Un jeune homme, une canette de bière et une mort violente… C’est une scène racontée dans un grand souffle dans Ce que j’appelle oubli, un livre de Laurent Mauvignier que porte à la scène Michel Raskine. La pièce se joue vendredi 1er avril au Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray.
Ces deux-là ont quasiment le même âge, un physique si proche qu’ils pourraient être frères. L’un est comédien, l’autre, percussionniste. Les voilà réunis sur scène grâce à Michel Raskine. Le metteur en scène souhaitait un duo et il l’a constitué avec Thomas Rortais qu’il connaît bien et Louis Domallain qu’il a appris à découvrir.
Pour eux, il avait envie d’un « grand texte avec une belle langue qui supporte d’être contredite par la musique ». Au hasard de ses lectures, Michel Raskine repère Ce que j’appelle oubli de Laurent Mauvignier. « Par curiosité, j’ai ensuite lu d’autres livres de lui. Laurent Mauvignier fait partie de ces auteurs dont on devient accro ». Le metteur en scène a tout d’abord été « surpris par la langue. C’est impressionnant. L’histoire est écrite en une seule phrase, tout en étant extrêmement maîtrisée. Son vocabulaire est commun dans le bon sens du terme. Tout le charme vient du style. Il sait faire cohabiter les mots en leur donnant une étrangeté. Quelque chose émane des lignes et des phrases et emmène vers des espaces mystérieux. Il ne révèle pas tout ».
Comme une partition
Dans Ce que j’appelle oubli, Laurent Mauvignier revient sur un événement tragique survenu à Lyon en 2009. Dans un supermarché, un jeune homme prend un canette de bière, la boit et se retrouve lynché. Il ne survivra pas aux coups qu’il a reçus. « L’histoire se déroule le temps d’un fait divers. Ce sont quelques minutes d’une vie et d’une mort et Laurent Mauvignier va dans tous les recoins », remarque Michel Raskine.
Sur scène, Thomas Rortais fait entendre la langue de Mauvignier. Pour y parvenir, « il a fallu enquêter sur le texte. Je craignais beaucoup ce travail sur le passage à l’oral. En fait, nous n’avons rencontré aucune difficulté. Nous avons mené ce travail comme sur une partition parce qu’il y a quelque chose de très musical. Ensuite, nous avons amené le sens. Au théâtre, c’est du sens tout le temps ». Louis Domallain accompagne le comédien. Il est là comme un double et vient souligner le texte avec ses percussions. Pour garder le rythme, le duo travaille cette partition exigeante tous les jours.
Infos pratiques
- Vendredi 1er avril à 20h30 au Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray
- Durée : 1 heure
- Tarifs : de 18 à 5 €. Pour les étudiants : carte Culture.
- Réservation au 02 32 91 94 94 ou sur www.lerivegauche76.fr