Alexis HK présente son dernier album au Trianon transatlantique, à Sotteville-lès-Rouen, le 11 février 2020. (©Pierre Leblanc)
Le chanteur Alexis HK retrouve la salle du Trianon transatlantique, à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime) mardi 11 février 2020. Il vient présenter son nouvel album, le 6e : Comme un ours.
Lire aussi : Spectacles, concerts… Les rendez-vous à ne pas manquer à Rouen au premier semestre 2020
« J’avais envie de parler de la solitude »
À la sortie de votre dernier spectacle, Georges et moi, comment avez-vous trouvé la force de vous isoler complètement pour préparer ce nouvel album ?
Alexis HK : Je n’avais pas envie de chanter Brassens jusqu’à la retraite. Je ne voulais pas en faire mon fonds de commerce jusqu’à la fin de ma carrière. Si j’avais rencontré Georges Brassens, je suis persuadé qu’il m’aurait dit de repartir sur des projets personnels. Dès le début du projet, c’était une parenthèse dans ce que je faisais. Il fallait que ça se termine et que je revienne à quelque chose de plus personnel.
Lorsque Brassens est parti, je me suis retrouvé seul, j’ai écrit de nouvelles chansons. J’avais envie de parler de la solitude, au milieu d’un monde compliqué. J’ai voulu faire dans la légèreté, dans le vivre ensemble.
Contrairement à certains projets où vous aviez multiplié les collaborations, vous avez construit Comme un ours seul.
J’ai débuté seul et, petit à petit, j’ai été rejoint par Sébastien Collinet, Aymeric Létoquart et Julien Lefebvre. L’idée de départ était de commencer seul pour ensuite être accompagné. Je suis parti en solitaire, avec pour objectif de donner naissance à une belle tournée. C’est un paradoxe très positif.
Avec son temps
Vous dites que cet album correspond à son temps. Il a été enregistré à la campagne et à la ville. Pouvez-vous développer cette idée ?
Des sons ont été enregistrés dans ma maison et dans d’autres endroits. Nous vivons dans une époque où les choses sont moins segmentées. Je ne voulais pas que ce soit cloisonné en un seul endroit. Le disque est assez fouillé à ce niveau-là, mais il part quand même de la campagne. Je voulais qu’il y ait des sons à moi.
Les sons sont également dans l’air du temps…
Les sons sont assez acoustiques, mais aussi un peu électroniques. Il y a un mélange de sons organiques et synthétiques. Je ne me suis privé de rien, je me suis simplement laissé guider par des sons qui me plaisaient.
Peut-on dire que Comme un ours est un album constat ?
Oui, il reflète certaines choses négatives de notre époque. On pensait que tout s’arrangerait, mais on n’en a pas l’impression. Il y a quelque chose de très chaotique qui s’est installé. Ça ne s’est pas installé en 2015, mais en 2015 on a senti qu’on prenait un virage, une accélération. Dès qu’il y a quelque chose, il faut garder espoir, mais ce n’est pas facile. Sur le plan politique, on a l’impression qu’on ne donne plus de solution. Il y a comme des petites guerres civiles larvées un peu partout.
En tant que chanteur, je ne peux pas résister de chanter ça, mais il faut garder la note d’humour et la chaleur humaine. Nous sommes dans une mauvaise passe. C’est intéressant d’être chanteur à ce moment-là, car on a conscience de pouvoir bénéficier d’une tribune libre. Qu’une chose soit claire, je ne fais pas de politique. J’apporte juste une parole de citoyen.
Vous pensez déjà à l’après de Comme un ours ?
Oui, j’écris déjà de nouveaux morceaux et le prochain album, mais il n’y a pas pour l’instant de quoi faire cet album. J’avance quand je ne suis pas en tournée.
J’ai un certain rythme de travail. Je travaille tous les jours, j’essaie d’avoir un rythme constant, même si je peux travailler deux heures une fois et quinze heures l’autre fois.
Vous connaissez le Trianon pour y venir régulièrement…
Je viens souvent dans cette salle. J’aime beaucoup son équipe et j’ai hâte de m’y retrouver.
Infos pratiques :
Au Trianon transatlantique, avenue du 14-Juillet, à Sotteville-lès-Rouen, à 20h30.
Tarifs : de 15 à 25 euros.