La mère d’un enfant autiste manifeste devant le Département pour les droits de son fils

La mère d’un enfant autiste manifeste devant le Département pour les droits de son fils

Camille, maman d'un enfant autiste, a manifesté seule devant le Département de Seine-Maritime, mardi 25 février 2020, pour faire reconnaître les droits de son fils.

Camille, maman d’un enfant autiste, a manifesté seule devant le Département de Seine-Maritime, mardi 25 février 2020, pour faire reconnaître les droits de son fils. (©DR)

Camille a frappé à toutes les portes, envoyé des dizaines de courriers, au Département de Seine-Maritime, dans les ministères… Elle a saisi le Défenseur des Droits Jacques Toubon… Elle a même remis  un courrier au Président de la République Emmanuel Macron, un jour où il se trouvait dans le Nord de la France. Elle s’est également rapprochée de la députée LREM de circonscription Annie Vidal (Lire ci-dessous)… Depuis trois ans, cette maman d’un enfant autiste âgé de cinq ans se bat ainsi sur tous les fronts pour que ses droits soient respectés, notamment en matière d’aides pour l’éducation de son enfant. Aujourd’hui, elle souhaite être reçue par le président du Département et mardi 25 février 2020, seule avec son petit carton, elle s’est rendue devant les grilles de la collectivité à Rouen pour manifester et attirer l’attention sur sa situation. 

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« J’ai demandé à rencontrer le président du Département »

« La loi et les droits de mon fils ne sont pas respectés, en ce qui concerne les indemnités que nous aurions dû percevoir au titre du handicap de mon enfant. J’ai appelé plusieurs fois la MDPH [Maison départementale des personnes handicapées, NDLR] je suis déjà allée deux fois au Département et on ne m’a jamais donné de rendez-vous. On m’a seulement dit qu’une réunion serait organisée pour évoquer mon dossier, mais qu’avec les vacances, ce n’était pas simple. J’ai aussi demandé à rencontrer le président monsieur Bellanger, mais je n’ai pas eu de retour », insiste Camille.

Selon la mère de famille, le dossier de son enfant aurait dû lui permettre d’avoir notamment accès à ce qu’on appelle le droit d’option, c’est-à-dire au complément d’allocation d’éducation de l’enfant handicapé. « L’avis rendu par le neuro-pédiatre stipule que mon fils peut avoir accès au Sessad [Services d’éducation spéciale et de soins à domicile, NDLR], ce qui n’est pas le cas », poursuit-elle, qui a calculé que globalement, depuis trois ans, elle aurait dû percevoir un montant d’aides de près de 20 000 euros, pour faire face aux besoins particuliers de son enfant handicapé. 

Une situation financière difficile

Or, ce n’est pas le cas et aujourd’hui, la famille se retrouve dans une situation financière très difficile, devant puiser dans ses propres économies : « Le risque ce sont les répercussions pour notre enfant. On ne peut plus payer par exemple la présence d’une éducatrice spécialisée », déplore Camille, qui constate que sans l’aide financière de ses parents et de ses beaux-parents, elle ne sait pas comment elle pourrait faire face. 

Il n’empêche qu’elle estime cette situation intolérable. « Je suis prête à tout, c’est pour ça que je suis venue manifester toute seule. J’aimerais tellement qu’on retrouve notre vie », confie avec lassitude la mère de famille, qui ne souhaite au final qu’une chose : rencontrer le président du Département, afin de trouver une solution pour qu’elle puisse percevoir ce à quoi son fils a droit. Un autre combat en somme pour cette famille, qui avait déjà dû batailler il y a quelques mois, pour que leur enfant soit changé d’école. 

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La députée Annie Vidal confirme que le Sessad va débuter début mars
« C’est une famille que j’accompagne depuis longtemps, notamment depuis les soucis d’intégration qu’avait rencontrés leur enfant, au sein d’une école », souligne Annie Vidal, qui apporte aujourd’hui une nouvelle positive : début mars, dans quelques jours donc, le Sessad, pour la prise en charge à domicile, devrait commencer et permettre à la famille de souffler un peu financièrement, pour une partie des besoins de l’enfant. « J’ai également sollicité le Département pour qu’une aide exceptionnelle puisse être débloquée et la somme de 500 euros va être allouée à cette famille, même si je sais que cette aide n’est pas à la hauteur du secours attendu », observe la députée. 

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