Les premières pistes sur l’épineux dossier de la décharge de Dollemard, près du Havre

Les premières pistes sur l’épineux dossier de la décharge de Dollemard, près du Havre

Les premières conclusions de l'étude sur la réhabilitation de la décharge Dollemard seront rendues en avril 2019.

Les premières conclusions de l’étude sur la réhabilitation de la décharge Dollemard seront rendues en avril 2019. (©Archives 76actu)

Comment venir à bout des tonnes de déchets accumulés sur la décharge Dollemard, près du Havre (Seine-Maritime) et qui, au fil du temps et des aléas climatiques, se retrouvent dans la mer ? C’est la question à laquelle doit répondre une étude financée par l’État menée actuellement par la société d’ingénierie Antea Group. Mercredi 24  avril 2019, les premières conclusions devraient être rendues. 

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Quand la tempête réveille les consciences

La tempête Eleanor, le 2 janvier 2018  a réveillé l’épineux dossier de la prise en charge des tonnes de déchets de la décharge sauvage de Dollemard située à deux kilomètres environ au Nord de Sainte-Adresse, entre Le Havre et Saint-Jouin-Bruneval. 

Pierre Dieulafait, ex-conseiller municipal au Havre, de 1992 à 1995, a œuvré dans les années 1990 pour la fermeture de la décharge, obtenue début 2000.

Ce fut un long combat que nous avons mené et c’est vrai qu’il a fallu attendre la tempête Eleanor pour que le sujet revienne sur la table. Normal, vu les images incroyables des déchets se déversant dans la mer. C’est alors que l’État a décidé de financer une étude, indique Pierre Dieulafait.

Président de l’association Écologie pour Le Havre, il milite aujourd’hui avec France Nature Environnement, Sea Mer Asso, SOS mal de Seine et Surfrider pour :  « Le nettoyage complet de ce site. Nous pensons que c’est loin d’être impossible, même si, évidemment, il faudra faire preuve de précautions notamment au sujet des munitions de guerre qui pourraient être découvertes, si on remue ces milliers de tonnes de déchets qui se sont accumulés. »

Cinq mesures de gestion sont actuellement étudiées : 

  • Retrait de tout ou partie des matériaux (tri potentiel de matériaux inertes), par le haut de falaise ou par le bas ?
  • Confinement d’une partie des matériaux (sur la partie médiane de la falaise) ?
  • Confortement éventuel de la falaise (haut de falaise, milieu de falaise, pied de falaise) ?
  • Protection du pied de falaise vis-à-vis de l’érosion ?
  • Renaturation ?

Qui va payer ? 

Les associations, comme celle de Pierre Dieulafait, font partie du comité de suivi de l’étude diligentée par l’État sur la réhabilitation de l’ancienne décharge. 

La dernière réunion a eu lieu le 28  janvier dernier et la prochaine est très attendue en avril. « Entre deux, il devait y avoir une réunion du comité de pilotage et surtout un rendez-vous en préfecture. Je pense que la question de qui va payer viendra après. »

Pierre Dieulafait ne se fait pas d’illusions : « Pour moi, il faudra une décennie avant de voir le site à nouveau propre et accessible. Ce qui est regrettable, c’est que des études ont déjà été faites sur le site mais évidemment comme rien n’a été fait depuis, il faut aujourd’hui tout recommencer. » 

À la mairie du Havre, même si on admet que « c’est un dossier très lourd », du côté des délais on estime que « La première phase de l’étude est achevée et le rendu sera fait courant avril, on va passer à l’étude économique. Courant 2020, on aura déjà une idée précise de ce que l’on pourra envisager. » 

Des mesures d’urgence s’imposent 

L’épisode de la tempête de 2018, pour certains membres du comité de suivi, a mis en exergue la nécessité de procéder à des mesures d’urgence, notamment sur la falaise. Pour Pierre Dieulafait : « J’espère que sur ce pan-là au moins, on ne va pas devoir trop attendre. » 

Protection du pied de falaise par la mise en place de dispositifs de type « enrochement », curage en pied de falaise et reconstitution du pied de falaise et surveillance régulière du site font effectivement partie des orientations d’Antea Group. 

« On sait que la Ville veut créer un sentier du littoral et une avenue verte à proximité du site, j’imagine mal faire cohabiter les promeneurs avec ce genre de vue », conclut avec espoir Pierre Deulafait. Marc Migraine, adjoint au maire en charge de la nature en ville, a annoncé récemment que la première phase des aménagements du plateau, sur la partie nord, devrait débuter en 2019-2020

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