chaque jeudi depuis fin mars devrait rapidement être publié.
Selon nos informations, un autre arrêté d’interdiction de manifestation sera pris pour les dix jours sur le site et à ses abords directs. Benoît Lemaire ne croit pas à une manifestation d’ampleur près de l’événement : « Cela m’étonnerait que des gens veuillent manifester dans l’Armada, cela ne servirait pas leur cause. »
CARTE. Samedi, l’interdiction concernera le centre-ville (tracé habituel) et l’Armada (tracé du site) :
Le gilet jaune interdit sous couvert d’antiterrorisme
Périmètre au sein duquel le gilet jaune – « comme les gilets des autres couleurs », selon Benoît Lemaire – sera interdit sur le site. « En plus des objets interdits – aérosols, bouteilles, armes… – ce qui peut prêter à confusion avec les services de sécurité le sera aussi. C’est une mesure liée au contexte terroriste », insiste le sous-préfet de Rouen.
Un « contexte » qui ne justifiait pas de mesure similaire aux précédents grands rendez-vous : elle n’existait ni à la Foire Saint-Romain d’octobre 2017, ni à la fan zone de la finale de la Coupe du monde de juillet 2018. Une source confirme à 76actu que l’interdiction des gilets fluorescents n’a rien à voir avec l’antiterrorisme :
C’est caché derrière ça, mais c’est bien lié aux Gilets jaunes. Le but, c’est de leur interdire l’accès à l’Armada, ce n’est pas autre chose.
Toute personne ayant un gilet fluorescent devra le jeter à la poubelle lors des fouilles aux entrées ou rester à l’extérieur. Et si quelqu’un réussit à entrer avec son gilet, il sera sous le coup d’une amende de 135 euros, à l’instar des verbalisations pour manifestation dans un périmètre interdit en vigueur le samedi.
Les portuaires « ne veulent pas bloquer » pendant l’Armada
Interdits aussi, les gilets rouges des agents portuaires syndiqués à la CGT ne devraient de toute façon pas se sentir concernés. « Nous ne voulons pas bloquer l’Armada », a assuré Fabrice Lottin, délégué syndical des agents du port de Rouen, au nom de sa section, lundi 3 juin. Les agents étaient mobilisés contre la fusion prévue pour 2022 des ports de la Seine. Toutefois, prévient Fabrice Lottin, les portuaires pourraient agir « si la fédération lance un appel » national.