Selon les syndicats, le Centre national d’enseignement à distance (Cned) de Rouen (Seine-Maritime) souffre d’un manque d’effectifs, laissant 5 000 élèves sans suivi. (©Adobe Stock/Illustration)
La situation est tendue au Cned de Rouen (Seine-Maritime). Le non-renouvellement d’une contractuelle au sein de l’établissement d’enseignement à distance a cristallisé, en février 2019, selon les syndicats, les difficultés rencontrées par les agents. De son côté, la direction promet des améliorations prochaines au sein de l’établissement public qui assure les cours à distance pour 25 000 élèves, pour l’essentiel des collégiens, en France et dans le monde.
Lire aussi : Pour se faire entendre, étudiants et enseignants de la fac de Rouen rédigent un cahier de doléances
Une étincelle réveille le « malaise »
« C’est une vraie poudrière en ce moment », nous glisse-t-on sous couvert d’anonymat. L’étincelle a été l’annonce du non-renouvellement d’une contractuelle qui officiait depuis deux ans au sein du Centre national d’enseignement à distance (Cned) de Rouen. Selon Élise Bozec-Baret, représentante du personnel au sein du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc), ce cas a « réveillé le malaise latent au sein du Cned » :
C’est une collègue qui était très investie dans son travail, elle a fait des heures non payées et parce que c’est une contractuelle, on ne peut pas la garder alors qu’on manque de personnel.
De son côté, la direction générale du Cned explique qu’il n’était pas possible de la renouveler car elle était arrivée au terme des deux ans maximum de contrat qu’elle pouvait légalement effectuer. « On recrute des contractuels pour assurer la continuité du service lorsqu’un poste est vacant, dans l’attente du recrutement d’un fonctionnaire », détaille Céline Brugeon, secrétaire générale du Cned.
Lire aussi : Université de Rouen : pourquoi les enseignants en informatique ne donnent plus de cours ?
« 5 000 élèves livrés à eux-mêmes »
Seulement, d’après les syndicats, le Cned de Rouen peinerait à recruter des fonctionnaires détachés pour occuper les postes vacants. D’après Élise Bozec-Baret, cela résulterait d’une « mauvaise publicité des annonces de recrutement. Mais aussi parce que cela coûte moins cher d’avoir un contractuel mis à disposition par le rectorat plutôt qu’un fonctionnaire payé par le Cned ». En conséquence, il y a, selon la syndicaliste, « un mouvement incessant dans les effectifs, un turn-over permanent qui fait qu’on manque toujours d’effectifs. »
Cela crée une vraie souffrance au travail mais surtout cela fait que des élèves ne sont pas suivis. En ce moment, on a 5 000 élèves qui sont livrés à eux-mêmes.
Vers une « amélioration prochaine » ?
« Le suivi des élèves peut en effet en souffrir », reconnaît Céline Brugeon tout en assurant « ne pas avoir reçu d’alerte spécifique sur le site de Rouen » concernant les difficultés rencontrées par le personnel.
La secrétaire générale du Cned promet en tout cas « une amélioration prochaine de la situation. La réforme des collèges a occasionné un surcroît de travail mais en 2019 cela devrait aller mieux. Sur deux postes vacants, des contractuels vont arriver sous peu ».
On va aussi publier les annonces au Bulletin officiel de l’éducation nationale pour se donner plus de chances de trouver des fonctionnaires.
Des annonces qui ne convainquent pas vraiment la représentante du Snalc, jugeant qu’elles ne sont que « temporaires, puisqu’il s’agit encore de recruter des contractuels ».
À l’instar des autres syndicats (FSU et Unsa), le Snalc entend bien rester vigilant sur la situation du Cned de Rouen. « La direction générale est dans la théorie, nous sommes dans la pratique, on voit ce qui fonctionne ou pas. Il est urgent de trouver des solutions pérennes. »
Lire aussi : La fusion des académies de Normandie « nous rendra plus forts et attractifs », selon le recteur