Le patrimoine historique et culturel doit être mis au coeur du développement économique territorial… Surtout en Normandie!

Le patrimoine historique et culturel doit être mis au coeur du développement économique territorial… Surtout en Normandie!

Le 4 septembre 2020 en l’abbaye aux Dames de Caen siège du conseil régional de Normandie était signée une importante convention entre la région Normandie et l’association nationale Sites et cités remarquables présidée par Martin Malvy et dont le siège est à Bordeaux:

L’objectif est de proposer une politique publique d’accompagnement des élus locaux normands qui souhaitent investir dans la ressource patrimoniale de leur territoire pour contribuer au développement économique: le patrimoine architectural religieux, urbain, public ou privé, les oeuvres et le mobilier d’art, les témoignages et les héritages historiques, le patrimoine naturel, paysager et végétal (parcs, jardins, arbres, anciens cimetières, paysages ruraux) ne doivent plus être considérés comme une charge encombrante du passé, une source de complexité, une inquiétude financière.

Mais il y a, hélas, pire:

Lorsque la qualité patrimoniale notamment urbaine et architecturale n’est pas perçue ni reconnue, on se retrouve avec des défigurations, des dégradations et des destructions parfois irréversibles d’une qualité patrimoniale qu’il aurait fallu protéger, restaurer, mettre en valeur: la rénovation énergétique dans le bâti ancien pose, par exemple, des problèmes redoutables pour les décors extérieurs et intérieurs, les modénatures sur les façades, la couleur et l’authenticité des matériaux, la quasi disparition de notre patrimoine du second oeuvre (portes, fenêtres et volets en bois remplacés par des huisseries en PVC et des volets roulants)…

Mais il y a aussi les atteintes esthétiques aux abords des monuments historiques: un mobilier urbain inadapté, trop visible, de mauvais goût et on ne parlera pas du scandale esthétique absolu des entrées de ville, totalement massacrées par la médiocrité architecturale et formelle imposée par les enseignes commerciales de la grande distribution.

Le patrimoine végétal est encore moins perçu comme tel que le patrimoine architectural: on ne compte pas le nombre d’arbres isolés ou en alignement qui sont régulièrement abattus sous divers prétextes par les services dits des « espaces verts » des municipalités mais face au mécontentement de plus en plus fort des populations, les élus commencent à comprendre qu’il y a certainement mieux à faire que de tronçonner des arbres d’un certain âge qui donnent la qualité urbaine qui manque trop souvent à l’urbanisme et l’architecture de ces cinquante dernières années…

Il y a urgence à sensibiliser voire à éduquer au patrimoine, mais aussi à accompagner les bonnes volontés, à partager les expériences, à donner les bons conseils pour réussir et améliorer les projets quand ils existent voire d’en susciter…

Alors que les politiques publiques patrimoniales qui dépendent du ministère de la Culture sont dans un état de délabrement aussi avancé que certains de nos monuments historiques, on sent et c’est heureux, la montée en puissance d’une certaine prise de conscience chez les élus locaux que le patrimoine est une richesse héritée des temps passés qui permet d’investir durablement dans l’avenir du territoire:

Bien souvent, le patrimoine notamment architectural, sert d’écrin et apporte la valeur ajoutée indispensable à des projets qui sans le patrimoine en auraient beaucoup moins voire pas du tout…

La Normandie qui est une grande région patrimoniale, qui a inventé dès le XIXe siècle la notion de monument historique, l’archéologie médiévale monumentale et le tourisme culturel, doit être la région pilote française d’une politique régionale de valorisation et de protection du patrimoine en tant que tel: le patrimoine doit donc être intégré à la politique régionale normande d’intelligence économique en tant que ressource stratégique territoriale:

Le patrimoine, c’est le pétrole normand!

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https://www.sites-cites.fr/communique-apres-loccitanie-la-region-normandie-conclut-une-convention-de-partenariat-avec-sites-cites-remarquables-de-france/

Capture d’écran du 2020-09-09 12-53-11

https://www.sites-cites.fr/wp-content/uploads/2020/09/Communique-de-presse-Signature-Convention-Normandie-Sites-Cites.pdf


 

Voir aussi cette annonce:

« Patrimoine et territoires »

Le patrimoine comme ressource territoriale essentielle pour le développement économique sera aussi le thème du prochain salon international du patrimoine culturel qui se tiendra au carroussel du Louvre à Paris du 28 au 31 octobre 2020:

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https://www.patrimoineculturel.com/

Créé il y a près de 25 ans, le Salon International du Patrimoine Culturel s’impose comme le salon du patrimoine le plus ancien et le plus important sur la scène européenne. Il s’inscrit, depuis sa création, comme le rendez-vous incontournable des acteurs du secteur : professionnels de la restauration et de la sauvegarde du patrimoine bâti ou non bâti, matériel ou immatériel.

Attendus des professionnels en charge de protéger et de transmettre la richesse de notre culture, il réunit chaque année plus de 330 exposants au sein du Carrousel du Louvre. Témoignant de la diversité des acteurs et de la multiplicité de leur compétence, il est l’occasion de nombreuses rencontres et de partages d’expériences autour de la protection des patrimoines.

Attractif, chaleureux et innovant le salon passionne ses nombreux visiteurs (97% des visiteurs 2016 sont satisfaits par la qualité des exposants) qui viennent y découvrir la vitalité et le professionnalisme des exposants.

Moment d’échange entre les visiteurs et les professionnels, il l’est aussi avec les nombreux intervenants présents lors des quelques 30 conférences et tables rondes organisées pendant toute la durée du salon.

Avec un taux de fidélisation moyen des exposants de près de 65%, le salon est devenu un rendez-vous majeur du calendrier des professionnels du secteur. Qu’ils soient français ou internationaux, tous ont à cœur de venir présenter l’excellence et la singularité de leur savoir-faire et de rencontrer un public passionné et qualifié.


 

Alors que le label « ville d’art et d’histoire » existe déjà avec un cahier des charges qui n’est pas assez contrôlé par les autorités du ministère de la Culture et que les DRAC ont perdu une partie notoire de leurs moyens notamment juridiques pour faire respecter l’intérêt général de l’art et du patrimoine auprès des élus locaux ou des particuliers, on s’interrogera sur l’intérêt et l’efficacité d’un nouveau label culturel pour les villes proposé par la ministre de la Culture alors que les urgences sont d’éviter l’effondrement général des politiques publiques d’entretien et de protection de notre patrimoine historique, artistique et culturel…

https://www.francetvinfo.fr/culture/la-ministre-de-la-culture-annonce-le-lancement-d-un-label-culturel-pour-les-villes-de-moins-de-200-000-habitants_4098393.html

La ministre de la Culture annonce le lancement d’un label culturel pour les villes de moins de 200 000 habitants

« Ce nouveau label distinguera tous les deux ans l’attractivité culturelle d’un territoire de vie », a précisé la ministre Roselyne Bachelot

La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, a annoncé le prochain lancement d’un nouveau label qui sera attribué tous les deux ans à des villes moyennes ou un groupement de collectivités pour « distinguer » leur « attractivité culturelle« . « Pour permettre la mise en valeur et le rôle moteur des villes dans l’innovation culturelle, je lancerai dans les prochains jours la première édition des capitales françaises de la culture« , a affirmé la ministre à l’occasion des troisièmes rencontres d’Action coeur de ville (ACV), programme dont l’objectif est de revitaliser le centre des villes moyennes.

« Ce nouveau label distinguera tous les deux ans l’attractivité culturelle d’un territoire de vie, c’est-à-dire d’une ville ou d’un groupement de collectivités de moins de 200 000 habitants« , a-t-elle ajouté, précisant que cette initiative a le soutien de la Caisse de dépôts, du ministère des Affaires étrangères et de celui de la Cohésion des territoires.

Des quartiers culturels créatifs

« Ce label donnera une visibilité particulière à ces territoires qui profitera à leur fréquentation touristique, mais aussi à la participation active des habitants à la vie culturelle« , a expliqué la ministre qui souhaite donner aux villes moyennes un rôle actif en faveur de « l’innovation culturelle« . Elle a également souhaité l’implantation « dans les villes moyennes des quartiers culturels créatifs qui, jusqu’ici, ont surtout trouvé leur place dans les grandes villes« .

Selon elle, ces nouveaux lieux auraient vocation à devenir « un lieu d’incubation de travail collectif, ainsi qu’un espace ouvert au public et aux artistes« . « Ils permettent aussi de soutenir l’installation de jeunes entreprises en leur proposant un accompagnement qui les aide à grandir, tout en assurant à nos concitoyens une offre culturelle de proximité innovante« , a-t-elle ajouté. ACV, un programme lancé fin 2017 qui dispose d’une enveloppe de 5 milliards d’euros sur cinq ans, compte notamment sur la culture pour revitaliser les centres de 222 villes moyennes, entre 20 000 à 100 000 habitants.


 

Commentaire de Florestan:

L’idée d’ateliers collectifs d’artistes et de créateurs est intéressante mais on peut craindre que ces lieux d’incubation (sic) n’accouchent surtout que des fadaises idéologiques dominantes. Cette initiative pose une question:

Comment faire respecter une authentique liberté de création pour que toutes les esthétiques et toutes les approches idéologiques aient le droit de citer?

Mais aussi une autre:

Les artistes, les créateurs et les amateurs locaux seront-ils pris en compte sinon favorisés pour participer à « une offre culturelle de proximité innovante »?

En un mot:

Ne refaisons pas l’erreur des FRAC qui imposent aux réalités artistiques locales un cahier des charges national, autrement dit un art officiel aussi subventionné qu’insignifiant!

Réunis le 4 septembre 2020 à l’Abbaye aux Dames de Caen, Hervé MORIN, Président de la Région Normandie et Martin MALVY, Président de Sites & Cités ont présenté les axes de partenariat, devant près de 50 élus, professionnels de collectivités territoriales, représentants des assemblées parlementaires et partenaires.

Mieux prendre en compte le patrimoine et son potentiel de développement régional, inscrire durablement les patrimoines en tant que leviers de la revitalisation des territoires, proposer aux collectivités et aux partenaires des espaces de rencontres et d’échanges, tels sont les grands enjeux de cette convention triennale (2020–2022), qui s’orchestre en quatre temps :

  • Lier les connaissances du patrimoine avec le développement des territoires, afin de mieux valoriser les territoires et construire les outils d’urbanisme patrimoniaux qui permettent la redynamisation des villes, petites et moyennes.
  • Accompagner la restauration et la rénovation énergétique du bâti et créer du lien entre les professionnels de la rénovation énergétique et les professionnels de la restauration du bâti ancien.
  • Renforcer la prise en compte de la valorisation patrimoniale dans les politiques de développement touristique ou comment inscrire durablement la relation entre acteurs du tourisme et du patrimoine dans le cadre des filières animées par la Région.
  • Partager des expériences dans des actions de coopération interrégionale, européenne et internationale, à partir des politiques et des programmes mis en place par la Région Normandie et d’autres régions.

Réunis le 4 septembre 2020 à l’Abbaye aux Dames de Caen, Hervé MORIN, Président de la Région Normandie et Martin MALVY, Président de Sites & Cités ont présenté les axes de partenariat, devant près de 50 élus, professionnels de collectivités territoriales, représentants des assemblées parlementaires et partenaires.

Mieux prendre en compte le patrimoine et son potentiel de développement régional, inscrire durablement les patrimoines en tant que leviers de la revitalisation des territoires, proposer aux collectivités et aux partenaires des espaces de rencontres et d’échanges, tels sont les grands enjeux de cette convention triennale (2020–2022), qui s’orchestre en quatre temps :

  • Lier les connaissances du patrimoine avec le développement des territoires, afin de mieux valoriser les territoires et construire les outils d’urbanisme patrimoniaux qui permettent la redynamisation des villes, petites et moyennes.
  • Accompagner la restauration et la rénovation énergétique du bâti et créer du lien entre les professionnels de la rénovation énergétique et les professionnels de la restauration du bâti ancien.
  • Renforcer la prise en compte de la valorisation patrimoniale dans les politiques de développement touristique ou comment inscrire durablement la relation entre acteurs du tourisme et du patrimoine dans le cadre des filières animées par la Région.
  • Partager des expériences dans des actions de coopération interrégionale, européenne et internationale, à partir des politiques et des programmes mis en place par la Région Normandie et d’autres régions.
Letoile de Normandie

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