Les responsables de la police nationale et de la gendarmerie en Seine-Maritime estiment que les LBD sont des « armes utiles » pour « maintenir les manifestants virulents à distance ». (©Jérémy Bonnet/Normandie-actu)
À en croire les patrons de la police nationale et de la gendarmerie en Seine-Maritime, il ne faudrait pas ôter des mains des forces de l’ordre les lanceurs de balles de défense (LDB). Selon la préfète Fabienne Buccio, il s’agit « d’armes utiles » pour le maintien de l’ordre. Une position tenue devant la presse, mercredi 30 janvier 2019, alors même que le Conseil d’État examinait, le jour-même, des recours concernant la suspension de l’usage de ces armes, utilisées régulièrement lors des manifestations des Gilets jaunes.
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Quatre plaintes déposées
L’usage des LBD est de plus en plus contesté dans l’opinion publique, surtout depuis la grave blessure à l’œil d’une figue du mouvement Jérôme Rodrigues, lors de l’acte XI à Paris. Un collectif rouennais, Face aux armes de la police recense des blessés par les grenades Gli-F4 et LBD 40 et milite pour leurs interdictions, parlant « d’armes de mutilation massive ».
Mercredi 30 janvier, le Conseil d’État examinait trois recours déposés en urgence par le syndicat CGT et la Ligue des droits de l’Homme (LDH) pour obtenir la suspension de l’usage du LBD dans les manifestations, rappelle France 24.
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Philippe Trénec, directeur départementale de la sécurité publique, a indiqué mercredi que quatre plaintes avaient été déposées concernant ces armes et que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) avait été saisie pour deux de ces procédures.
Cocktails Molotov et boules de pétanque
Pour la première fois devant la presse, la préfète Fabienne Buccio s’est exprimée sur l’utilisation des LBD 40, mis en cause. La représentante de l’État dans le département a estimé ces armes « utiles » dans le cadre du maintien de l’ordre. Philippe Trénec, tout en restant prudent sur ce dossier sensible, a abondé en ce sens en indiquant qu’il s’agissait « d’un moyen de défense intéressant pour nous », tout en rappelant que lors des précédentes manifestations des Gilets jaunes, « des personnes ont été interpellées avec des cocktails Molotov et des boules de pétanque ».
Lors des vœux de la préfète @Prefet76 #SeineMaritime à la presse, Le directeur de la @PoliceNat76 Philippe Trénec, et le général Bruno Bresson (@gendarmerie_076) ont estimé que le #LBD "est un moyen de défense intéressant" pour "maintenir à distance". pic.twitter.com/Xl8fsBA4zq
— Raphaël Tual (@raphtual) January 30, 2019
Présent lors de la conférence de presse, le général Bruno Besson, commandant de la région gendarmerie Normandie, a tenu a rappeler que « le LBD a été conçu pour maintenir à distance. Si demain, on ne peut plus maintenir à distance les manifestants les plus virulents, nous irions au devant d’importantes difficultés. »
Le ministre de l’Intérieur ne souhaite « pas de suspension »
Sur le sujet, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est exprimé sur BFMTV, mardi 29 janvier :
Si on retire ces armes à ces policiers, ils leur reste le corps-à-corps quand ils sont agressés ou leur arme de service. Je ne souhaite pas qu’ils utilisent leur arme de service et je souhaite éviter le corps-à-corps.
Le ministre s’est clairement positionné contre la suspension de l’usage du LBD, mais envisage des améliorations. Depuis samedi 26 janvier, les policiers ou gendarmes armés d’un LBD sont munis des caméras-piéton, une annonce faite par le ministre pour tenter de répondre à la polémique. Une mesure dont l’efficacité est contestée. Christophe Castaner affirme que « chacun des tirs fait l’objet d’un rapport ».
Le site CheckNews.fr au 30 janvier, a recensé 144 personnes grièvement blessées lors des manifestations des Gilets jaunes, dont 92 par des tirs de lanceur de balle de défense. Quatorze victimes ont perdu un œil.
LBD et grenades : "Pas de suspension, mais des améliorations" explique Christophe Castaner pic.twitter.com/iX7Il9Kl0A
— BFMTV (@BFMTV) January 29, 2019