Les élus de Bosc-Roger-sur-Buchy expliquent pourquoi ils veulent une « défusion »

Les élus de Bosc-Roger-sur-Buchy expliquent pourquoi ils veulent une « défusion »

Neuf des élus de Bosc-Roger-sur-Buchy (Seine-Maritime) ne se représenteront pas au sein de la commune nouvelle en mars prochain, après leur demande de défusion. 

Neuf des élus de Bosc-Roger-sur-Buchy (Seine-Maritime) ne se représenteront pas au sein de la commune nouvelle en mars prochain, après leur demande de défusion.  (©DR)

Les neuf élus de Bosc-Roger-sur-Buchy qui ont demandé une « défusion » d’avec la commune nouvelle de Buchy (Seine-Maritime) ont diffusé une lettre d’information auprès de la population du village pour expliquer leur choix. Ils nous expliquent les raisons de ce « désamour » pour la commune nouvelle. 

Lire aussi : Commune nouvelle de Buchy, en Seine-Maritime : des envies de « défusion » exprimées par certains élus

Conseiller municipal depuis 1995, 2e adjoint en 2001, 1er adjoint en 2008 et maire en 2014 : ce n’est assurément pas de gaieté de cœur que Jacques Sellier, maire délégué de la commune de Bosc-Roger-sur-Buchy a pris la décision, avec huit autres élus de son équipe, de ne pas figurer sur la prochaine liste pour les élections municipales de mars prochain.

L’été dernier, ce collectif des neuf conseillers rogérois, ainsi qu’ils s’appellent, a fait le choix de demander une « défusion » de la commune nouvelle de Buchy : une demande qui pour l’heure, n’a pas été suivie d’effet pour cause d’échéance électorale prochaine. Quoi qu’ils décident pour la suite, les neuf élus sortants, qui ne se représentent donc pas, n’ont pas d’autre choix que d’attendre le résultat du scrutin des municipales de mars prochain.

« Une absorption, une perte d’identité »

On sent poindre de l’amertume chez les élus rogérois… mais pas de colère. Jacques Sellier le dit lui-même, ce n’est pas une guerre de personnes et il ne veut pas se fâcher avec les uns ou les autres. Toutefois, lui et son équipe élue se sentent floués et vivent cette fusion comme « une absorption et une perte d’identité, pour nous et pour les habitants. La fusion devait être un partage et un échange de compétences, ce qui n’est pas le cas, la commune de Buchy nous a imposé son fonctionnement, négligeant les apports positifs de notre commune », déclarent-ils, ainsi qu’ils l’ont écrit sur un courrier diffusé aux 750 habitants du village.

« La dot de notre commune était intéressante »

Pas question, quoi qu’il en soit, de nier ce que la commune nouvelle a pu apporter : les élus reconnaissent qu’effectivement, en matière d’enfouissement des réseaux par exemple, le programme a été accéléré. Mais les avantages de la commune nouvelle ne semblent pourtant pas effacer, dans l’esprit des neuf Rogérois, les nombreux points de désaccord. Et parmi les choses qui ne passent pas, les élus citent la perte de leur journal communal : « On avait un vrai journal avant », regrettent-ils… et puis il y a aussi les tarifs pour les concessions au cimetière : « On a dû s’aligner et cela a généré une hausse du coût »…

Quand on est arrivé au sein de la commune nouvelle, nous avions une enveloppe budgétaire positive. Cela nous permettait notamment de payer notre salle des fêtes sans avoir recours à l’emprunt… On avait zéro endettement, la dot de la commune était intéressante , observent Jacques Sellier et ses collègues élus.

Trop de précipitation ?

Finalement, Jacques Sellier estime que pour cette commune nouvelle, « tout a été fait dans la précipitation, avec cette carotte des baisses de dotations de l’État. On était persuadé que la loi NOtre (Ndlr : loi sur la nouvelle organisation territoriale de la République, qui incite les petites communes à fusionner entre elles) allait s’appliquer rapidement pour toutes les communes, ce qui explique cette précipitation. Mais aujourd’hui, cette loi ne s’applique pas », constate le maire.

Dans quelques semaines, les électeurs vont être appelés aux urnes pour les municipales. Le maire délégué sortant de Bosc-Roger et son équipe ne seront pas sur la liste des candidats de la commune nouvelle, mais en attendant, ils ont voulu s’exprimer auprès de ceux qui les ont élus en 2014, par loyauté en quelque sorte. « On a un peu le sentiment de les avoir trahis dans cette commune nouvelle », déplore un des élus sortants.

76actu

Les commentaires sont fermés.

Fabriqué avec WordPress | Theme: SpicePress par SpiceThemes