La pièce de Fausto Paravidino, Exit, est présentée du 4 au 8 novembre 2019, au théâtre des Bains-douches, au Havre. (©Laure Delamotte-Legrand.)
Dans le cadre du cycle Théâtre(s) en création initié par le Volcan, Scène nationale du Havre (Seine-Maritime), trois pièces sont présentées entre le 4 et le 9 novembre 2019. Parmi elles, Exit d’après le texte de l’auteur italien Fausto Paravidino, qui sera montrée au Théâtre des Bains-douches du 4 au 8 novembre 2019.
Entretien avec Anne-Sophie Pauchet de la compagnie Akté, qui signe la mise en scène de la pièce.
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Radiographie de l’Italie contemporaine
76actu : Après avoir été présentée de nombreuses fois à Avignon, la pièce Exit est enfin montrée au Havre. Cela doit faire plaisir pour une compagnie havraise de revenir à la maison ?
Anne-Sophie Pauchet : Nous avons créé Exit début avril au Rayon vert, à Saint-Valery-en-Caux. La pièce a été peu présentée dans la région, mais l’avons jouée 19 fois à Avignon, où cela s’est super bien passé. Nous avons eu de bons retours. Désormais, le spectacle est rodé.
Comment avez-vous découvert Fausto Paravidino ?
C’est un auteur italien contemporain qui est connu pour ses pièces politiques. On lui doit Genova 01, qui expose les tragiques incidents de Gênes survenus lors du sommet du G8 en août 2001. Il porte un regard très politique sur l’Europe dans laquelle il vit.
J’ai découvert Exit, il y a quelques années. Je suis revenue à ce texte car c’était le bon timing. Une traduction nouvelle de Caroline Michel vient de paraître et le texte est tout neuf pour nous. C’est donc le bon moment pour monter cette pièce.
VIDÉO. La bande-annonce d’Exit :
Couple et modernité
Cette pièce parle de trajectoires individuelles, mais aussi de l’amour contemporain, de l’attente de chacun…
Oui, c’est une pièce qui parle du couple, de l’amour et de la faculté de concilier les trajectoires individuelles et la vie de couple dans l’Europe actuelle. Le texte s’interroge sur la destinée des couples, mais aussi sur celle de l’Europe. Une question se pose : pourquoi on n’y arrive pas ? Les vieux schémas ne permettent pas l’épanouissement.
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Scènes de la vie conjugale
Vous optez pour une direction d’acteurs particulière, une proximité avec le public…
La construction n’est pas traditionnelle. Les acteurs nous prennent à témoin. Le public est comme un personnage de la pièce. Devant les spectateurs se rejouent des scènes de couples. On va chercher ensemble à comprendre comment on en est arrivé là. Plus largement, on se pose la question au sens large : comment en est-on arrivé là collectivement ?
Politique et relations amoureuses sont intimement liées dans notre société contemporaine ?
Le couple se pose la question collectivement de l’échec de l’Europe, de son évolution. C’est une pièce très drôle, bien écrite et à très fort pouvoir d’identification. Quiconque a été amoureux se reconnaîtra. Il ne faut pas hésiter à soulever le tapis et à voir la poussière qui se cache en-dessous.
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Cinéma et psychanalyse
Sur scène, quatre comédiens, un canapé, un décor épuré. Pourquoi ce choix de scénographie ?
Laure Delamotte signe la scénographie. Un objet symbolique, le canapé, objet de théâtre de boulevard, occupe une place centrale sur la scène. C’est un petit clin d’œil au divan, au côté psychanalytique, mais aussi à l’introduction du film de Bergman, Scènes de la vie conjugale.
Vous jouez avec les références cinématographiques ?
Il y a un jeu de rideaux qui permet de transformer l’espace. Puis, le travail sur le son et la musique nous conduisent du côté de l’univers cinématographique. La référence au cinéma est présente et assumée : une façon de ne pas théâtraliser le jeu.
Infos pratiques :
Du 4 au 8 novembre 2019, au Théâtre des Bains-douches, au Havre.
Réservations au 02 35 19 10 20 ou en ligne, ici.
Tarifs : de 5 à 18 euros.