La fusion des académies de Normandie « nous rendra plus forts et attractifs », selon le recteur

La fusion des académies de Normandie « nous rendra plus forts et attractifs », selon le recteur

Une partie du personnel de l'Éducation nationale a spontanément manifesté dans la cour du rectorat de Rouen (Seine-Maritime), lundi 25 février 2019.

Une partie du personnel de l’Éducation nationale a spontanément manifesté dans la cour du rectorat de Rouen (Seine-Maritime), lundi 25 février 2019. (©RT/76actu)

La fusion des académies normandes de Rouen (Seine-Maritime) et Caen (Calvados) va se poursuivre « dans le dialogue ». C’est ce qu’a expliqué au personnel de Rouen et Caen le recteur régional Denis Rolland, lundi 25 février 2019, dans la matinée. Venant ainsi préciser les annonces faites par le ministre de l’Éducation nationale. Jean-Michel Blanquer, dans une interview accordée à AEF info, a indiqué que les académies ne fusionneraient pas, sauf celles de Normandie.

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« Le pire aurait été une décision de retour en arrière »

« Nous poursuivons la fusion de l’académie de Normandie qui est déjà bien engagée », avait expliqué le ministre Blanquer. « La décision du gouvernement facilite notre travail parce qu’on a déjà bien avancé. Le pire aurait été une décision de retour en arrière », a indiqué Denis Rolland.

Le jour de la rentrée scolaire, le recteur est donc venu assurer le service après-vente à la suite des annonces gouvernementales, alors que l’institution est confrontée à des oppositions fortes.

La fusion des académies normandes a été enclenchée en novembre 2017. « Nous avançons sans difficulté particulière quoi qu’on en dise », assure Denis Rolland devant la presse, visant ainsi le personnel mobilisé dans la cour du rectorat au même moment. Les académies rouennaise et caennaise seront bien les seules à fusionner en janvier 2020. Ailleurs, l’ambition est de donner plus de pouvoir aux recteurs de région, épaulés par les recteurs académiques.

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Mais pour Denis Rolland, « nous ne sommes pas une exception, nous rejoignons les autres ». Une question de point de vue. Pour le recteur de région, les académies étaient « parmi les plus petites de France », alors qu’avec cette fusion en marche, l’académie de Normandie sera comparable à celles de Rennes ou Nantes, et même « infiniment plus petite qu’Orléans-Tours ». Bref, pour le recteur, « le nouveau périmètre est cohérent » :

Depuis la fusion des Régions, il y a un vrai projet de territoire en Normandie, avec de nouvelles frontières qui ne font pas débat. L’objectif est de faire en sorte qu’il n’y ait pas plusieurs puzzles : celui politique et ceux des institutions de l’État.

« Plus forts et attractifs »

Denis Rolland en est persuadé : « Le nouveau périmètre nous rendra plus forts et plus attractifs. » Une vision partagée par le secrétaire général du rectorat de Rouen, Mostefa Fliou : « Ni Caen, ni Rouen n’étaient très attractives. Les cadres venaient par défaut parce que pas trop loin de Paris ou de la Bretagne. Demain, nous serons plus attractifs. » Il sera aussi plus simple de parler avec les acteurs extérieurs comme ceux du monde économique, veut croire Denis Rolland.

Les contours de cette fusion sont encore flous et seront à construire « avec le personnel, dans le dialogue ». Mais déjà des garanties ont été actées : « maintien des deux sites et des effectifs », « aucune perte de moyens liée à la fusion », « un service public de l’Éducation renforcé », « aucune mobilité non-volontaire » et « alignement par le haut des régimes indemnitaires dès l’automne 2019 ».

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« La fin d’un service de qualité »

Malgré ces affirmations, des oppositions persistent. « C’est normal, tout changement génère des inquiétudes », tempère Chantal Le Gal, secrétaire générale adjointe de Caen. Le personnel en colère assure que « rien n’est prêt ». Pour Ingrid*, participante à la manifestation lundi, cette fusion représente « la fin d’un maillage territorial dense, d’un service de qualité rendu aux élèves, aux parents et enseignants ». Selon ces opposants, ce « changement » entraînera une « désorganisation des services académiques ». Un exemple : « Les délais de gestion sont déjà allongés. Avec un recteur présent à peine la moitié de la semaine à Rouen, un parapheur mis à sa signature met parfois plusieurs semaines à revenir au service concerné. »

L’harmonisation des pratiques entre Rouen et Caen, les « déplacements inévitables », « les décisions souvent incohérentes, annoncées sporadiquement » provoquent « souffrance et épuisements des personnels ».

Déjà, ces opposants ont constaté le « départ volontaire de plusieurs cadres ». Des départs « pour raisons personnelles », assure le rectorat.

Si 2020 reste la date officielle pour la fusion, « on a jusqu’à septembre 2022 pour faire évoluer les choses », veut rassurer Denis Rolland. La prochaine rencontre avec les représentants syndicaux est prévue en mars.

*Le prénom a été modifié.

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