La directrice d’une école du Havre (Seine-Maritime) quittera en juin prochain son poste, à la suite d’un mail envoyé aux parents critiquant la réforme Blanquer. (©Illustration Actu.fr)
Lors du conseil municipal du Havre (Seine-Maritime) lundi 29 avril 2019, une manifestation de soutien à une directrice d’école sanctionnée après avoir critiqué la réforme Blanquer via sa messagerie professionnelle a eu lieu.
« Nous n’avons pas à juger une sanction disciplinaire » , a de son côté expliqué le maire Jean-Baptiste Gastinne. Dans un courrier envoyé au directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen), les syndicats soutiennent :
Cette mutation d’office n’est pas légitime, nous ne la reconnaissons pas comme telle. Notre mobilisation contre les réformes Blanquer et pour une école et des services publics de qualité pour tous va se poursuivre ainsi que la mobilisation contre la répression dont nous sommes victimes.
De son côté, le rectorat s’explique. Si la directrice s’en va en juin prochain, « il ne s’agit en aucun cas d’une mobilité géographique forcée ».
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« Il s ‘agissait d’une proposition »
Brigitte Lacoste, directrice de cabinet de la rectrice insiste, mardi 30 avril : « Il est très rare qu’une mesure de mobilité géographique forcée soit prise. » Et dans le cas de la directrice de l’école Lamartine au Havre, « il ne s’agit en aucun cas de cela ».
C’est pourtant bien en ces termes que les syndicats ont évoqué le cas de leur collègue, qui va quitter son poste en juin prochain. « Une erreur qu’elle a reconnue », avait rappelé l’un des nombreux enseignants présent au conseil municipal, lundi 29 avril 2019. Et de reprocher à la mairie d’avoir informé l’inspection académique de ce mail.
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Une sanction « modérée »
« Elle s’est trompée de casquette en agissant ainsi. Et a donc reçu un blâme, il s’agit d’une sanction modérée. Dans ces cas-là, la procédure implique que la personne doit être reçue par le directeur académique des services de l’Éducation nationale », explique le rectorat.
C’est dans le cadre de cet entretien et au vu de difficultés personnelles que le Dasen a proposé à la directrice une mutation qu’elle a acceptée. Si cela n’avait pas été le cas, alors la directrice aurait conservé son poste en juin prochain.
La sanction à l’encontre de la directrice se limite donc selon le rectorat au blâme : « Une mutation forcée aurait été disproportionnée », conclut la directrice de cabinet.