Jalouse, elle met le feu à la maison de son compagnon et celle de son voisin, près de Rouen

Jalouse, elle met le feu à la maison de son compagnon et celle de son voisin, près de Rouen

L'incendie avait pris dans la maison du compagnon de la prévenue pour ensuite se propager à celle de son voisin.

L’incendie à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime) avait pris dans la maison du compagnon de la prévenue pour ensuite se propager à celle de son voisin. (©Archives SL/76actu)

La jalousie peut avoir de terribles conséquences. Une femme de 49 ans a été condamnée à 15 mois de prison ferme, mardi 4 juin 2019 par le tribunal correctionnel de Rouen (Seine-Maritime) pour avoir à Sotteville-lès-Rouen en octobre 2018 incendié deux habitations. Il s’agissait de celle de son compagnon qui avait refusé de dîner avec elle et celle du voisin de ce dernier par propagation. 

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Un chat et un chien décédés

Vendredi 19 octobre 2018, les secours sont contactés par des voisins pour un incendie d’habitation à Sotteville les Rouen. À leur arrivée, les pompiers constatent que le feu a ravagé deux habitations. Un expert en incendie est mandaté et conclut à un départ de feu dans le garage de la première habitation qui s’est ensuite propagé par le toit à l’habitation mitoyenne.

La police ouvre une enquête et très vite, les voisins les orientent vers Chantal*, 49 ans compagne du propriétaire de la maison d’où le feu est parti. Les témoins expliquent l’avoir vu quitter les lieux très vite après le début de l’incendie « d’un pas rapide », précise le tribunal.

Deux animaux sont décédés dans l’incendie par asphyxie. Entendu par les enquêteurs, Michel*, confirme qu’il est en couple avec Chantal* depuis mars et que ce soir là, elle l’avait appelé ivre pour lui demander de manger avec lui, ce qu’il avait refusé en raison de son alcoolisation lui expliquant être chez un ami.

Placée en garde à vue, Chantal a reconnu les faits spontanément et a évoqué une relation toxique avec Michel* avant d’ajouter : « j’étais fâchée contre lui car on devait manger ensemble mais il a invité quelqu’un d’autre alors j’ai bu, j’ai pété les plombs, j’ai pris un briquet et je suis rentrée chez lui par le garage où j’ai mis le feu. »

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« Jalouse, elle a voulu lui faire du mal »

Dans le box des prévenus, Chantal* maintient ses aveux, reconnaissant « sa volonté de lui faire du mal mais pas physiquement » et explique son parcours de vie de toxicomane et d’alcoolique.

Je n’ai jamais été sobre, un seul jour de ma vie, l’alcool a remplacé le cannabis et la cocaïne, dit-elle au tribunal.

Interloquée, la présidente essaye de comprendre les raisons de son acte et tente de lui en faire prendre conscience : « par colère et jalousie, sous l’empire de l’alcool, vous mettez le feu à une habitation où deux animaux décèdent asphyxiés, c’est inquiétant ce que vous dites madame », indique-t-elle.

L’expert psychiatre la décrit comme une toxicomane, alcoolique depuis 15 ans, ayant agi par jalousie et conclut à une dangerosité psychiatrique importante.

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« Ils ont tout perdu »

L’avocat des voisins de Michel, victime collatérale dans ce dossier, se constitue partie civile et considère que le geste de la prévenue aurait pu avoir des conséquences dramatiques.

Par jalousie, elle met le feu à une maison avec un briquet. Elle est devenue inhabitable : ils ont tout perdu, insiste l’avocat.

L’assurance ayant indemnisé ses clients, il demande 1 390 euros de préjudice non pris en charge par l’organisme. L’avocat de Michel indique pour sa part que les actes de la prévenue sont disproportionnés : « Une maison détruite, un chat et un chien décédés par une jalousie excessive, mon client aujourd’hui encore peine à se reconstruire et se trouve hébergé par des amis. »

 Pour son « client qui venait de finir de payer sa maison il y a seulement deux ans », l’avocat demande 10 000 euros pour le préjudice moral ainsi qu’une expertise afin de chiffrer le préjudice immobilier.

« Elle n’a pas mesuré les conséquences de ses actes»

Le ministère public de son côté a tenu à rappeler à la prévenue la gravité extrême de son geste « mettant la vie d’autrui en danger par jalousie » et qualifie ses propos et sa personnalité « d’inquiétant » avant de requérir la peine de 30 mois d’emprisonnement dont 15 mois avec sursis. Une peine assortie d’une mise à l’épreuve pendant trois ans avec une obligation de soins psychologiques, d’indemniser les victimes et l’interdiction d’entrer en contact avec elles.

Pour l’avocat de Chantal*, celle-ci n’a pas mesuré les conséquences de ses actes.

« Elle a agi par impulsion », soutient-il et décrit la prévenue comme une dépressive, ayant fait l’objet d’une hospitalisation psychiatrique en détention. L’avocat n’a pas manqué de rappeler au tribunal son envie de sortir de son alcoolisme et de sa toxicomanie : « un suivi psychologique l’attend actuellement ».

 Chantal* a finalement été condamnée à 30 mois d’emprisonnement dont 15 avec sursis et mise à l’épreuve pendant trois ans avec une obligation de soins, d’indemniser les victimes et l’interdiction d’entrer en contact avec elles.

(ndlr Cette peine est susceptible de faire l’objet d’un appel. Toute personne est présumée innocente tant que toutes les voies de recours n’ont pas été épuisées.)

*Les prénoms ont été modifiés.

Frédéric Bernard

76actu

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