Les femmes de Lorca à la recherche d’une liberté

Les femmes de Lorca à la recherche d’une liberté

Avec Andando, Lorca, 1936, Daniel San Pedro revient aux écrits de l’auteur espagnol et les confie à six comédiennes qui jouent des personnages en pleine construction après avoir goûté à la liberté. La Compagnie des petits champs sera samedi 26 février au Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray.

L’histoire commence par les funérailles de Bernarda un 19 juillet 1936 dans un petit village espagnol. Pour ses six filles, un nouveau chapitre de la vie s’ouvre. Les voilà libres, débarrassées des liens étouffants tissés par cette mère, cette patriarche. C’est le moment de vivre. Mais comment dans un pays entré dans une guerre civile ? Alors chacune va prendre un chemin différent : partir outre-Atlantique, entrer dans un couvent, devenir une intellectuelle, chercher l’amour. Une seule choisit de rester dans la maison familiale, de préserver les traditions et d’embrasser les idées fascistes.

C’est le récit d’Andando, Lorca, 1936, un montage de textes de l’auteur espagnol fusillé en août 1936. Avec ce spectacle, Daniel San Pedro revient à Federico Garcia Lorca après Yerma, Les Noces de sang. « J’ai eu envie de terminer ce parcours sur Lorca. Il est mes racines, un moteur pour moi. J’ai une longue histoire d’amour avec cet auteur. Il a été mon premier choc littéraire, de théâtre, de poésie. En fait, je ne reviens jamais à Lorca parce qu’il est présent au quotidien ».

Liberté et amour

Le comédien et metteur en scène de la Compagnie des petits champs a imaginé ce spectacle pour six comédiennes, Aymeline Alix, Audrey Bonnet, Zita Hanrot, Camélia Jordan, Estelle Meyer et Johanna Nizard. « Je leur ai choisi un rôle sur mesure. J’ai essayé de coller à leur personnalité. Je les ai imaginées comme des sœurs. Des filles différentes parce qu’elles le sont dans la vie et en tant qu’artistes. Certaines sont chanteuses, d’autres, comédiennes, d’autres encore, comédiennes et chanteuses. J’aime beaucoup les acteurs et les actrices qui chantent. C’est très beau. Il y a toujours une fragilité qui se dégage ».

Comme dans les précédentes créations, Daniel San Pedro mêle les mots de Lorca à la musique de Pascal Sangla. Comme une évidence. « La musique est présente dans la vie et dans l’œuvre de Lorca. Il était musicien, pianiste et a toujours été bouleversé par le flamenco, le gospel, la musique cubaine qui ont été portés par des peuples opprimés. C’est le chant de la souffrance. En Espagne, il y a un goût pour mettre en musique et en chanson les écrits de Lorca. J’ai voulu m’inscrire dans cette lignée avec un compositeur français. Lorca est universel alors il ne faut pas l’enfermer dans un genre ».

Dans Andando Lorca 1936, il est question de liberté, « un des moteurs du travail de Lorca ». Dans cette Espagne des années 1930, même si les femmes avaient le droit de vote, elles subissaient le poids de cette société machiste et « avaient du mal à trouver une place. Lorca a beaucoup dénoncé cela. Or la liberté fait peur. Quand il y a un changement, le premier réflexe peut être celui de se protéger ». L’amour aussi traverse cette pièce de théâtre musical. « Il fait partie de l’œuvre de Lorca qui était un homme joyeux, aimant, amoureux plein de fois. Pour lui, homosexuel, il était impossible de le dire. C’était terrible ».

Ces six sœurs racontent ensemble Lorca, un pays qui oscille entre liberté et oppression, modernité et tradition, clameur et silence, espoir et résignation.

Infos pratiques

  • Samedi 26 février à 20h30 au Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray
  • Durée : 1h30
  • Tarifs : de 18 à 5 €. Pour les étudiants : carte Culture
  • Réservation au 02 32 91 94 94 ou sur www.lerivegauche76.fr
  • photo : Jean-Louis Fernandez
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