L’enquête de terrain a démarré pour comprendre l’origine de l’incendie à l’usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), mardi 8 octobre 2019. (©AFP/LOU BENOIST)
Le parquet de Paris a annoncé mardi 8 octobre 2019 le début des investigations sur le site de l’usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), l’enquête n’ayant pas encore permis de « déterminer les causes de l’incendie ni de localiser avec certitude l’origine du sinistre » du 26 septembre.
« La persistance de points chauds sur les sites concernés ne permettait pas jusqu’à présent de procéder aux constatations sur le terrain » où ont brûlé 5253 tonnes de produits chimiques sur le seul site de l’usine, a expliqué le procureur de Paris dans un communiqué.
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39 auditions et des dizaines de vidéos
Les constatations de terrain qui commencent mardi « dureront plusieurs jours et visent à rechercher la zone de départ de l’incendie et à en expliquer son déclenchement », poursuit le communiqué du procureur de Paris, dont le pôle Santé publique a repris les investigations depuis une semaine, en raison notamment de la « complexité » des investigations et de l’ampleur du sinistre.
Les constatations « seront réalisées par 13 enquêteurs de la Gendarmerie nationale (dont 6 experts incendie) », notamment issus de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie. Environ 130 plaintes ont été déposées à ce jour, « principalement du chef de mise en danger de la vie d’autrui », a précisé le procureur.
Dans le cadre de l’enquête, la police judiciaire locale a « d’ores et déjà réalisé 39 auditions et saisi plusieurs dizaines de vidéos, extraites des systèmes de vidéo-surveillance, qui sont en cours d’analyse ».
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« Aucune piste exclue »
Les policiers de l’Oclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique) ont pour leur part « délivré des réquisitions, procédé à des auditions de sachants (experts, ndlr) et collecté de nombreux documents aux fins d’exploitation », a ajouté le procureur.
Le secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait indiqué jeudi qu’aucune piste, criminelle ou accidentelle, ne pouvait être exclue. « L’enquête permettra de le déterminer », avait-il dit sur Europe 1. La société Lubrizol a, quant à elle, affirmé la semaine dernière que l’incendie avait vraisemblablement commencé à l’extérieur du site en se basant sur « la vidéosurveillance et des témoins oculaires ». Elle avait annoncé un dépôt de plainte contre X pour « destruction involontaire ».
Dans le même temps que l’enquête judiciaire, l’enquête administrative se poursuit également. Les autorités ont annoncé lundi « mettre la pression » aux deux entreprises impactées par l’incendie, Lubrizol et Normandie Logistique.
Outre l’origine de l’incendie, de nombreuses questions demeurent sur les conséquences sanitaires et environnementales de la catastrophe. La population continue à ce jour d’être incommodée par des odeurs marquées, tandis que les récoltes ont été interdites dans 112 communes.
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Avec AFP