Alors que des étudiants avaient commencé à lui lire une lettre ouverte sur le projet de fusion des universités, Joël Alexandre, président de l’université Roue-Normandie, a feint de les ignorer (©YR/76actu)
À 8h30 vendredi 21 février 2020, Joël Alexandre, le président de l’université de Rouen (Seine-Maritime), pensait recevoir des étudiants et doctorants pour une réunion sur la fusion des universités de Rouen et Caen (Calvados). Mais, il ne s’attendait vraisemblablement pas à ce que cette réunion tourne court aussi rapidement. Alors qu’il venait d’ouvrir la porte, un membre du groupe a dégainé une lettre ouverte surprise -reprenant les craintes et revendication des étudiants – qu’il a commencé à lire devant le président. Un « coup de théâtre » que ce dernier n’a pas apprécié.
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Un acte « très théâtral » pour le président de l’université
La façon de procéder des étudiants réunis vendredi matin pour ce qui devait être un débat autour du sujet de la fusion des universités n’a pas été au goût du président. Ce dernier a juge immédiatement « très théâtral » et impropre au « débat », la manière de faire.
Mais pour Alexis, le lecteur de la lettre, il s’agissait purement et simplement du « meilleur moyen » pour exposer leurs revendications :
On a déjà eu une réunion avec lui et ce n’était vraiment pas top… Il n’y avait pas de débat et ses réponses n’étaient pas du tout clair. Aujourd’hui, on ne sait toujours pas à quelle sauce on va être mangés sur cette question de fusion.
Le président claque la porte
Alors que ce dernier, doctorant en philosophie lisait cette « lettre ouverte » portée par « l’assemblée générale de l’université de Rouen », le président a rapidement dénoncé un « coup de théâtre ». À chaud, il a claqué la porte au nez des étudiants et doctorants avant de ressortir et de feindre de les ignorer en marchant dans les couloirs. Une réaction qu’il a justifié par la tromperie dont il a fait l’objet :
J’ai accepté de les rencontrer pour qu’on instaure un débat. Je suis totalement ouvert au dialogue et prêt à écouter leurs craintes. Mais là, on n’était pas dans un lieu de débat.
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Retrouvez le direct Facebook assuré par les étudiants au cours de la lecture de cette lettre
De son côté, Joël Alexandre soutient : « Ça ne changera pas grand chose. Au lieu d’avoir deux instances différentes (Rouen et Caen, NDLR), il n’y en aura plus qu’une seule. Au lieu d’avoir deux présidents, il n’y en aura plus qu’un seul. » dit-il avant de préciser que les classes trop peu nombreuses des deux universités seront « communes » à « un même site ».