Porte close pour les journalistes, lors d’une journée de sensibilisation à la radicalisation, à Darnétal (Seine-Maritime), le 28 novembre 2019. (©Le Bulletin de Darnétal)
L’événement était organisé par la Ville de Darnétal (Seine-Maritime), la Caisse d’allocations familiales et la préfecture, jeudi 28 novembre 2019, et visait à sensibiliser les acteurs locaux au contact de public au concept de radicalisation. Un débat était prévu sur les différents processus qui mènent à la radicalisation, et des problématiques comme la laïcité ou la mixité devaient également être abordées. Autant de sujet sensibles pour un événement auquel la presse avait été conviée… mais auquel elle n’a finalement pu assister…
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Méfiance envers les journalistes
Une des intervenantes, assistante sociale dans un collège, a en effet estimé que la présence de journalistes n’était pas souhaitable, par crainte que les propos tenus soient mal interprétés… Une méfiance qui a conduit à expulser de la mairie les journalistes présents, sans plus de considération. Le maire Christian Lecerf a appelé la Rédaction du Bulletin de Darnétal pour présenter ses excuses pour cet « incident » et a, dans la foulée, publié un communiqué de presse… pour officialiser ce mea culpa.
« Dans le cadre de la journée de sensibilisation sur la radicalisation, un incident regrettable a eu lieu entre certains participants et les journalistes locaux. Certains participants ont estimé que la présence de la presse pouvait nuire à la libre expression de chacun », relate ainsi le maire de Darnétal, qui se dit « navré de la tournure excessive prise par cet incident ».
Il n’y a pas de sujet tabou à Darnétal, et j’en appelle pour ma part à la responsabilité de chacun, s’agissant d’un sujet aussi sensible et important à mes yeux. Au nom de la Ville, je présente mes excuses aux représentants de la presse s’ils ont pu se sentir exclus, plaide ainsi Christian Lecerf.
Selon l’élu, la journée était organisée dans le cadre d’une formation pour les professionnels et les journalistes pouvaient effectivement rencontrer les intervenants… mais en dehors de la formation. Il n’en reste pas moins que traiter d’un sujet sur la radicalisation tout en excluant des journalistes qui sont effectivement un relais de l’information, peut sembler quelque peu paradoxal.