Alors que leur fond de pension est menacé, les médecins libéraux annoncent se mettre en grève en Seine-Maritime. (©Adobe stock/illustration)
Alors que la mobilisation contre la réforme des retraites se poursuit, les médecins libéraux de Seine-Maritime appellent à faire grève lundi 3 février 2020, en opposition au projet du gouvernement. Les raisons de leur engagement ? La menace qui pèse sur leur caisse de retraite, « autonome depuis 70 ans », précise le docteur Stéphane Pertuet, président de la Fédération des médecins de France (FMF) en Normandie :
Nous, la réforme, on l’a faite il y a 20 ans déjà et elle nous a coûté… On a baissé la valeur du point, nos cotisations ont augmenté, les pensions ont baissé et l’âge de départ à la retraite a reculé jusqu’à 65-67 ans.
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Le gouvernement prévoit de son côté de retirer la gouvernance de la caisse autonome à l’ordre des médecins libéraux et d’en changer l’organisation qui passerait, entre autre, par l’URSAFF (Unions de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales). Pour le directeur de la FMF, le problème est évident : « Dans la caisse autonome, on a réussi à mettre sept milliards d’euros de côté pour les redistribuer sur les 40 prochaines années. Tout est déjà calculé. »
Une mobilisation tardive
Si l’ordre ne se joint à la mobilisation que maintenant, c’est parce qu’avant d’avoir « des revendications », les médecins avaient « des questions, besoin d’explications » pour comprendre de quelle manière ils seront impactés, justifie Stéphane Pertuet. C’est quand l’État leur explique que leurs pensions vont baisser de 29 % qu’il flaire le pot aux roses : « Avec notre réorganisation, nos calculs ont permis de voir une baisse de 8 à 13 % sur nos pensions. Pourquoi y a-t-il un tel différentiel avec leurs prévisions ? »
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D’après lui, l’État n’a jamais été en mesure de « répondre » à leurs sollicitations : « Ils nous ont dit de leur faire confiance », relate-t-il. S’il ne sait pas si la grève va être « suivie » par tous ses confrères — car ils n’ont « pas l’habitude des manifestations » — il sait d’expérience que « quand ça va trop loin, on se mobilise ».